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Un bout de chemin ensemble...  (photo personnelle - 2005)

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 20:54

Ce mercredi 11 décembre, se déroulaient les sélections régionales du concours des plaidoiries du mémorial de Caen, au Centre d'Histoire et de la Résistance et de la Déportation de Lyon. 

 

220 équipes dans le groupement régional de Lyon, comprenant 14 départements, avaient envoyé en novembre leur travail écrit au Mémorial de Caen. 10 d'entre elles avaient été sélectionnées, du fait de la qualité de leur titre et résumé. Parmi elles, se trouvaient deux élèves de Terminale S3 du lycée Claude-Fauriel : Sarah, qui avait travaillé sur les insuffisances de la justice internationale, dans un texte intitulé : Justice Internationale : la grande illusion, et Florent qui avait axé sa plaidoirie sur la façon dont les réfugiés étaient accueillis en Europe, après le drame de Lampedusa, en octobre 2013. 

 

Durant deux heures, les candidats ont plaidé la cause qui leur tenait à coeur devant une salle comble et devant un jury aussi prestigieux qu'exigeant et... nouveauté cette année, devant les caméras de France 3, qui remettait sur son site internet régional en direct cette finale. Vous pouvez d'ailleurs retrouver l'ensemble de ces prestations de haut vol ici

 

Cette année encore, le lycée Claude-Fauriel a pu compter sur le travail et le talent de ses représentants qui ont parfaitement défendu leur cause, comme l'avaient fait, avant eux, leurs prédecesseurs en 2009 et 2010. Bravo donc à Sarah qui a eu la tâche redoutable de lancer le concours avec son texte très informé sur les limites de la justice internationale, et à Florent, qui a obtenu le troisième prix régional avec sa plaidoirie intitulée : "Tous dans le même bateau pour venir en aide aux réfugiés". 

Voici quelques extraits de son texte qui a su convaincre les membres du jury : 

Je me tiens aujourd'hui, devant vous pour porter le message de centaines d'hommes, de femmes, d'enfants qui ont perdu la vie en essayant en vain d'atteindre une existence meilleure. Ce sont, pour la plupart, des chefs de familles, des femmes enceintes, des hommes honnêtes qui avaient un foyer, une famille et un travail. Ces hommes et ces femmes sont morts dans un terrible naufrage sur les côtes de Lampedusa, en Sicile,  le 3 octobre 2013. Ils ont dû embarquer dans des conditions que je qualifierai d'inhumaines, entassés les uns sur les autres dans des embarcations de fortune, pour un voyage d'une durée supérieure à vingt-quatre heures. Je trouve cela intolérable ! Et pourtant, ces voyages, le plus souvent organisés par la mafia italienne, pour faire traverser ces réfugiés, ne font qu'augmenter.

     

    Parmi ces voyageurs de fortune, on trouvait beaucoup de réfugiés syriens. Des réfugiés. Pas de simples migrants, comme on se plaît à les appeler souvent. C'est à dire des personnes fuyant une guerre horrible qui fait depuis près de 3 ans, les titres des journaux, des émissions de radio, de télévision pour en montrer voire dénoncer les atrocités. Une guerre de plus. Mais une guerre qui n'est pas si lointaine pour nous Européens, puisqu'elle engendre forcément des déplacements de personnes. En effet depuis 2011, on ne dénombre pas moins de deux millions de réfugiés syriens et de manière plus générale de réfugiés venus des pays du Proche et du Moyen Orient.

 

    Je voudrais d'abord rappeler que ces hommes et ces femmes sont des réfugiés. Le terme est, depuis la création de la Convention de Genève en 1950, un statut. Un statut qui entraîne une  reconnaissance par la communauté internationale de leur nécessaire protection.  Ils sont, en effet, considérés comme persécutés et tentent donc de trouver refuge dans un endroit plus sûr pour leur sécurité et celle de leur famille. D'ailleurs, bien loin de souhaiter partir vers l'Europe, la majorité d'entre eux tentent d'abord de se réfugier dans des pays qui sont proches du leur, parce qu'ils portent toujours en eux l'espoir de revenir vivre chez eux, après le conflit. Quoi de plus naturel que d'aspirer, en effet, à vivre dans le lieu où vous avez noué des liens familiaux, sentimentaux, affectifs ? (...)

 

Rappelons aussi que c'est d'abord la guerre qui est la cause qui pousse ces hommes et ces femmes à prendre la fuite. La plupart de ces conflits est due à l'installation d'un régime dictatorial qui embrigade les populations et les soumet par la force en utilisant violence et répression, comme en Syrie. Des régimes que l'on connaît tous et qui, parfois, ont pu s'installer, développer leur emprise sur les peuples, avec la complaisance de gouvernements étrangers, notamment européens. Pour des questions de raison d'Etat, d'opportunisme ou plus bassement pour des raisons d'ordre économique. Face à l'urgence, il n'est plus temps de revenir sur ce problème. Mais, rappeler ceci c'est déjà rappeler aux Etats européens que leur responsabilité dans ces conflits n'est peut-être pas nulle. Et qu'il leur faudrait donc en assumer les conséquences. Toutes les conséquences. Surtout celles qui touchent les populations prenant le chemin de l'exil. 

 

    Lors de leur périple vers une vie meilleure, que la plupart d'ailleurs ne pourra atteindre, les réfugiés doivent faire face à la longueur du voyage, effectué souvent à pied. Ils doivent faire face aux épidémies qui se propagent rapidement, à la peur de ce qu'il va advenir d'eux et de leur famille, aux horreurs qu'ils vont vivre. Enfin, ils doivent faire face aux difficultés d'un voyage en bateau qui risque à tout moment de faire naufrage, comme le 3 octobre 2013, à Lampedusa. Mais, malgré tous ces obstacles, ils décident tout de même de partir. Certains diront que c'est de la folie. Mais ceux qui diront cela ne se rendent pas compte que, pour ces personnes, la fuite est la seule option pour survivre. Quelle tragédie ! me diriez vous. En effet, c'est une tragédie de voir ces millions de personnes qui partent au péril de leur vie. Et qui n'ont finalement, comme seul bagage dans la tête, que l'utopie d'une vie meilleure, d'une vie sans guerre. Mais, c'est si facile, c'est si commode, de ne voir dans leur fuite qu'un acte de folie. Au contraire, je vois pour ma part une formidable leçon de courage. Le courage d'aller de l'avant, de se battre chaque jour pour une vie meilleure. Voilà ce que devraient rappeler les médias qui relatent ces faits. (...)

 

Je veux donc terminer en lançant un appel aux citoyens du monde entier, mais surtout aux Européens, afin que ces réfugiés parviennent à trouver un foyer stable jusqu'à ce qu'ils puissent rentrer dans leurs pays ou obtenir le droit d'asile. Si nous ne réagissons pas, ce sont encore des milliers de personnes supplémentaires qui risquent de mourir. Nous devons tout faire pour éviter de nouveau le naufrage d'un bateau contenant des centaines de réfugiés aux portes de l'Europe, tout faire pour éviter de traiter ces hommes comme des êtres de seconde zone, sous prétexte qu'ils ne sont que des "réfugiés". 

 

    J'adresse ainsi un appel aux grandes instances européennes, afin qu'elles appliquent l'article 25 de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires». Ne fuyons pas nos responsabilités. Nous, aussi, avec les réfugiés, montons dans le même bateau pour briser les vagues de la fatalité et l'écume de l'indifférence. 

 

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Published by Gilles SABATIER - dans DIVERS ET VARIES
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