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Un bout de chemin ensemble...  (photo personnelle - 2005)

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15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 22:03
Le Bulletin officiel de l'éducation nationale en date du 30 août 2007 demande que, le 22 octobre 2007, un texte retranscrivant la lettre rédigée en 1941  par un jeune communiste à l'attention de sa famille, quelques instants avant d'être passé par les armes par l'occupant allemand, soit lu aux lycéens de France. 
Cette demande, qui a germé dans l'esprit d'un candidat à l'élection présidentielle, devenu depuis président, a suscité et suscite encore de nombreux débats parmi les intellectuels, les médias et les professeurs (notamment mais pas exclusivement d'histoire-géographie). 
A quelques jours de la date de la lecture en classe, la problématique est la suivante : "faut-il lire ou non la lettre de Guy Môquet et appliquer ainsi une directive ministérielle ?"

Le site Histoire et Mémoire des deux guerres mondiales hébergé par le CRDP de Champagne-Ardenne et animé par Jean-Pïerre Husson est à ce jour celui qui offre le plus de ressources pour bien connaître le document historique, son auteur, le jeune Guy Môquet, mais aussi les différentes phases de la polémique qui a résulté de cette demande ministérielle.

On pourra aussi bien cerner les arguments de ceux qui réclament une grande prudence pour ne pas dire une défiance à l'égard de cette commande institutionnelle, en consultant le site du comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire (CVUH). 

Sarko-et-guy-m--quet.jpg
Comment un jeune militant communiste, mort il y a plus de 60 ans, se retrouve au centre d'une polémique brouillant une nouvelle fois de plus les frontières entre histoire, mémoire et repentance officielle. Ici, le nouveau président de la République, évoquant lors d'un hommage aux martyrs de la Résistance, la lettre de Guy Môquet
 

Comme professeur d'histoire-géographie et comme fonctionnaire d'Etat, j'ai reçu comme tous mes collègues cette commande. Faut-il ne pas y répondre et donc d'une certaine manière désobéir ? Pour avoir organisé avec des classes de troisième, des élèves de seconde, première et Terminale, à trois reprises un travail de réflexion sur la résistance et la déportation, dans le cadre du concours national (en 2001, 2004 et 2005), j'avoue que je suis gêné que l'Etat utilise la contrainte plutôt que l'incitation pour tout ce qui touche à des questions mémorielles. Mon premier réflexe (qui ne serait pas un modèle de vertu républicaine...) consisterait à dire : puisque c'est obligatoire, je ne le ferai pas. La contradiction qui reste à surmonter est que j'essaye de respecter le plus possible les instructions officielles pour mes cours et que tout enseignant sait très bien qu'il ne fait tout au long de l'année que répondre à des directives ministérielles, dès qu'il met en oeuvre des programmes scolaires... Pourquoi pas une fois de plus ? 


Il faut dire, en toute honnêteté, que le 22 octobre, je n'interviens pas devant mes classes de lycée mais je trouve toutefois un peu facile de m'en tirer à si bon compte, surtout lorsque un chapitre du programme des classes de Terminale L et ES se nomme : "bilan et mémoires de la seconde guerre mondiale en France". Or, voilà bien un acte commémoratif qui s'inscrit en plein dans les rapports houleux et difficiles entre l'histoire et la mémoire ou les mémoires qui n'ont pas manqué de surgir ces dernières années (aspect positif de la colonisation, loi Taubira sur la traîte négrière et l'esclavagisme...)

Ainsi, ai-je décidé de proposer à mes élèves de Terminale L, de travailler sur la lettre de Guy Môquet en m'appuyant sur le texte lui-même, mais aussi sur d'autres documents tirés des pages de Jean-Pierre Husson notamment. Peut-être que cette démarche sera une belle occasion de réfléchir avec les élèves à la manière dont on fait l'histoire en nous  posant quelques questions : 

- si j'étais historien(ne), que m'apprendrait la lettre de Guy Môquet ? 
- pourquoi ce document suscite-t-il autant d'affrontements et de prises de position politiques ? 
- est-ce que l'historien, le prof, les élèves doivent se plier aux injonctions d'une mémoire officielle ? 
- est-ce à partir de la mémoire officielle que l'on peut enseigner l'histoire ? Un Etat n'a-t-il pas malgré tout besoin d'une mémoire officielle ? 

Certes, je me doute bien que nous n'aurons que quelques ébauches de réponse à ces questions mais le jeu en vaut peut-être la chandelle (métaphore rugbystique...)  et si en plus, on pouvait profiter de l'occasion pour récolter l'avis de ceux à laquelle s'adresse la lecture de cette lettre, c'est à dire les lycéens... et bien je crois que cet exercice historico-mémoriel ne serait pas tout à fait vain !!!

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Published by SABATIER - dans DIVERS ET VARIES
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commentaires

Simon 17/10/2007 13:05

Un détournement intelligent de cette étrange directive présidentielle !

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