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Un bout de chemin ensemble...  (photo personnelle - 2005)

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 11:27

Dans le cadre de notre chapitre consacré à l'étude de la Belle Epoque en France, nous serons invités à nous intéresser à l'exposition universelle de 1900. 1900 est la date souvent retenue par les historiens, comme Michel Winock, pour marquer le début de ce que les Français appeleront plus tard, avec nostalgie, "la Belle Epoque". 1900 vit notamment l'organisation par la France de la dernière exposition universelle du XIXe siècle qui couronna le savoir faire européen et français en matière technologique. 

Cette exposition a visiblement fasciné les contemporains. Ainsi, dans une archive privée, on peut découvrir l'enthousiasme d'un ingénieur français à la découverte des merveilles de l'Exposition. Ce dernier écrit à son père :

Cher Père,

Comme promis, je t'écris un court compte-rendu de ma visite d'hier à l'Exposition universelle. J'ai profité d'une réunion d'anciens élèves au Palais des Fêtes qui se trouve dans l'ancienne Galerie des Machines pour me documenter sur les derniers progrès en voiture automobile puisque, tu le sais, je meurs d'envie de m'en acheter une, depuis que l'oncle Jean m'a fait faire un tour dans son vis-à-vis De Dion. Pour m'y rendre, étant en retard et craignant les embarras de Paris qui n'ont pas changé depuis Boileau et qui sont amplifiés par l'Exposition, tu seras heureux d'apprendre que j'ai pris le Métropolitain qui vient juste d'ouvrir pour les "IIe Jeux olympiques". Toi qui me parlais toujours du Tube de Londres et du métro électrique de Buda Pesh en termes grandiloquents tu seras séduit par le confort des voitures et l'accès facile aux stations. L'ingénieur Bienvenue a bien su utiliser le retard de la Ville de Paris pour éviter les défauts des systèmes utilisés dans les autres capitales : la grande profondeur inamicale des stations de Londres, les voitures étroites avec peu de sièges de Buda Pesh, le 4e rail de Londres, etc…[…]. Dans l'enfilade de l'esplanade des Invalides il y a de belles structures. Je n'avais pas le temps d'y faire un tour. J'ai donc tourné à droite vers la Tour. Pour m'y rendre, je voulais prendre un petit train semblable à celui que j'avais pris lors de l'Exposition de 1889. Là, une surprise m'attendait : la plate-forme mobile. J'ai été enthousiasmé. Il s'agit de 3 bandes parallèles en bois de 1,5 mètre environ de large. On passe de la première, qui est fixe, à la seconde, qui est mobile, sans problème, et de là, sur la troisième, sans effort, puisque la différence de vitesse n'est que de 4 km/heure, la même qu'entre la première fixe et la deuxième. Donc au lieu de prendre le tramway électrique, j'ai pris cette plate-forme qui va dans le sens contraire, par les Invalides et l'École Militaire ; quel plaisir ! […] Je suis descendu de la plate-forme mobile à la station du Palais de l'Electricité pour me rendre à notre réunion. Devant le Palais de l'Electricité, il y a le Château d'eau monumental. Bien que l'élégance des 400 mètres de la Galerie des Machines soit cachée par le Château d'eau d'un style rocaille qui s'accorde mal avec le style dépouillé de l'architecture de fer, il n'en reste pas moins vrai que ses bras de 150 m, de chaque côté, ont une belle allure avec, sur la gauche, une très belle cheminée en céramique et, sur la droite, la Grande Roue de Paris d'une centaine de mètres de hauteur. Si l'on s'efforce de cacher la Galerie que la majorité veut garder, que va-t-il devenir de la Tour de 300 mètres, la mal aimée, qui doit être démolie en 1909 ? Les essais réussis de Ducretet, il y a quelques mois, de télégraphie sans fil entre la Tour et le Panthéon donneront peut-être des idées à la Marine pour utiliser la Tour comme antenne. Sur mon chemin j'ai pu visiter la salle de contrôle qui distribue l'électricité à travers toute l'Exposition. C'est une salle d'environ une cinquantaine de mètres avec tout ce qui est nécessaire pour contrôler les lumières et les 27 "escaladeurs". En 1855 (l'année de ta sortie de Centrale) l'Exposition avait utilisé 350 chevaux d'électricité; cette année, 100 fois plus sont installés. C'est te dire les progrès de la Fée électricité. […]. " 

Comme le texte le rappelle, cette exposition universelle n'est pas la première organisée à Paris, mais la troisième après celles de 1855 et de 1889 (pour laquelle avait été érigée la tour de Monsieur Eiffel). Celle de 1900 dura du 15 avril au 12 novembre, attirant près de 10 millions de visiteurs au mois de septembre par exemple ! Comme l'indique le texte, elle permit aux utilisateurs d'emprunter la première ligne de métro construit par l'occasion selon les plans de Fulgence Bienvenüe. Cette exposition a tant frappé les imaginaires qu'elle est aujourd'hui encore au coeur de projets innovants. Le magazine de télévision Télérama narre ainsi le travail d'un passionné ayant à coeur de reconstituer le Paris de l'exposition de 1900 : "En 2006, un internaute un peu fou se lance dans la reconstitution en trois dimensions de l'Exposition, en vue de réaliser un film d'animation. Un projet titanesque - environ cinq ou six ans de travail en prévision, selon l'intéressé - pour recomposer, en images de synthèse, tous les bâtiments, dans leurs moindres détails. Un work in progress qu'il expose dans un site où les amateurs d'architecture trouveront leur bonheur : comme sur un chantier, on y suit l'avancée des travaux en temps réel, du premier au dernier pan de mur. Aujourd'hui, la première phase est achevée, soit 10 % du total, avec la reconstitution du quai des Nations et de ses quinze pavillons nationaux (Norvège, Turquie, Allemagne...). Un travail fascinant dont on peut évaluer l'exacte fidélité grâce aux dizaines de gravures et de photos d'époque, disponibles sur le site". 

Voici donc une mine d'informations pour les historiens mais aussi pour les amateurs d'histoire voulant se plonger au coeur de la Belle Epoque. On pourra d'ores et déjà admirer la reconstitution du pavillon italien avec ses oriflammes !

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Pour vous balader sur le quai des Nations, rien ne vaut le visionnage du premier film réalisé par cet amateur éclairé, disponible notamment à cette adresse. Vous pourrez y admirer les pavillons suédois, monégasque, norvégien, belge, hongrois... semblables à des édifices byzantins, rococo ou gothiques !

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