Le blog de Gilles Sabatier, un prof d'histoire-géographie du lycée Claude Fauriel à Saint-Etienne (Loire)
Sois jeune mais ne t'en fais pas
SEMAINE DU 23 AU 29 FEVRIER 2008
Reconstitution par le menu des seventies ce dimanche soir sur France 2 à partir de 23 heures 30 : Le Péril jeune ou comment un
film destiné d'abord à la télévision fit connaître un réalisateur, Cédric Klapisch, et une bande d'acteurs aujourd'hui plus que reconnus (Romain Duris, Vincent Elbaz, Elodie
Bouchez).
Pierre Desproges disait : "la nostalgie, c'est comme un coup de soleil; ça fait pas mal pendant, ça fait mal après." Nous aurons cette semaine l'occasion de vérifier la pertinence
de cette maxime en ouvrant notre téléviseur assez tard dimanche 24 février soir, sur France 2, qui, circonstance oblige sans doute (sortie récente du dernier film de Klapisch avec le
désormais très confirmé Romain Duris), diffuse Le Péril jeune du même auteur et avec le même interprète mais réalisé en 1994. Avant de sortir dans les salles, ce film fut
tourné pour la chaîne franco-allemande Arte, dans le cadre d'une série intitulée Les années Lycée. Au début des années 90, Arte avait eu, en effet, l'heureuse initiative de produire des
téléfilms en faisant aussi bien appel à des cinéastes de renom comme André Téchiné qu'à de jeunes talents à l'aube de leur carrière comme Cédric Klapisch, Patricia Mazuy, Olivier
Assayas... Ces séries partant d'un thème très large laissaient, malgré des moment imposés, libre court à la création cinématographique. Le Péril jeune en constitue un bon exemple en
déclinant les souvenirs d'une bande de potes ayant traversé avec leur jeunesse insouciante les années 70 (parfois avec le maillot de foot d'une équipe mythique sur leurs épaules). Le début
du film nous présentent Bruno, Momo, Alain et Léon se retrouvant quelques années après la fin du lycée pour assister à l'accouchement de Sophie, la copine de Tomasi, leur meilleur ami mort
d'une overdose une semaine auparavant. Tour à tour ils confrontent leurs souvenirs fragmentaires et contradictoires de leur année de Terminale au lycée Montesquieu. C'est alors tout l'esprit des
seventies qui émerge de ces apprentis adultes brusquement en manque d'adolescence.
SEMAINE DU 7 AU 13 NOVEMBRE
Cessez le feu !
Est-ce par une volonté de prendre ses
distances avec l'atrocité de l'histoire, toujours est-il que les chaînes de télévision ont choisi une programmation "détente" pour remplir leur après-midi du 11 novembre. On ne s'en plaindra pas.
Au coeur
d'une semaine assez pauvre d'un point de vue cinématographique, le 11 novembre fait figure de parenthèse enchantée puisque profitant de ce jour férié, les chaînes de télévision ont rempli leur
grille des programmes avec de nombreux films. Parmi eux, nous n'en retiendrons que 2 diffusés par les chaînes de France Télévision.
Commençons tout d'abord par l'inusable, l'indémodable, l'incolorisable (néologisme de la pire espèce)... Fanfan la Tulipe (qui eut droit à quelques années à un remake des plus
lamentables). Mais France 3 préfère, heureusement, l'original en noir et blanc à la pâle copie et diffuse donc le Fanfan de Christian-Jaque (tourné en 1951) avec l'acteur fétiche des jeunes
Françaises des années 50 : Gérard Philippe. Pour ceux qui auraient mystérieusement échappé à ce film dit de cape et d'épée presque sexagénaire, on ne saurait trop recommander de prendre une heure
et demie enlevée et enjouée pour suivre les traces de ce Fanfan et de son Adeline (inoubliable décolleté de Gina Lollobrigida) ferraillant dans la France de Louis XV. Pour ceux qui auraient déjà
vu l'oeuvre, je conseille de la revoir pour admirer également un grand acteur populaire du cinéma français, Noël
Roquevert, interprétant le (pas) très méchant Fier-à-Bras (mercredi 11 novembre sur France 3 à partir de 14 heures 55).
Un peu plus tard, sur France 2 à partir de 16 heures, c'est à un film des plus pacifistes (moyen tout à fait légitime d'honorer indirectement l'armistice de la Première Guerre mondiale) que nous
aurons droit. Beaucoup plus récent, tourné par Robert Redford au début des années 90, Et au milieu coule une rivière, nous plonge dans l'Amérique profonde des années 30 pour nous narrer
l'histoire de deux frères (les frères Maclean) que tout oppose... sauf une rivière (le personnage central du film) et l'amour de la pêche. Cette rivière est la rivière Blackfoot (nom facile à
retenir) qui coule paisiblement dans le Montana. S'y plonger nous permettra de nous ressourcer.