Le blog de Gilles Sabatier, un prof d'histoire-géographie du lycée Claude Fauriel à Saint-Etienne (Loire)
Pour mieux connaître le régime stalinien dans ses réalisations les plus spectaculaires, je vous propose un petit détour par le métro de Moscou.
La première ligne de métro a été achevée en Russie, bien après celles des pays européens occidentaux, puisqu'elle a été ouverte le 15 mai 1935.
Staline poursuivait un double objectif à travers cette réalisation urbaine : montrer la capacité de l'URSS à combler son retard technologique et industriel sur les puissances dites "capitalistes"
et aussi apporter la beauté au peuple soviétique. Ainsi, les plus grands architectes soviétiques élaborèrent les stations, honorant le peuple travailleur et les républiques de l'URSS.
Les cabines téléphoniques sont à l'image de certaines stations, majestueuses (photo personnelle 2006)
L'idéologie se cache dans les moindres recoins, y compris dans les appliques dont le motif figuratif, la gerbe de blé, rappelle que le communisme permet à la nation soviétique de
vivre dans un régime d'abondance.
Les halls de stations sont parfois majestueux, comme en témoigne cette vue de la station "Komsomolskaïa-Koltsevaïa", dédiée, comme son nom l'indique, aux Jeunesses Communistes, les fameuses
Komsomols. Cette station a été réalisée à l'extrême fin du régime stalinien, en 1952.
Plus anciennne car réalisée en 1938, la station de la "Place de la Révolution" rappelle les forces sociales que met en exergue la propagande communiste : d'abord le mineur avec son marteau
piqueur, mais aussi la paysanne nourrissant un splendide coq en pleine santé.
Le régime communiste est sans cesse mis en image, notamment dans la décoration des magnifiques plafonds. On peut se féliciter que depuis l'effondrement du communisme, ces traces n'aient pas
disparu. Moscou est d'ailleurs une ville qui dans ses moindres ruelles porte l'histoire du XXe siècle, un véritable livre d'images ouvert pour l'observateur attentif.
Voici par exemple, une décoration au plafond d'une station, avec les initiales CCCP (URSS : union des Républiques socialistes soviétiques) et l'emblème du drapeau soviétique : la faucille et le
marteau entremêlés, rappelant l'alliance entre le peuple ouvrier et le peuple des campagnes en faveur de la Révolution.
Mais à Moscou, comme ailleurs, le métro, c'est d'abord fait pour lire le journal (du voisin)... Y compris quand on ne comprend pas un mot de russe !
SEMAINE DU 7 AU 13 NOVEMBRE
Cessez le feu !
Est-ce par une volonté de prendre ses
distances avec l'atrocité de l'histoire, toujours est-il que les chaînes de télévision ont choisi une programmation "détente" pour remplir leur après-midi du 11 novembre. On ne s'en plaindra pas.
Au coeur
d'une semaine assez pauvre d'un point de vue cinématographique, le 11 novembre fait figure de parenthèse enchantée puisque profitant de ce jour férié, les chaînes de télévision ont rempli leur
grille des programmes avec de nombreux films. Parmi eux, nous n'en retiendrons que 2 diffusés par les chaînes de France Télévision.
Commençons tout d'abord par l'inusable, l'indémodable, l'incolorisable (néologisme de la pire espèce)... Fanfan la Tulipe (qui eut droit à quelques années à un remake des plus
lamentables). Mais France 3 préfère, heureusement, l'original en noir et blanc à la pâle copie et diffuse donc le Fanfan de Christian-Jaque (tourné en 1951) avec l'acteur fétiche des jeunes
Françaises des années 50 : Gérard Philippe. Pour ceux qui auraient mystérieusement échappé à ce film dit de cape et d'épée presque sexagénaire, on ne saurait trop recommander de prendre une heure
et demie enlevée et enjouée pour suivre les traces de ce Fanfan et de son Adeline (inoubliable décolleté de Gina Lollobrigida) ferraillant dans la France de Louis XV. Pour ceux qui auraient déjà
vu l'oeuvre, je conseille de la revoir pour admirer également un grand acteur populaire du cinéma français, Noël
Roquevert, interprétant le (pas) très méchant Fier-à-Bras (mercredi 11 novembre sur France 3 à partir de 14 heures 55).
Un peu plus tard, sur France 2 à partir de 16 heures, c'est à un film des plus pacifistes (moyen tout à fait légitime d'honorer indirectement l'armistice de la Première Guerre mondiale) que nous
aurons droit. Beaucoup plus récent, tourné par Robert Redford au début des années 90, Et au milieu coule une rivière, nous plonge dans l'Amérique profonde des années 30 pour nous narrer
l'histoire de deux frères (les frères Maclean) que tout oppose... sauf une rivière (le personnage central du film) et l'amour de la pêche. Cette rivière est la rivière Blackfoot (nom facile à
retenir) qui coule paisiblement dans le Montana. S'y plonger nous permettra de nous ressourcer.
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