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Un bout de chemin ensemble...  (photo personnelle - 2005)

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17 mai 2008 6 17 /05 /mai /2008 20:06

Damned, les damnés !

SEMAINE DU 10 AU 16 MAI 2008

     Le cinéma de minuit de France 3, vénérable institution de la télévision publique depuis des lustres, consacre périodiquement sa programmation aux grandes oeuvres du 7ème art. Retrouvant, comme souvent, le cinéma italien, il débute le cycle consacré au grand voisin transalpin par la diffusion du film de Luchino Visconti Les Damnés, tourné à la fin des années 60. Ce sera dans la nuit de dimanche à lundi, à partir de 0 heure 10. La V.O s'accomode mal des débuts de soirée. Tant pis pour nous ! 
  

Le grand cinéaste aristocrate Visconti a toujours vu dans ses films l'histoire sous l'angle particulier de la déchéance, que ce soit pour Le Guépard, avec la figure du Prince Salina (Burt Lancaster), que ce soit pour Ludwig  ou Le Crépuscule des Dieux avec Louis II de Bavière (Helmut Berger) ou plus précocement dans Senso avec Alida Valli. Les Damnés portent sans doute à son paroxysme cette obsession du cinéaste. Le film nous plonge en 1933 où parallèlement à la montée, du nazisme, nous assistons à la décadence d'une famille de puissants maîtres de forges : Les Von Essenbeck.
Lors de l'anniversaire du patriarche Joachim, se déclare l'incendie du Reichstag. Joachim décide immédiatement d'ignorer son hostilité aux Nazis pour assurer la survie de ses affaires et annonce la nomination de son neveu Konstantin, dignitaire S.A., à la tête de la vice présidence des aciéries.
Dans la nuit suivante Joachim est assassiné et on accuse Herbert, son gendre, un libéral, du meurtre : il doit fuir. Martin, seul héritier, devient ainsi président de la société mais manipulé par sa mère (Sophie), il nomme à sa place, l'amant de celle-ci, F. Bruchman. Alors que la nuit des longs couteaux le débarrasse de Konstantin, Martin tombe dans les griffes du S.S. Aschenbach qui lui fait comprendre les manigances de sa mère. Il se venge en contraignant cette dernière et son amant au suicide. Martin se range aux côtés des Nazis les menant au pouvoir des grandes aciéries Essenbeck. Les Damnés met donc en scène l'irruption au sein de l'aristocratie allemande du nazisme. Comme toujours chez Visconti, c'est en avançant déguisée que l'histoire bouleverse la vie des hommes. Admirable scène au début du film, la représentation musicale des jeunes filles en l'honneur du patriarche préfigure le drame qui couve sous le vernis de l'aristocratie. On retrouvera ainsi dans le film une thématique viscontienne par excellence : la beauté souillée. Sur le site de la chaîne Arte, Olivier Bombarda nous éclaire : "dans le film le nazisme se présente, tout d'abord comme l'intrusion de la vulgarité dans ce qui est l'apparence du bon goût : - C'est Konstantin, le S.A.,dont le corps gras s'oppose à celui qui le lave dans une superbe salle de bain. - C'est le travestissement de Martin dans la fête d'anniversaire de Joachim. - C'est Konstantin encore, lorsqu'il vocifère ''La Mort d'Isolde" de Richard Wagner dans un état d'ébriété avancé."
Mais, comme toujours, pour les films historiques, il faut aussi lire l'oeuvre de Visconti à l'aune de son propre contexte historique. La fin des années 60 et le début des années 70 voient, en effet, dans la péninsule italienne, ressurgir les fantômes du fascisme, parallèlement à une montée des groupuscules d'extrême gauche. Les dangers de la terreur ne sont pas le propre du passé, semble nous avertir l'aristocrate Visconti. Il y a en chaque période des monstres qui sommeillent et qui ne demandent qu'à dévorer les hommes, aussi puissants pensent-ils l'être. La leçon vaut d'abord pour le cinéaste, issu d'une des plus célèbres familles nobiliaires italiennes, mais qui a toujours entretenu à l'égard de son milieu une certaine défiance. Mais elle débouche aussi sur une triste conclusion, valable pour tous : face à ces périls, il n'y a pas d'espoir possible : nous sommes tous des damnés. Visconti n'a jamais vraiment versé dans l'optimisme...

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