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Un bout de chemin ensemble...  (photo personnelle - 2005)

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2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 10:42

D'où l'on ne revient pas...

SEMAINE DU 25 AU 31 OCTOBRE 2008

        Arte nous permet de revoir l'un des grands chefs d'oeuvre du réalisateur américain d'origine italienne Michael Cimino, Voyage au bout de l'enfer, dimanche soir  26 octobre à partir de 20 heures 40. Un des tout premiers films parlant de l'échec américain au Vietnam, tourné quelques années après la fin du conflit, avec une distribution prestigieuse et un scénario inégalé. Du très grand cinéma à ne surtout pas rater. 

   
    Pour qui a vu, au moins une fois, The Deer Hunter, très maladroitement traduit en français par un titre vendeur mais qui fait perdre beaucoup de sens au film, Voyage au bout de l'enfer, des images et des scènes restent gravées à jamais dans l'esprit : la roulette russe, la chasse aux cerfs, le chant patriotique américain sussuré à la fin par les rescapés du seul conflit perdu par les Etats-Unis dans la guerre froide. Dans un ouvrage pédagogique intitulé Histoire et cinéma aux Etats-Unis (2002, documentation photographique, consultable dans tous les bons CDI !), l'historien Jacques Portes distingue deux grandes périodes pour l'évocation de la guerre du Vietnam (1965-1973) parmi les cinéastes américains : celle qui suit la guerre quelques années après l'échec américain, catégorie à laquelle se rattachent Voyage au bout de l'enfer, mais aussi Apocalypse Now et les années 80 où se multiplient les productions sur ce thème : Rambo, Platoon, Good Morning Vietnam... allant plus loin dans l'interrogation sur le bien fondé de l'intervention américaine.
Le film de Cimino emprunte beaucoup à l'esthétique picturale ne serait-ce que par son découpage narratif organisé autour d'une sorte de triptyque, c'est à dire scindée en  trois moments bien distincts. Le premier nous plonge dans la vie de jeunes sidérurgistes de Pennsylvanie, employés dans la grosse aciérie de la ville de Clairton et échappant de temps à autre au triste horizon de leur cité industrielle pour gagner la campagne voisine afin d'y chasser le cerf (magnifique évocation de la région montagneuse des Appalaches). Le centre du tableau, pourrait-on dire, nous renvoie au destin de 3 de ses hommes plongés en plein enfer du Vietnam et prisonniers de terribles vietminhs s'amusant à parier sur leur vie lors de concours de roulette russe. Enfin, la dernière partie du film, entre Etats-Unis et Vietnam, insiste sur le traumatisme de ces pseudos héros déchirés, à tous les sens du terme, par le conflit. Le passage d'un moment à l'autre est particulièrement brutal et ce n'est pas le récit en lui-même de la guerre du Vietnam qui intéresse Cimino, mais bien les secousses à l'intérieur d'une nation d'un conflit qui ensanglante ses membres. En cela, le film s'impose comme une réflexion brillante et universelle sur les horreurs de la guerre et leur irruption dans le quotidien des êtres manipulés et envoyés dans des combats qui les dépassent complètement. Le site Il était une fois le cinéma par l'intermédiaire de Francesco Cappero propose une analyse intéressante de ce très grand film, à la beauté tranchante : "Toutefois, de cette guerre, comme le répète sans cesse Mike (Robert de Niro), il faut revenir : retourner au Pays, à l’Amérique, femme charmante et douce, aux traits de Meryl Streep, dont la beauté lavée et pure, reste intacte bien qu'elle soit contrainte à travailler dans un supermarché misérable. Il y a, dans The deer hunter, un attachement proprement instinctif et obstiné à sa terre, malgré tout. Rien à voir avec du patriotisme, ce n’est pas tant vers le « country » - le pays - (dont le drapeau flotte sur les cadavres renvoyés à la maison) que l'on veut revenir, mais au « land » -la terre de naissance. Un attachement qu’on devine, dans l’esprit amical et accueillant des amis, et plus encore dans la splendeur des montagnes, glorifiées par la mise en scène qui les transforme en un décor idyllique, quasiment de carte postale. Une échappée du monde, l’éternel rêve américain de solitude, de Nature sauvage, de liberté,.." Bref, un grand film mature tourné quelques mois après ce qui a été, pour la patrie de l'Oncle Sam,  une grande tragédie nationale et une somme de tragédies individuelles (58.000 soldats américains morts).

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Published by G.SABATIER - dans ARCHIVES FILMS A VOIR
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