Le blog de Gilles Sabatier, un prof d'histoire-géographie du lycée Claude Fauriel à Saint-Etienne (Loire)
SEMAINE DU 20 AU 26 JUIN
Sombre résistance
Les années de l'occupation font le bonheur de la télévision publique en ce moment : un classique ce mardi 23 juin, maintes fois diffusé mais toujours intéressant à découvrir ou à
redécouvrir : L'Armée des Ombres de Jean-Pierre Melville (1969). Le film à la gloire de la résistance gaulliste en France comme en Angleterre qui met en valeur tout à la fois
l'héroïsme des résistants et les basses besognes qu'ils sont contraints d'effectuer.
On aura
donc cette semaine un nouveau film sur la seconde guerre mondiale sur la télévision publique puisque France 3 diffuse le classique des classiques L'Armée des
Ombres, de Jean-Pierre Melville à partir de 20 heures 35. Distribution de choix : Paul Meurisse, Lino Ventura, Jean-Pierre Cassel, Simone Signoret (l'interprète de Mathilde, la
résistante, notre photo)... musique inoubliable et terriblement angoissante de François de Roubaix (notamment l'accompagnement musical de la scène de l'évasion de la prison allemande qui fit
en son temps le bonheur de la célèbre émission Les dossiers de l'écran), sens du suspense et du ralenti de l'action de Melville qui inspira bien des années plus tard un certain Quentin
Tarantino dont l'admiration pour le cinéaste français est grande. S'il est très diffusé à la télévision française, il ne faut pas croire que L'Armée des Ombres est un
film facile à regarder. Son rythme très lent, sa dureté, à certains moments, en font au contraire une oeuvre volontiers austère qui ne cherche pas à enjoliver la résistance
française, même si le réalisateur, ancien résistant lui-même, a un très net penchant pour l'action du général de Gaulle, que l'on apercevra d'ailleurs de loin (joué par un acteur
au physique proche de l'auteur de l'appel du 18 juin) dans une scène assez grandiloquente qui contraste avec le reste du film, beaucoup plus sobre et obscur.
Malgré ses diffusions multiples, il serait dommage de ne pas voir ce grand film et ses scènes cultes qui rappellent certains actes emblématiques de la résistance (l'évasion de la prison
allemande comme un écho de l'opération menée par Lucie Aubrac, le personnage de Luc Jardie rappelant implicitement Jean Moulin...). On n'oublie pas facilement non plus la scène du
sous-marin qui conduit "le grand patron" à Londres et révèle à la surprise générale son identité, mais surtout le regard final de Simone Signoret, la résistante, qui devient elle-même
la cible des résistants. Un regard d'une incroyable densité qui offre toutes les lectures possibles et permet de mesurer en quelques dixièmes de seconde ce qu'est une
grande actrice.
SEMAINE DU 7 AU 13 NOVEMBRE
Cessez le feu !
Est-ce par une volonté de prendre ses
distances avec l'atrocité de l'histoire, toujours est-il que les chaînes de télévision ont choisi une programmation "détente" pour remplir leur après-midi du 11 novembre. On ne s'en plaindra pas.
Au coeur
d'une semaine assez pauvre d'un point de vue cinématographique, le 11 novembre fait figure de parenthèse enchantée puisque profitant de ce jour férié, les chaînes de télévision ont rempli leur
grille des programmes avec de nombreux films. Parmi eux, nous n'en retiendrons que 2 diffusés par les chaînes de France Télévision.
Commençons tout d'abord par l'inusable, l'indémodable, l'incolorisable (néologisme de la pire espèce)... Fanfan la Tulipe (qui eut droit à quelques années à un remake des plus
lamentables). Mais France 3 préfère, heureusement, l'original en noir et blanc à la pâle copie et diffuse donc le Fanfan de Christian-Jaque (tourné en 1951) avec l'acteur fétiche des jeunes
Françaises des années 50 : Gérard Philippe. Pour ceux qui auraient mystérieusement échappé à ce film dit de cape et d'épée presque sexagénaire, on ne saurait trop recommander de prendre une heure
et demie enlevée et enjouée pour suivre les traces de ce Fanfan et de son Adeline (inoubliable décolleté de Gina Lollobrigida) ferraillant dans la France de Louis XV. Pour ceux qui auraient déjà
vu l'oeuvre, je conseille de la revoir pour admirer également un grand acteur populaire du cinéma français, Noël
Roquevert, interprétant le (pas) très méchant Fier-à-Bras (mercredi 11 novembre sur France 3 à partir de 14 heures 55).
Un peu plus tard, sur France 2 à partir de 16 heures, c'est à un film des plus pacifistes (moyen tout à fait légitime d'honorer indirectement l'armistice de la Première Guerre mondiale) que nous
aurons droit. Beaucoup plus récent, tourné par Robert Redford au début des années 90, Et au milieu coule une rivière, nous plonge dans l'Amérique profonde des années 30 pour nous narrer
l'histoire de deux frères (les frères Maclean) que tout oppose... sauf une rivière (le personnage central du film) et l'amour de la pêche. Cette rivière est la rivière Blackfoot (nom facile à
retenir) qui coule paisiblement dans le Montana. S'y plonger nous permettra de nous ressourcer.
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