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Un bout de chemin ensemble...  (photo personnelle - 2005)

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 21:01

Analyse de deux documents

Document 1 : Rapport du préfet du Pas-de-Calais du 11 octobre 1929, Archives départementales du  Pas-de-Calais.

Document 2 : Un extrait d’une brochure L’Usine nouvelle, n°13, 26 mars 1970 sur « les trois objectifs d’une politique d’immigration »

 

ETAPE 1 : BIEN LIRE ET COMPRENDRE LES CONSIGNES

Après avoir replacé chacun des documents dans le contexte économique de son époque, vous montrerez comment ils rendent compte de la façon dont la main d’œuvre étrangère était perçue en France au cours du XXe siècle. Vous dégagerez enfin les limites de ces documents pour comprendre l’histoire de l’immigration en France.

 

Les consignes invitent donc à respecter  3 étapes :

1. Quelques lignes pour replacer chaque document dans son contexte économique

2 . Analyser les 2 documents pour voir comment la main d’œuvre étrangère était perçue en France à l’époque des documents. C’est l’étape la plus longue car il s’agit d’expliquer (et non de recopier ou de paraphraser les textes) les deux documents, tout en voyant leurs similitudes et leurs différences.

3. En conclusion, il faut montrer les limites des documents (et non pas les limites du problème traité) en se demandant ce qui peut poser problème dans leur étude.

 

ETAPE 1 :

Les deux documents se réfèrent à un contexte économique plutôt favorable, puisqu’aussi bien à la fin des années 20 qu'au début des années 70, la France connaît une croissance économique. Si cette croissance connaît un essoufflement, elle reste importante, surtout pour le document 2, qui se situe pendant les Trente Glorieuses (1945-1975).

 

ETAPE 2 :

On pouvait souligner le fait que les deux documents faisaient référence à deux périodes de l’histoire du XXe siècle où la France était un pays d’immigration. Le premier document insiste notamment sur l’importance de l’immigration polonaise, qui a été effectivement nombreuse après la première guerre mondiale, jusqu’aux années 1930. Le préfet évoque d’ailleurs le chiffre de plus de 100.000 Polonais pour le seul département du Pas-de-Calais, dans le nord de la France. Le document 2 rappelle aussi que la France était encore au début des années 1970 un pays de forte immigration, notamment dans le deuxième paragraphe : l’immigration permet même, selon l’auteur, de rajeunir un pays qui serait frappé par un vieillissement démographique. L’origine des immigrés n’est pas évoquée mais il faut souligner qu’à cette période la diversité des flux migratoires est plus importante que dans les années 1920, car à une immigration européenne traditionnelle venue notamment des pays comme l’Espagne et le Portugal, s’est ajoutée depuis les années 1950 une forte immigration venue des pays du Maghreb. On peut donc remarquer que les périodes de croissance économique sont globalement favorables à l’accueil d’immigrés, accueil dont rendent bien compte les deux documents.

Autre similitude entre les documents, le fait d’utiliser massivement l’immigration comme force de travail, alors que les besoins sont importants. Dans le Pas-de-Calais, en 1929, les Polonais sont aussi bien employés dans le secteur agricole que dans le secteur industriel (les mines) et dans le document 2, l’auteur évoque l’importance de la main d’œuvre immigrée dans le secteur industriel (automobile) ou celui des services (agents d’entretien). Les deux documents permettent de comprendre toutefois que très souvent cette main d’œuvre est employée dans des secteurs peu qualifiés (que les Français ne veulent plus accomplir d’après le document 2), ce qui les rend particulièrement vulnérables aux périodes de crise.

On retrouve aussi dans ces documents beaucoup de stéréotypes, véhiculés dès la fin du XIXe siècle, sur l’immigration. Le premier document relate notamment les difficultés d’assimilation des Polonais qui les empêcheraient de se comporter en véritables Français (le préfet déplore les faibles demandes de naturalisation par exemple). Le document insiste beaucoup, notamment dans les villes, sur des phénomènes de particularisme voire de communautarisme des ouvriers polonais, vivant entre eux et inquiétant visiblement les autorités de la République. Le début du deuxième texte évoque aussi les attaques dont les travailleurs immigrés sont la cible : concurrence avec la main d’œuvre nationale, rémunérations moins fortes qui dissuadent les patrons d’embaucher des autochtones, envoi d’argent à leur pays d’origine pour subvenir aux besoins de leur famille, ce qui nuirait à l’économie nationale.  Dès lors, même en période de relative croissance, les reproches adressés aux immigrés restent nombreux mais, comme le suggère le document 2 (« en cas de déclin de la conjoncture ou d’extension du chômage »), ils s’accentuent lors des périodes de crise et de chômage de masse.

 Enfin, la perception de l’immigration n’est pas la même entre les deux documents et est bien révélatrice de l’ambivalence des réactions suscitées par l’immigration tout au long du XXe siècle, oscillant entre rejet (document 1) et acceptation, surtout pour satisfaire les besoins de l’économie nationale (documents 1 et 2).

 

immipolonaise.jpgFamille de mineurs polonais installée dans le Nord de la France dans les années 20


ETAPE 3 :

On pouvait souligner comme l’ont fait des élèves que le document 1 se réduisait au seul témoignage d’un préfet et, de plus, ne concernait qu’un département français, son contenu n’étant pas forcément révélateur de la situation de la France entière.  Pour le document 2, certains ont fait valoir que là aussi, son point de vue, n’était que celui d’un seul auteur, non identifié d’ailleurs et qu’il aurait été bon de connaître les idées politiques de la revue en question.

Enfin, retracer l’histoire de l’immigration avec deux documents éloignés dans le temps ne permet pas, évidemment, d’avoir une vue globale de l’ensemble de cette question qui a marqué l’histoire du  XXe siècle en France. 

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