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Un bout de chemin ensemble...  (photo personnelle - 2005)

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 22:07

Le sujet 2 de composition "Les femmes et la République, en France, au XXe siècle" invitait à reprendre une étude de cas sur le chapitre concernant les Français et la République au XXe siècle. On pouvait aussi y ajouter des éléments pris dans d'autres parties des leçons, notamment pour le premier chapitre de l'année sur la population active féminine, voire également sur la guerre au XXe siècle. 

Voici le corrigé très détaillé proposé par M. Chanel qui permet aussi de compléter votre cours. 

 

Introduction : Au début du XX ème siècle, liberté et égalité que proclame la République sont bien loin de s’appliquer de la même façon aux femmes qu’aux hommes. Les Républiques du XIX siècle ont négligé la moitié féminine de la population française : en dehors de quelques progrès, notamment dans le domaine de l’éducation, elle reste considérée comme mineure et inférieure. Un siècle plus tard la situation a été profondément bouleversée : égalité et liberté ont été proclamées et mises en œuvre aussi bien dans le domaine politique que le domaine socio-économique ou sur le plan de la liberté individuelle. Ce changement s’est appuyé à la fois sur l’action des femmes et sur l’évolution des Républiques successives qui l’ont soutenue par la loi. Pourquoi et comment cette mutation a-t-elle été possible ? Quelles en sont les limites actuelles ? C’est ce que nous verrons en analysant d’abord l’obtention de l’égalité politique, puis dans un deuxième temps celle de l’égalité socio-économique et enfin la libération de la femme.

 

 

I. L’accès des femmes à l’égalité politique.

 Les combats suffragistes et les refus de la IIIe République avant 1940 : Déjà actions fin XIX (H. Auclert), accentuées dans les 30- (Louise Weiss) et un premier pas timide du Front Populaire (3 femmes sous-secrétaires d’Etat au gouvernement), mais échecs répétés des projets d’égalité politique au Sénat.

Le droit de vote et les lenteurs de l’évolution (1944-1980) : rôle des femmes dans la résistance explique en partie choix du gouvernement provisoire dirigée par De Gaulle en avril 1944, 1er vote aux municipales de 1945, mais lenteur des progrès au niveau des élues : 5,7% des députés en 1947, 3,7 en 1978 ; ainsi que dans l’accès aux fonctions ministérielles : 2,4% de ministres femmes sous De gaulle, 3% sous Pompidou, puis 9,5 avec VGE et 12 avec Mitterrand.

L’accélération des progrès vers l’égalité politique à la fin du XXe siècle : l’engagement des femmes en politique s’accentue à partir des années 80 tant pour les candidatures que pour les élues (11 puis 18% des députés, pour 43% des candidats tout de même) et la loi de parité pour les scrutin en 2000 accélère l’évolution surtout pour les scrutin de liste (48% aux conseils régionaux, 44 au européennes…). Les présidents ouvrent les gouvernements aux femmes et on passe de 24% de ministres femmes sous Chirac à 34 avec Sarkozy et 50 avec Hollande. Progrès décisifs même si les têtes des exécutifs restent souvent masculins (une femme brièvement 1er ministre, une candidate battue au 2nd tour en 2007).

Ces inégalités face aux fonctions politiques  se retrouvent encore plus nettement (le rôle de l’Etat y est moins évident) dans le domaine du travail.

 

II. La lutte pour l’égalité socio-économique.

 La situation au début du XX e siècle et les facteurs de progrès : note une croissance du rôle économiques (1/3 des actifs en 1900 puis 40% vers 1930), mais sous payées (1/2 des hommes) et limitées à certains métiers (textile, domestique p.ex.). De plus quelques avancées pour briser les monopoles masculins (1ére avocate en 1900, Marie Curie à la Sorbonne, les femmes dans les usines métallurgiques en 14-18, 1ère ‘ingénieure’ à Centrale en 1920) mais cela reste limitées (80% des femmes mobilisées en 14-18 dans les bureaux et usines renvoyées au foyer en 1918). La République hésite à s’impliquer davantage.

L’engagement croissant des femmes dans le travail et ses effets : après la parenthèse Vichy, prônant la femme au foyer, la croissance des services et l’élévation du niveau d’étude (la moitié des bacheliers sont alors des filles) permettent aux femmes de renforcer leur position dans le monde du travail (48% des actifs et 80% des femmes dans le tertiaire) obligeant la République à faire évoluer les législations existantes en accord avec la Constitution de 1946 affirmait l’égalité totale: par exemple en libérant la femme de la tutelle du mari dans la décision de travailler (1965), en adaptant les lois  (congés de maternité), en essayant d’imposer l’égalité de traitement dans l’accès à l’emploi (1975 pas de ségrégation à l’embauche), et en s’attaquant aux disparités injustifiées de salaires avec une 1ère loi en 1972, 6 autres ensuite !

Persistance des obstacles et réformes : malgré ces évolutions les inégalités persistent et les préjugés sexistes ont la vie dure dans le monde du travail et de l’entreprise (« plafond de verre » pour les cadres). Première victime du chômage en période de crise (depuis 1975), la femme est aussi massivement touchée par l’emploi à temps partiel imposé (« plancher collant » pour les bas salaires), le harcèlement sexuel au travail reste une réalité tout comme les inégalités de salaire (environ 23% pour les cadres). A la fin du XXe et début XXIe siècles des lois se multiplient pour éliminer tous ces vestiges des siècles passés : loi contre le harcèlement au travail (1992), loi sur la parité pour les grandes entreprises (2008). La République est obligée d’intervenir pour faire sauter les verrous des mentalités. Un ministère des droits de la femme ayant été fondé en 1981.

Si l’Etat intervient peu à peu pour assurer l’égalité dans le monde des entreprises privées, il a été encore plus hésitant concernant le domaine de la vie privée, notamment du couple et des relations hommes-femme 

 

III. La libération de la femme.

Les revendications féministes : la famille, depuis Napoléon I une ‘prison’ pour la femme soumise par la loi à son mari, devient la cible des mouvements ‘féministes’ (dès XIX siècle). A la Belle Epoque les ‘garçonnes’ provoquaient (mode de vie et comportements masculins). Mais marginal seulement quelques lois  modèrent les rigueurs du code napoléonien : droit de disposer de son salaire, pleine capacité juridique en 1938).

Alors que Pétain avait voulu ramener la femme à son rôle de mère (relance de la fête des mères et répression de la limitation des naissances), l’après 1945 connaît une accélération et une amplification du mouvement « féministe ».

Simone de Beauvoir remet en cause l’image traditionnelle « naturelle » dans son livre « Le deuxième sexe » (1949) avec l’idée que « on ne naît pas femme on le devient ».

Des associations (Planning familiale en 1960, MLF en 1970) posent la question de la maternité (« un enfant quand je veux, si je veux, comme je veux ») et du contrôle de la fécondité (contraception et l’avortement sont illégaux), des actions se multiplient pour faire évoluer la législation (manifeste des 343, procès de Bobigny en 1972). 

Les réformes successives: la République accepte avec lenteur ces évolutions et se décide à légiférer dans ce domaine. En 1967, Lucien Neuwirth fait voter la liberté de produire et de vendre en France la pilule contraceptive (la loi n’est appliquée qu’en 1972 !) et en 1975 Simone Veil, ministre de VGE, fait voter la loi dépénalisant l’IVG (remboursée par la Sécu en 1982).

La République s’attaque aussi à la famille : fin de l’autorité « paternelle » remplacée par l’autorité « parentale » où père et mère sont à égalité (1970), réformes pour facilité le divorce, changement des engagements lors du mariage civil. Enfin l’Etat se préoccupe des relations homme-femme : p.ex. la violence conjugale, souvent banalisée alors qu’elle cause une centaine de décès de femmes chaque année, une loi en fait un délit en 1980 et depuis des efforts sont faits pour la faire appliquer plus strictement, le viol devient un crime…

Le poids des mentalités et la diversification du féminisme : ces réformes demandées par les femmes et réalisées par la République continuent de se heurter au poids des mentalités archaïques et aux stéréotypes véhiculés aussi bien par certains media (publicité et femme-objet) que par certaines traditions culturelles et religieuses (vision catholique et surtout musulmane de la femme). C’est de plus en plus sur ce dernier point que la République essaie d’imposer sa vision de l’égalité et de l’émancipation des femmes, poussée à cela par la formation de nouveaux mouvements comme « Les chiennes de garde » (1994), « Mix cités » (1997) ou « Ni putes ni soumises » (2003). Parti de milieu intellectuel et plutôt bourgeois, le féminisme gagne les jeunes des cités confrontés à de nouveaux problèmes tout en se divisant sur la question de la « parité » imposée par la loi.

 image009Une célèbre publicité des années 60 pour une marque d'électro-ménager, reprenant le stéréotype de la femme au foyer en le remettant dans le contexte des revendications féministes !

Conclusion : Après un siècle de lutte des femmes, parfois soutenues par quelques hommes, la République a pris à son compte ces combats et les a transcrits dans la loi et la Constitution tant au plan politique que social. Mais les mentalités changent plus difficilement et l’image de la femme reste souvent très traditionnelle autant dans la publicité que dans certaines couches de la population où traditions culturelles et religions restent obstinément ancrées dans un autre temps. L’image d’une France machiste (car « latine ») très fortement développée dans de nombreux pays européens (du nord) est-elle soluble dans la République telle que la France l’a conçue depuis un siècle et demi ?

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