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Un bout de chemin ensemble...  (photo personnelle - 2005)

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 15:18
SEMAINE DU 9 AU 15 FEVRIER

Mariage pour tous
  epousesetconcubines.jpg Très beau film de Zhang Yimou, Epouses et concubines lança au début des années 1990 le signal du renouveau du cinéma chinois. Un cinéma revenant sur son histoire pour mieux parler de son époque, porté notamment par une interprète qui rayonna ensuite mondialement, Gong Li.  
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Diffusé lundi 11 février sur France Ô à partir de 20 heures 45, Epouses et concubines de Zhang Yimou mérite une attention toute particulière. Réalisé en 1990 puis diffusé l'année suivante, cette oeuvre marqua l'irruption du cinéma chinois sur la scène internationale. Mais, comme beaucoup de grands films, elle illustre également les rapports complexes que les régimes autoritaires peuvent entretenir avec l'art.
Pour contourner la censure et recevoir l'aval des autorités chinoises pour réaliser son film, Zhang Yimou a pris le parti de situer son déroulement bien avant l'arrivée du communisme en Chine (1949). Pour cela, il nous propose de suivre le périple de Songlian (Gong Li) dans les années 1920, toute jeune fille de 19 ans, contrainte d'abandonner ses études pour devenir la quatrième épouse d'un chef de famille, maître Chen. Confrontée à l'indifférence, à la compassion ou à la haine des trois autres épouses, Songlian doit s'attirer le plus possible les faveurs de son tout nouvel époux, âgé toutefois d'une cinquantaine d'années. Car, dans cette Chine archaïque que décrit Zhang Yimou, coucher avec son mari aux dépens des autres épouses permet d'obtenir des traitements de faveur : toilettes, massages, direction de la maisonnée le jour suivant. D'abord hostile à ce type de pratique, Songlian rentre dans le rang et se place dans la compétition avec les trois autres épouses, lesquelles rêvent cependant toutes à leur manière d'émancipation. 
Sous couvert d'une description de la Chine du début du XXe siècle fort réussie, Zhang Yimou semble dénoncer en fait toutes les pesanteurs qui marquent les sociétés, y compris celles de son époque. Car, si la coutume traditionnelle de pouvoir collectionner les concubines n'a plus cours dans la Chine de la fin du XXe siècle, il y a d'autres règles qui s'imposent et qu'il ne fait pas bon vouloir transgresser dans ce régime poltiique autoritaire. Derrière la critique du système de concubinage se cache donc une dénonciation des inégalités sociales entre riches et pauvres mais surtout entre hommes et femmes qui n'a rien d'obsolète. D'ailleurs, comme dans tout système répressif, l'ennemi à combattre a rarement un visage à montrer : il est nulle part et partout. C'est ce que montre d'ailleurs avec brio Zhang Yimou en ne filmant jamais l'époux, maître Chen, de face, comme pour éviter aux spectateurs de croiser son regard. Autre élément troublant : le sort réservé à l'épouse qui choisit de s'évader de l'enfer du palais de maître Chen en dit long sur la façon dont sont perçues les tentatives d'émancipation en Chine (rappelons que le film fut tourné un an après le massacre de la place Tian'An Men).
Ainsi, malgré l'agrément des autorités chinoises avant son tournage, le film fut censuré à sa sortie pendant une courte période mais il reçut un accueil enthousiaste du public et de la critique (Lion d'argent à la Mostra de Venise, nomination pour le meilleur film étranger en 1992 aux Oscars) en étant d'ailleurs souvent présenté comme un film venu de Hong-Kong (à l'époque encore non rétrocédé à la Chine). Dès lors, le succès conduisit le gouvernement chinois à ne pas entraver la carrière de Zhang Yimou, qui démontrait également que ce pays était capable de grandes oeuvres cinématographiques, ce qui lui permit notamment, quelques temps plus tard, de tourner Vivre ! une oeuvre beaucoup plus critique à l'égard du communisme que ne l'était Epouses et concubines.  

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Published by Gilles SABATIER - dans ARCHIVES FILMS A VOIR
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