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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 12:42

CORRECTION DE LA QUESTION : Les espaces agricoles en France au cœur des enjeux du développement durable
 

Le sujet invite à bien maîtriser la notion de développement durable et de l’aborder à travers le cas des espaces agricoles dans sa triple dimension : économique, social et environnemental. Il ne s’agit donc pas de réduire la réflexion aux seuls aspects environnementaux, même s’ils sont très importants. Comme d'habitude, la correction n'est pas ce qui est attendu le jour du concours, elle vise aussi à compléter l'information donnée en cours.
 
L’introduction :
                            Le but du secteur agricole en France n’est plus seulement de nourrir la population mais de faire de l’agriculture un support de l’exportation (8% de part dans le marché mondial, 3ème pays exportateur). L'agriculture française est donc une agriculture productiviste. C’est la première de l'Union européenne (20% de la production de l’U.E). Elle s’appuie sur des rendements élevés et surtout sur la recherche d’une productivité pour les espaces agricoles qui sont très importants (29 millions d’hectares de surface agricole utile, soit plus de 50% du territoire national). Cette productivité est-elle compatible avec la politique de développement durable qui  vise à concilier des données économiques, sociales et environnementales ?
 
I Des espaces transformés pour être soumis à une logique de développement économique
            Ces espaces ont subi depuis une quarantaine d’années de très lourdes mutations du fait de l’insertion de l’agriculture française dans un vaste marché d’échanges des produits agricoles, en lien avec la mondialisation. Pour rendre l’agriculture compétitive, on assiste d’abord à une spécialisation agricole qui entraîne une simplification des paysages, avec par exemple l’apparition d’openfields où se concentrent la production céréalière, parfois associée à d’autres végétations comme les oléagineux (région du Lauragais). Dans ce paysage, la place de l’homme est de plus en plus réduite et les exploitations les moins rentables disparaissent. La spécialisation agricole à l'échelle des exploitations et des régions entraîne une progressive disparition de la polyculture : grandes cultures céréalières et de plantes industrielles sur les sols fertiles du Bassin Parisien, élevages intensifs dans l'Ouest de la France (Bretagne),  zones de maraîchages, d'arboriculture et d'horticulture des vallées de la Loire et du Rhône, vignobles de qualité dans le Bordelais, en Champagne.
Autre mutation : l’artificialisation croissante des espaces agricoles pour tenter de se soustraire aux aléas des conditions naturelles (engrais chimiques pour pallier les carences du sol, techniques de maîtrise de l’eau). Cette artificialisation des espaces agricoles est particulièrement marquée dans l’élevage dit « hors-sol » qui touche surtout l’aviculture et les porcheries. Des bandes d’animaux (plusieurs dizaines de milliers de volailles, plusieurs centaines ou milliers de porcs) sont confinés dans des bâtiments climatisés, parfois munis de programmes lumineux (pour les poules pondeuses). Les rations d’aliments composés, élaborées en tenant compte des besoins de l’animal et des coûts des matières premières, permettent une croissance maximale au prix de revient le plus bas.
                          
II Des répercussions sociales et environnementales importantes pour les espaces agricoles
                            Au niveau social, le développement d'une telle agriculture intensive a eu pour effet  la diminution du nombre des agriculteurs : 5 millions d'agriculteurs en 1954 moins et d' 1 million en 1996, 750.000 en 2006. (on est passé de 27% à 3% de la population active) et la diminution du nombre des exploitations agricoles (le nombre des exploitations agricoles a été divisé par 7 en 50 ans : 2,3 millions d'exploitations en 1955 et 326.000 exploitations fin 2007). Par ailleurs, le rôle dévolue à l’agriculteur est aussi en train de changer. Il est dans les grandes exploitations intensives un véritable chef d’entreprise dépendant des cours des échanges mondiaux.  Dans certains espaces agricoles marqués par un déclin de cette activité, il devient, notamment grâce à des subventions, un producteur de paysages. C’est notamment le cas dans des régions de montagne qui voient se développer des formes de tourisme vert (exemple les Corbières) susceptibles de contribuer à une certaine renaissance rurale.
                            Les conséquences paysagères et environnementales ont été très importantes pour les espaces agricoles. Elles font l’objet d’ailleurs d’une médiatisation croissante, surtout quand l’activité agricole entre en conflit avec d’autres activités, comme le tourisme (voir le phénomène des algues vertes en Bretagne).  Dans de nombreux espaces agricoles du fait d’un fort remembrement, on a assisté à la disparition du bocage. Depuis les années 60, les parcelles agricoles se sont agrandies et plus des deux tiers des talus et taillis ont été supprimés dans des régions comme la Bretagne. On assiste aussi à la régression des zones humides par  drainage et par suppression des fossés (région de la Dombes). Ces changements favorisent les risques de crue qui  affectent des terrains naguère épargnés car l’eau n’est plus autant retenue sur les versants. Les nouvelles techniques de production (mécanisation) et le recours fréquent aux méthodes de fertilisation ont favorisé  dans certains espaces de fortes concentrations en nitrates, des pics de pollutions par les pesticides et la contamination par le phosphore des eaux, à l’origine de lourds problèmes d’alimentation en eau potable. Tout cela entraîne de lourdes pertes économiques pour les collectivités locales (coûts de traitements des eaux et de ramassages des algues, perte d’attractivité et de retombées touristiques en Bretagne par exemple). Les questions environnementales ont donc également des conséquences sociales et économiques.
                            Enfin, dans les espaces de déprise agricole, les mutations paysagères sont également importantes : développement des friches, phénomène de fermeture du paysage (Ouest du massif central, Jura).
 
CONCLUSION : les espaces agricoles sont bien au cœur des enjeux du développement durable.  Ils révèlent toute la difficulté de croiser une logique économique, qui vise à une intensification des rendements sur certaines parties du territoire et à une disparition des espaces les moins productifs, avec une logique environnementale et sociale qui veut limiter les effets négatifs de ce modèle agricole de plus en plus contesté.

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Published by G. SABATIER - dans HISTOIREGEOCRPE Archives
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