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UN BLOG PARMI D'AUTRES POUR FACILITER LES RELATIONS, LES ECHANGES AVEC LES HEUREUX JEUNES GENS QUI ONT LE PLAISIR DE SUPPORTER G. SABATIER QUELQUES HEURES PAR SEMAINE ! QUE LA FORCE SOIT AVEC CEUX QUI CONTRIBUERONT A CE BLOG ET A CELUI QUI TENTERA DE LE FAIRE VIVRE !  POUR QUE TOUS SUIVENT LA ROUTE DE L'HISTOIRE-GEOGRAPHIE

Un bout de chemin ensemble...  (photo personnelle - 2005)

PASSANTS DU BLOG

23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 09:49

Voici quelques pistes de correction proposées par M. Chanel pour l'étude du document d'histoire. 

La-francaise.jpg

Le document proposé reproduit la première page d’un journal hebdomadaire visiblement féministe : « La Française » agissant pour l’information et l’action féminines. L’article, écrit à l’occasion de la formation du gouvernement de Front Populaire par Léon Blum en juin 1936, met en avant le fait que, pour la première fois dans l’histoire de la République, trois femmes vont occuper des postes gouvernementaux.

 

Les actions en faveur de l’égalité des droits politiques et d’une participation des femmes à la vie républicaine remontent assez loin dans le temps mais se sont surtout renforcées après la Première Guerre mondiale qui les avait vues prendre une part importante à la défense de la République. Pourtant un projet de réforme avait été repoussé par l’Assemblée en 1919. Les féministes, emmenées notamment par Louise Weiss, avaient multiplié les actions, sur le modèle des femmes anglaises avant 1914, sans obtenir d’avancée décisive : la droite républicaine  et une partie de la gauche (radicale notamment) hésitant à imiter les pays voisins. Lorsqu’en 1936, les partis de gauche (PCF, SFIO et Parti Radical) réunis dans le Front Populaire gagnent les élections, une première avancée se produit. Non le droit de vote comme l’espérait Louise Weiss mais l’introduction de femmes dans le gouvernement, une façon détournée de faire entrer les femmes dans la République « par la grande porte », selon le sous-titre de l’article, même s’il ne s’agit pas de postes de ministres. Ces trois femmes (dont Irène Joliot-Curie, la fille de Pierre et Marie Curie), sans droit de vote, peuvent ainsi exercer des responsabilités politiques nationales : un paradoxe qui illustre bien l’ambiguïté des rapports entre la République et les femmes. 

 

Deux autres titres d’articles de cette page de journal montrent bien que les femmes ne sont pas encore considérées comme égales aux les hommes. D’une part l’égalité n’est pas encore une réalité mais juste un espoir  (« Vers l’égalité »); que ce soit dans le domaine politique ou dans la société en général, par exemple la famille ou le travail, la femme reste en position d’infériorité légale. De plus la revendication du droit de vote demeure une priorité (« Les femmes veulent le droit de vote »), les femmes restant ni électrices ni éligibles pour la IIIème République, tandis que le suffrage universel masculin datait de 1848. L’équilibre fragile du Front Populaire (dissout en 1938) empêcha de réaliser une réforme jugée trop hardie par beaucoup de députés.

 

Alors que le Front Populaire marque l’intégration définitive de monde ouvrier dans la République, il va falloir attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que les femmes réussissent à conquérir les mêmes droits politiques que les hommes, pour l’égalité totale dans la société, l’évolution n’est pas encore achevée.

 

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 09:41

Voici la correction d'une des compositions de géographie proposées à l'épreuve blanche anticipée d'histoire-géographie en Première scientifique

Sujet 1 – Les villes et leur importance pour le territoire français

Introduction :

-       L’accroche peut montrer l’importance du phénomène urbain pour la France métropolitaine, encore plus pour les territoires ultra-marins, où le chef lieu concentre une grande partie de la population : plus de 4 Français sur 5 habitent en ville.

-       Il s’agit ensuite de bien définir le terme de « villes », chose difficile car les limites entre espaces urbains et espaces ruraux sont de plus en plus floues. A la définition traditionnelle de l’INSEE (une agglomération comptant plus de 2000 habitants), on pourra préférer une définition du type : « lieu où se trouvent les hommes, les activités et les richesses et qui offre des services à une population plus ou moins proche ». Cette définition amène justement à s’interroger sur le rôle et l’importance des villes pour le territoire français, alors que la très grande majorité des villes françaises s’étendent dans l’espace et voient leur nombre d’habitants progresser.

-        La problématique, sans être très complexe,  doit ainsi pouvoir dépasser la simple reformulation du sujet sous forme interrogative (ex : « quelle est l’importance des villes pour le territoire français » ?). On peut ainsi se demander : quels sont les rôles que jouent aujourd’hui les villes en France qui leur permettent de rayonner sur le territoire ? ou comment se manifeste l’importance des villes sur le territoire français à différentes échelles ?

-       L’annonce du plan très rapide doit clore l’introduction.

 plan.jpgLe quartier de la Confluence à Lyon, un quartier en pleine restructuration, confortant le phénomène de métropolisation. 

 

 Le développement : Organisé en fonction de la problématique retenue, il doit comporter les idées suivantes, illustrées d’exemples précis, voire de petits schémas, intégrés dans la composition (démarche à valoriser, si le travail est soigné et... adapté au sujet !).

1. LA REPARTITION DES VILLES SUR LE TERRITOIRE FRANÇAIS (échelle nationale)

- Un réseau urbain relativement dense et homogène (hormis une zone centrale peu urbanisée) : beaucoup de villes moyennes qui structurent le territoire. Des villes nombreuses dans les zones de plaines, de bas plateaux, et surtout sur les vallées fluviales (vallée de la Seine / vallée du Rhône).

- Une hiérarchie entre les villes très marquée : une aire urbaine qui domine le territoire (macrochéphalie qui se retrouve aussi dans les DROM). Un réseau déséquilibré, qui manque d’agglomérations de taille importante)

- Mais des villes en plein dynamisme dans la partie Ouest et Sud de la France : forte croissance démographique, solde migratoire très positif, notamment grâce à l’arrivée de jeunes actifs, des aires urbaines qui englobent de plus en plus de petites communes aux alentours de la métropole principale (ex : Toulouse, plus de 400 communes dans l’aire urbaine, Lyon plus de 200 !).

 

2. DES VILLES A L’IMPORTANCE DE PLUS EN PLUS MARQUEE : LES METROPOLES REGIONALES (échelle nationale et régionale).

- Renforcement du rôle des métropoles sur le territoire français qui rayonnent de plus en plus dans l’espace.

- Les causes de cet essor des métropoles peuvent être mises en évidence : elles guident les réseaux de transports nationaux et régionaux (autoroutes, gares TGV, aéroports...), elles sont le lieu privilégié de l’implantation des services avec parfois des quartiers d’affaires et des centres commerciaux (Part Dieu, Euralille, plus modestement Châteaucreux). Elles concentrent les équipements collectifs qui permettent d’attirer les habitants : salles de concert, équipements sportifs, culturels... sur un vaste territoire.

- Il est enfin possible de voir les conséquences pour le territoire de ce rôle grandissant des métropoles : leur volonté de s’associer pour être plus efficaces et rivaliser avec la concurrence parisienne ou internationale, mais aussi leur mise en concurrence et aussi le fait que la concentration des activités en leur sein peut pénaliser les villes moyennes qui perdent des services (ex : tribunaux, casernes, services hospitaliers...).

(- Possibilité de signaler les différents types de réseaux urbains : réseaux multipolaires comme en Rhône-Alpes, réseaux dominés par une seule métropole comme en Midi Pyrénées ou en Aquitaine, réseaux à deux ou trois pôles équivalents comme en Lorraine...).

 

3. DES VILLES QUI MARQUENT LEUR EMPRISE A L’ECHELLE LOCALE : LE PHENOMENE D’ETALEMENT URBAIN

-  Un phénomène généralisé : les villes qui s’étalent dans l’espace et qui empiètent sur l’espace rural : implantation de zones d’activités, de zones pavillonnaires, de petits immeubles collectifs. La première conséquence est le renforcement de l’emprise urbaine sur le territoire français (qui est donc de plus en plus urbanisé). On peut aussi signaler le problème de la ségrégation spatiale que ce phénomène contribue à renforcer : les classes moyennes fuyant souvent les centres-villes pour s’installer en périphérie.

- on peut signaler les autres conséquences à l’échelle locale: mise en place d’équipements dans l’espace naguère rural (salles de sport, écoles, équipements de loisirs...), le renforcement des réseaux de transport vers la métropole qui entraine souvent la saturation des réseaux routiers aux entrées/sorties des métropoles et des problèmes qui désormais doivent être gérés de plus en plus à l’échelle intercommunale (gestion des déchets, question des transports collectifs...).

 

 La conclusion : courte mais qui doit exister !

 La France est un territoire de plus en plus soumis à l’influence des villes qui renforcent leur emprise spatiale et qui structurent de plus en plus les réseaux. Cette importance du fait urbain se lit à différentes échelles : elle conditionne la place de la France notamment en Europe avec la métropolisation (émergence de villes de province au rayonnement plus important comme Lille, Lyon, Marseille) mais aussi aux échelles locales avec les problèmes d’aménagement et d’inégalité spatiale que leur développement ne manque pas de susciter.  

 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 11:53
SEMAINE DU 10 AU 16 MARS
Robuste modèle
  gran-torino.jpgUne belle réussite de l'acteur/réalisateur Eastwood que ce Gran Torino, mythique modèle de voiture, déjà immortalisé par la série Starsky et Hutch. Un film sur la vieillesse et les idéaux, avec une dose d'auto-dérision. 

Au milieu d'un nombre considérable de documentaires, de films, évoquant la guerre d'Algérie (à l'approche du cinquantenaire des Accords d'Evian), dont l'incontournable Bataille d'Alger, lundi 12 mars, à 20 heures 35 sur Arte, qu'il faut voir absolument, soulignons la contre-programmation de la première chaîne de télévision française, TF1, qui, sans doute, parce que l'audience est rarement au rendez-vous quand il s'agit de découvrir la guerre sans nom, programme un film de Clint Eastwood très récent, réalisé en 2008 : Gran Torino
Comme très souvent, ce dernier n'hésite pas à se mettre en scène comme il le fait depuis belle lurette. Et, il trouve dans cette histoire d'un être blasé, revenu de tout et notamment de la guerre de Corée, l'occasion d'évoquer les travers de la vieillesse mais, cinéma oblige, en les sublimant par un héroïsme qui est aussi sa marque de fabrique. 
Gran Torino a l'habilité et la chaleur des grands films humanistes américains qui ne sont jamais meilleurs que lorsqu'ils évoquent un pur produit made in USA brusquement au contact avec d'autres qui ne sont pas originaires du pays de l'Oncle Sam mais qui finissent par voir dans la bannière étoilée la concrétisation de leur rêve. Ainsi, particulièrement symbolique est l'annonce dans le film par Walt Kowalski (le personnage interprété par Eastwood, un nom qui rappelle que tout Américain est issu d'un ailleurs, même s'il l'a oublié) qu'il déshérite ses propres enfants pour un de ceux qu'il appelle avec un sens de la formule aussi douteux qu'acide : "les faces de citron". Et voilà le bon ouvrier de chez Ford, envahi par une horde d'Asiatiques, qui en plus, se livrent à une guerre des gangs sous ses fenêtres. Vous l'aurez compris, l'occasion était trop belle de faire crisser une dernière les pneus pour le vétéran à bout de souffle et rétablir la justice dans le pays qui se présente comme son plus fidèle gardien. Un grand film mature qui a le courage de regarder dans les yeux les abîmes de la vieillesse et aussi du racisme aveugle à ne pas rater, dimanche soir à partir de 20 heures 50 sur TF1. 
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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 13:15

Dans le cadre du programme d'ECJS de la classe de Première et du colloque organisé au lycée Claude-Fauriel à compter du 22 mars, les élèves de la classe de Première S3 ont travaillé sur le dessin humoristique lors de la campagne présidentielle de 2012. 

Leur tâche était de choisir, par 2, un candidat et d'essayer de réaliser un dessin humoristique cherchant à le mettre en valeur, en dévalorisant un ou plusieurs de ses adversaires politiques.

 

L'ensemble de leur travail sera exposé au lycée Claude-Fauriel pour le colloque, exposition dont le vernissage aura lieu le jeudi 22 mars 2012 à 18 heures 30. Les 17 dessins réalisés par les élèves de la classe trouveront bonne place lors de cette manifestation. 

 

Voici en guise de mise en bouche pré-électorale, deux productions qui donnent un avant-goût du travail réalisé par tous. 

Le dessin de Gladys et Séverine (groupe B) qui cherche à valoriser le candidat centriste, François Bayou

caricagladysetsev001.jpg

 Le dessin de Sofiane et Tom (groupe A) qui reprend la position de la candidate Eva Joly, représentant le mouvement  Europe Ecologie les Verts.  sofianetomcaric002.jpg


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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 18:15
SEMAINE DU 3 AU 9 MARS
Quatre à quatre
  nobodyknows.jpgFausse chronique familiale et vrai film d'auteur ce lundi 5 mars sur Arte, à partir de 20 heures 35, avec une oeuvre du japonai Kore-Eda, au titre anglais : Nobody knows. Un film sur l'indifférence dans la société japonaise. A décrouvrir !

Tourné en 2004 à partir d'un fait divers survenu au Japon à la fin des années 1990, Nobody knows, raconte l'histoire d'une "famille" de 4 enfants, nés de pères différents, vivant dans leur propre pays dans la clandestinité absolue et élevée par une mère fantasque, qui ne les a jamais déclarés à l'état civil et scolarisés. Un jour, cette dernière disparaît tout à fait. La fratrie, livrée à elle-même, doit alors subvenir à ses propres besoins, chose ardue, quand on a entre 4 et 14 ans. 
Errance, solitude à 4, déambulations sont le lot des 4 enfants, pour qui, une fois la mère disparue, seule subsiste la volonté de rester ensemble, malgré tout, dans un Japon indifférent à leur condition pour ne pas dire à leur existence tout court. Ainsi s'organise une mini société organisée autour de ces quatre êtres de plus en plus fragiles, dont le parcours devient finalement emblématique de toute société pervertie par l'indifférence. Après avoir essayé de maintenir quelques règles de vie communes, la petite tribu s'étiole au fil des saisons. Plus d'eau, plus de ménage, plus d'argent... plus rien. C'est la désagrégation d'une société que film Kore-Eda, sans ostentation et pire sans révolte, pour mieux nous imposer un constat implacable, celui des sociétés développées à la dérive, abandonnant leur progéniture, dans l'indifférence absolue. 
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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 11:18

Quelques destins, quelques documents un peu particuliers, que l'on ne rencontre pas dans les manuels scolaires pour aborder les indépendances des anciennes colonies !

Par exemple, comment suivre le destin de la très exotique Rhodésie du Sud, ancienne colonie britannique, devenue indépendante au milieu des années 60 ? En suivant par exemple, le parcours de Bruce Grobbelaar, le gardien emblématique de Liverpool.

           Né en 1957 en Afrique du Sud,  Bruce Grobbelaar passa son enfance en Rhodésie du Sud, où régnait un régime d'apartheid. A la fin des années 70, il accomplit son service militaire pour la Rhodésie du Sud dans la Rhodesian National Guard qui exerçait sur les populations noires une intense répression. Il démarra ensuite une brillante carrière professionnelle au début des années 80 sous le maillot des Reds de Liverpool. Il devint aussi le gardien de la sélection nationale du Zimbabwe, nouveau nom pris par la Rhodésie après l'abolition de l'apartheid en 1980. A signaler qu'il fut le premier joueur africain  à emporter une coupe d'Europe sous le maillot de Liverpool. Pour le détail de sa carrière sportive, vous pouvez vous reporter à l'encyclopédie en ligne Wikipédia, dont voici un court extrait.

De 1981 à 1994, il jouera 627 matches pour Liverpool, et devint célèbre pour son style excentrique et flamboyant. En 1984, il remporte la Coupe d'Europe des Clubs Champions face à l'AS Rome aux tirs aux buts, Lors de cette séance, deux scènes sorties de l'imagination de Grobbelaar sont restés célèbres. Lors du tir de Bruno Conti, il s'avance vers le but en souriant aux photographes et en faisant mine de manger les filets tels des spaghettis. Le tir passa au dessus de la barre. Puis face à Francesco Graziani, il fait vaciller ses jambes tel un homme ivre, ce qui a certainement déstabilisé le tireur romain qui n'a pas marqué. Ce soir-là, il devint le premier joueur africain à remporter un tel trophée.
 
 
Autre source documentaire, les timbres... Voici, un vieux timbre célébrant le dixième anniversaire de la République démocratique du Congo en 1970. Références nationales : le drapeau, les limites de l'Etat de cette ancienne colonie belge qui allait devenir l'année suivante le Zaïre. Mais, sauriez-vous reconnaître le personnage en haut à gauche ?
   L'histoire ne s'écrit pas seulement qu'à partir d'archives politiques, de textes de dirigeants ou d'articles de journaux. Par quelques exemples évocateurs, on peut facilement sortir des sentiers battus et valoriser son travail. Quel plus beau résumé de la guerre froide que la victoire aux J.O de 1972 en basket de l'équipe masculine soviétique sur sa rivale américaine ? En finale à Munich, face à l'URSS, les Américains mènent 50-49 au coup de sifflet final. Mais un temps mort a été demandé, il faut de nouveau jouer trois secondes, qui suffisent à l'URSS pour marquer : 51-50, elle est championne olympique ! Les juges passeront une nuit entière sur la réclamation aussitôt posée par les Américains, d'autant que la remise en jeu ne se serait pas faite au bon endroit... mais rien n'y fait. Les Américains ne vinrent pas chercher leur médaille d'argent.
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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 18:52
SEMAINE DU 25 FEVRIER AU 2 MARS
Cinglante réponse
  question.jpgL'hommage cinématographique au livre d'Henri Alleg sur les tortures durant la guerre d'Algérie, près de 20 ans après la publication de l'oeuvre et près de 15 après la fin de la guerre d'Algérie. Une diffusion très rare et à elle seule symbolique : dans la nuit du mardi 28 février au mercredi 29 février, à 2 heures du matin, sur France 2 ! 

Quel film audacieux que La Question de Laurent Heynemann, dont l'histoire en dit long sur les rapports des Français avec ce conflit que l'on a surnommé après coup : "La guerre sans nom". Réalisée en 1976, avec une distribution prestigieuse (Nicole Garcia, Jean-Pierre Sentier par exemple), La Question reprend évidemment le titre de l'ouvrage d'Henri Alleg sorti en 1958, où l'auteur dénonçait le recours à la torture par l'armée française. Lui-même en fut d'ailleurs l'une des victimes, puisqu'il fut torturé par les forces parachutistes du général Massu en 1957, à Alger, car favorable à la cause de l'indépendance algérienne et suspecté d'aider les rebelles. 
Le film de Laurent Heynemann revient ainsi sur le parcours de ce journaliste français emprisonné et torturé, utilisant un pseudonyme proche : Henri Charlègue. Outre ses qualités intrinsèques, le film vaut également par son histoire, que la diffusion en pleine nuit un soir de semaine un 29 février vient, hélas, conforter. En effet, lors de sa sortie, en 1977, il fut interdit aux moins de 18 ans, ravalé au même niveau qu'une production pornographique, du fait des scènes de torture qui y étaient présentés. Pire, le film resta très peu à l'affiche, comme d'ailleurs, pendant très longtemps et encore aujourd'hui, les oeuvres abordant la guerre d'Algérie, puisque sa diffusion sur les écrans français fut souvent l'occasion de troubles et de menaces à l'endroit des cinémas qui le distribuaient. 
On peut retrouver sur le site de l'INA une très intéressante interview dans une émission populaire du dimanche, animée (déjà) par un certain Michel Drucker, du réalisateur et de son mentor, un certain Bertrand Tavernier, lui même, bien plus tard, réalisateur de La Guerre sans nom. Trente-cinq ans après, la télévision publique française s'honore par la diffusion de ce film courageux et injustement oublié. Mais qui sera à 2 heures du matin derrière son écran pour découvrir La Question ? La réponse est sans doute déjà donnée à travers les lignes qui précèdent. 
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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 11:06

Les textes sélectionnés, pour réaliser cet exercice, offraient pour point commun de présenter des causes internes (à l'intérieur des colonies) avec les documents 3 et 5 et des causes externes avec les documents 1, 2 et 4 au mouvement d'émancipation qui gagne les colonies après 1945.

Le but du travail était de réaliser un organigramme. Voici celui de Justine, Sophie, Léo et Silvère avec un complément de ma part. 
sophie-justine-leo-silve001.jpg

Pour ceux ou celles qui sont en difficultés avec la réalisation d'un organigramme, la trace écrite suivante peut se substituer à l'exercice :

 La guerre a donné aux colonisés l'image d'une Europe affaiblie qui n'est plus la seule à détenir la puissance technique et militaire (en Asie, les Japonais chassent les puissances coloniales, diffusent une propagande anti-européenne dans les colonies qu'ils occupent et qui, lorsque les Japonais se retirent, proclament leur indépendance). De plus, les colonies (et notamment l'Afrique noire) ont humainement et économiquement contribué à l'effort de guerre. Les métropoles sont donc redevables : après avoir accompli leur devoir, les colonisés réclament plus de droits, plus de libertés. Une élite formée par les Européens et parfois soutenue par des intellectuels en métropole réclame désormais l’accès de ses territoires à une complète indépendance. La politique d'assimilation qui prônait une égalité des droits entre autochtones et colons ne suffit plus. 
Sur le plan international, la guerre met un terme définitif à la suprématie de l'Europe. Les Etats-Unis et l'URSS en sont les deux grands vainqueurs. Les Soviétiques apportent leur soutien aux peuples colonisés. Pour eux, c'est un moyen de lutte contre les "forces impérialistes", c’est à dire les puissances coloniales qui oppriment et exploitent les peuples colonisés et c’est aussi un moyen d’étendre leur influence chez les peuples libérés (création d’Etats communistes). Les Soviétiques transposent donc à la décolonisation la théorie de la lutte des classes. Les Etats-Unis ont une attitude plus ambiguë. Ils se font les défenseurs des peuples opprimés. Mais si cette lutte constitue à leurs yeux un devoir (les États-Unis étaient une ancienne colonie britannique), lorsque leurs intérêts stratégiques sont menacés, les États-Unis adoptent une attitude plus floue, oubliant leur "croisade" pour la liberté (Indonésie, Malaisie, Indochine). La décolonisation est donc un enjeu de lutte d’influence entre les Etats-Unis et l’URSS. (c'est un enjeu de la guerre froide : chacun essayant de faire basculer les nouveaux Etats dans son camp)
Créée en juin 1945, l'ONU est aussi un atout pour les leaders indépendantistes qui organisent l’opposition en créant des partis nationalistes dans les colonies. En effet, l’ONU reconnaît un principe fondamental : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Les colonisés vont donc réclamer l’application de ce principe. De plus, l’ONU condamne les puissances coloniales comme ce fut le cas pour les Pays-Bas en Indonésie en 1949. L’ONU devient donc une tribune en faveur de la liberté des peuples. Au fur et à mesure que des pays obtiennent leur indépendance, ils entrent à l'O.N.U. (Egypte, Inde…)  : ils se font alors les défenseurs des peuples restés colonisés.
                                                                                                                                                        G. Sabatier
       Enfin, si vous souhaitez approfondir ce sujet et suivre le parcours de ceux qui ont contribué à l'indépendance de leur patrie, je vous invite à vous plonger dans l'itinéraire fascinant de l'ex président du Sénégal (évoqué dans le document 3), Léopold Sedar Senghor, figure politique et littéraire de l'émancipation sénégalaise...,camarade de classe du président de la République française, Georges Pompidou et membre de l'académie française (voir photographie). Son itinéraire permet d'appréhender la trajectoire d'une ancienne colonie africaine jusqu'à son indépendance et ses liens privilégiés avec son ancienne métropole.
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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 10:01

Voici deux exemples de croquis assez réussis concernant les deux sujets que les élèves de la classe pouvaient traiter.

Premier croquis, celui de Kevin sur les inégalités de développement à l'échelle planétaire

cartekevin001.jpg

Les qualités :

- une carte riche en informations 

- des localisations suffisantes

- une légende cohérente malgré quelques maladresses ("pays laissés à l'abandon" en vert alors que PMA aurait été préférable). 

 

Les défauts : 

- Légende pas assez soignée

- Une erreur de figuré : il faut conserver un figuré de surface pour les pays d'Europe de l'Est et non un symbole

- Quelques approximations : la limite Nord/Sud en Asie-Pacifique, des pays d'Afrique de l'Ouest abusivement présentés comme "à l'abandon"... 

- Quelques manques comme les causes du retard de développement dans certains pays (famine, guerres civiles, stress hydrique...)

 

Voici à présent le croquis de Marion C. sur le bassin méditerranéen

cartemarionc001.jpg

 

Les qualités : 

- Un travail soigné et clair

- Des localisations suffisantes pour les pays (les Etats de l'ex-Yougoslavie sont bien indiqué)

 

Les points à améliorer : 

- Les parties I et III trop semblables au niveau du contenu - Il fallait changer le titre de la troisième partie de la légende. 

- Quelques approximations : il manque l'Ouest de la Truqie, le Liban, la limite Nord-Sud oublie l'Ouest de la Turquie

- Quelques manques au niveau des flux : flux de marchandises (Nord/Sud)

- Un manque de localisations pour les villes, les ports, les stations balnéaires... 

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 09:28

Voici la correction de l'ensemble documentaire du bac blanc du 10 février, proposé par mon collègue, M. Chomel. 

1989 – 1991 : La fin d’un monde

1ère partie :

 D’après les documents, il fallait mettre en avant :

 

1)   La situation politico-économique du bloc soviétique avant 1989

-       L’état de pénurie chronique du bloc soviétique (doc 2) : en raison de la course aux armements et de la faible compétitivité de l’économie soviétique, les populations manquent de biens de consommation courant et ont un niveau de vie très inférieur aux population de l’ouest. Le document parle de « système bureaucratique » mis en place : Il s’agit d’un système où l’ensemble de la production est étatisé.

 

-       L’omnipotence des régimes autoritaires dans les pays du bloc de l’Est. Le doc 1 montre le contrôle tout puissant des partis communistes (« les décisions … ne sont soumis à aucun contrôle social »). On ne peut plus parler de totalitarisme mais d’autoritarisme avec la surveillance des opposants (« censure »). On peut de plus parler de gérontocratie (absence de renouvellement des personnes qui occupent des positions dirigeantes) : l’élite sociale, celle qui compose la nervure du PC s’est constituée (on parle de nomenklatura ou d’apparatchik) et gouverne « selon leurs intérêts propres »).

 

-       Les document 1, 5,6 montre l’impérialisme de Moscou par rapport aux « pays frères » : par un système d’alliance politique, économique (CAEM/ COMECON) ou militaires (pacte de Varsovie), L’URSS refuse une politique autonome aux démocraties populaires et intervient lorsque des velléités indépendantistes se font sentir (Budapest, 1956 ; Prague, 1968)

 

2)   La position de Moscou dans les changements peut être résumée par 2 mots :

-       Perestroïka (c'est-à-dire réforme interne du système soviétique : démocratisation du système) et surtout Glasnost : le document 4 montre que Gorbatchev refuse d’intervenir désormais dans les pays frères (« Toute ingérence dans les affaires intérieures, toute tentative de limiter la souveraineté des états (…) sont inadmissibles). C’est cette politique qui engendre l’ouverture du rideau de fer par les autorités hongroises en juin 1989.

 

3)   Le rôle des différentes composantes de l’empire soviétique est double

-       Dans les démocraties populaires, les populations se révoltent contre la domination de Moscou et celle du PC. C’est ce qu’illustre le document 1 : en Pologne, Solidarnosc, un syndicat non communiste, dont la principale figure est Lech Walesa, fortement soutenu par l’église catholique, dénonce le système et entame une série de grèves. Ce mouvement de résistance, d’abord reprimé conduit pour la première fois les autorités communistes à négocier (janvier 1989 : élections en Pologne où les représentants de Solidarnosc sont admis à se présenter). On retrouve ce mouvement de résistance civile dans la quasi-totalité des démocraties populaires (exemple : Vaclav Havel en Tchécoslovaquie).

 1989.jpg

Document 3 : L'ouverture du rideau de fer entre Hongrie et Autriche durant l'été 1989

-      

Au sein même de l’URSS, 2 ans plus tard, les nationalités non russophones, à l’exemple des Baltes se déclarent indépendantes en 1991 : on assiste dans l’empire soviétique à un renouveau des nationalismes.

 

4)   Les transformations de l’année 1991 sont doubles :

-       Passage général des « pays de l’Est » à la démocratie et à l’économie de marché comme le montre le document 5 : L’Allemagne est réunifiée en octobre 1990 après la chute du mur

-       L’éclatement de l’URSS en 1991 (décembre 1991 : démission de Gorbatchev). Celle-ci se produit après les déclarations d’indépendances des pays baltes et surtout après le putsch d’août 1991 au cours des participants de l’armée et du KGB ont essayé de stopper la Perestroïka. Au cours de celui-ci, le président Russe, B Eltsine est devenu l’autorité la plus légitime. KGB et PCUS ont été dissous et M Gorbatchev régnant sur « une coquille vide » a été contraint à la démission : 15 nouvelles républiques sont donc apparues en remplacement de l’ex-URSS.

 

2ème partie : Réponse organisée/ synthèse

 

·       La problématique suivante pouvait être adoptée : Pourquoi et comment, le bloc soviétique éclate t-il brutalement entre 1989 et 1991.

 

·       Le plan suivant pouvait être adopté :

 

I-             Un bloc soviétique usé et contesté

 

-       Un système autoritaire usé

-       Un système économique peu performant usé par la course aux armements

-       Un système contesté en son sein : résistance des populations civiles à l’image de Solidarnosc en Pologne.

 

II-           Une étape décisive : la Glasnost entraîne la sécession des démocraties populaires

 

-       Changement de politique radicale en 1985 avec l’arrivée d’un réformiste au pouvoir en URSS : M Gorbatchev

-       Eté 1989 : ouverture du rideau de fer, chute du mur de Berlin (09 / 11 / 1989), fuite massive des populations vers l’ouest

-       1990 : Elections pluripartites et démocratiques dans tous les pays de l’est. Partout, les communistes sont défaits. CAEM et pacte de Varsovie sont dissous. Ces pays adhèrent à l’OTAN et préparent leur adhésion à l’UE …

 

III-        1991 : affirmation des nationalismes et éclatement de l’URSS

 

-       1991 : manifestation des Baltes pour l’indépendance.

-       Août 1991 : crise politique à Moscou et victoire du libéral Eltsine sur le communiste réformateur Gorbatchev

-       Eclatement définitif de l’URSS le 25/12/1991.

 

·       En conclusion

 

-       Le système soviétique s’avère impossible à réformer de l’intérieur et éclate en 2 temps.

-       Aujourd’hui, une nouvelle géopolitique s’est installée en Europe : l’UE comprend la quasi-totalité des anciennes démocraties populaires et s’étend jusqu’aux Pays Baltes … Mais la Russie, après une décennie de crise a réaffirmé sa puissance récemment face à ses anciennes républiques (Géorgie, Ukraine). La Russie n’a pas accompli sa révolution démocratique mais les récentes manifestations en Russie laissent entendre qu’une telle évolution reste possible …

 

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