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UN BLOG PARMI D'AUTRES POUR FACILITER LES RELATIONS, LES ECHANGES AVEC LES HEUREUX JEUNES GENS QUI ONT LE PLAISIR DE SUPPORTER G. SABATIER QUELQUES HEURES PAR SEMAINE ! QUE LA FORCE SOIT AVEC CEUX QUI CONTRIBUERONT A CE BLOG ET A CELUI QUI TENTERA DE LE FAIRE VIVRE !  POUR QUE TOUS SUIVENT LA ROUTE DE L'HISTOIRE-GEOGRAPHIE

Un bout de chemin ensemble...  (photo personnelle - 2005)

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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 19:24

SEMAINE DU 25 AVRIL AU 1er MAI

 
Big Odessa
           Le film des cinéphiles par excellence (avec Citizen Kane d'Orson Welles), celui à qui Brian de Palma rendit hommage dans les Incorruptibles, Le Cuirassé Potemkine de Sergueï M. Eisenstein sera diffusé lundi 27 avril à partir de 23 heures 30 par Arte. A connaître et pas seulement pour l'histoire du cinéma. 

On ne peut que saluer Arte qui ose encore nous proposer les plus grands films du cinéma en noir et blanc et muet dans ses séances nocturnes. 
Il faudra, certes, faire un effort dans la nuit de lundi à mardi, mais qui vaudra le détour car l'occasion nous est donnée de revoir le classique des classiques, réalisé en 1925 par le maître du cinéma soviétique, Eisenstein : Le Cuirassé Potemkine, un film, comme on qualifie aussi les quelques chefs d'oeuvre de la littérature, indispensable.
Le sujet est la mutinerie des marins du Potemkine, un cuirassé appartenant à l'armée russe, baignant dans les eaux d'Odessa en 1905. Oeuvre de commande, pour un jeune réalisateur de 27 ans, le film a été réalisé pour commémorer le vingtième anniversaire d'un événement précurseur des révolutions de 1917. Le Cuirassé Potemkine devait être une oeuvre grandiose et épique, une gigantesque fresque historique retraçant les divers moments forts de ces soulèvements. Eisenstein et sa collaboratrice Nina Agadjanova-Choutko avaient conçu un scénario ambitieux qui évoquait les guerres et conflits de Moscou, Saint-Pétersbourg, Sébastopol ainsi que de nombreuses autres villes jusqu’aux frontières du Caucase et du Moyen-Orient. Mais, Eisenstein dut rabaisser ses ambitions et décida de porter toute son attention au soulèvement authentique de la mutinerie des matelots du cuirassé Potemkine et de l’appui de la population de la ville portuaire d’Odessa, sévèrement réprimée par l’armée cosaque. Telle une tragédie, l'oeuvre est construite en cinq actes. Le premier acte, l’exposition, nous montre les conditions indigentes de l’équipage du Potemkine réduit à manger de la viande avariée. Le second, la mutinerie, nous montre la révolte et la prise de possesion, dans la violence, du bateau et des officiers. Au troisième acte, le Potemkine fait escale à Odessa où la population sympathise avec les mutins et manifeste son appui. Le quatrième acte, en réponse au second, fait intervenir l’armée cosaque, qui tire sauvagement dans la foule en déroute dans la légendaire scène des escaliers d’Odessa. C'est cet acte qui entra dans la légende du cinéma avec la fameuse scène du landau dévalant les marches des escaliers d'Odessa. Eisenstein y fit preuve de sa science extraordinaire du montage mais aussi du cadrage. Le dénouement, le cinquième acte, enfin, montre le Potemkine de retour en mer, où un escadron l’attend pour le couler. Mais celui-ci, contre toute attente, refuse de tirer, et l’armée se solidarise avec les insurgés, complétant cet épisode en un appel lyrique à la Révolution, bien dans l'esprit des années 20 où la glorification des événements révolutionnaires était au programme des dirigeants de la nouvelle URSS. D'ailleurs, deux ans plus tard, en 1927, pour le dixième anniversaire des événements, Eisenstein fut prié de rappeler les grands gestes de la révolution de 1917 dans un autre film inoubliable, Octobre.

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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 16:36

SEMAINE DU 18 AU 24 AVRIL 

 
Suites et plantes nocturnes
           Cette semaine sera celle des diffusions nocturnes... dans la continuité des diffusions de la semaine dernière qui nous ont ravi. Si le sommeil ne se fait pas trop lourd en fin de semaine, on pourra découvrir une curiosité ibérique, La Nuit des tournesols (voir photo au-dessus), un film récent de 2007.

 Cette semaine sera celle des suites : la suite de Novecento toujours sur France 3 fort tard dans la nuit du dimanche 19 au lundi 20 avril (à partir de 0h30) et le deuxième épisode du documentaire de Michaël Prazan Einsatzgruppen, les commandos de la mort, dont le premier épisode nous a bouleversé la semaine dernière, sur France 2, jeudi 23 avril à partir de 23 heures. Si vous l'aviez raté, il y a quelques mois, La Grande Lessive de Mocky, vous avez droit à un deuxième tournage dans la nuit de mardi à mercredi, sur France 2 (à partir de 0h30).  
Pour sortir des sentiers cinématographiques un peu battus et rebattus, il faudra patienter jusqu'au vendredi 24 avril (encore très tard : à partir de 0 heure 55) sur Arte avec la diffusion d'un film espagnol récent,
La nuit des tournesols, de Jorge Sanchez-Cabezudo (2007). 
Il s'agit d'un thriller ibérique, genre qui laisse a priori un peu dubitatif, mais qui confirme le renouveau de ce cinéma depuis une vingtaine d'années dans le sillage d'artistes plus connus que Sanchez-Cabezudo. En plein coeur de la campagne espagnole, dans les Pyrénées,  un spéléologue et un photographe descendent explorer une grotte. Lorsqu'ils remontent à la surface, ils découvrent que la compagne du spéléologue a été attaquée et presque violée. Alors qu'ils allaient rapporter l'attaque à la police, ils vont accidentellement tuer un inconnu qu'ils ont pris pour l'agresseur. 
Faut-il voir dans ce film, à travers son titre,  un hommage aux exploitants d'oléagineux ou aux admirateurs des oeuvres de Van Gogh ? Que nenni, il s'agit en fait d'une référence au lieu (un champ de tournesols) où le dangereux criminel a  par le passé sévi.
La nuit des tournesols est un film intéressant sur la vengeance qui place les hommes face à ce qu'ils ont en eux, leur part d'ombre et de repentir. En ce sens, il mérite l'intérêt nocturne des téléspectateurs, au-delà de ceux qui témoignent d'une affection immodérée pour les astéracées.

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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 08:10

SEMAINE DU 11 AU 17 AVRIL 

 
Un nouveau siècle se lève
           Diffusion dans la nuit du dimanche 12  à lundi 13 avril de la première partie du film somme de B. Bertolucci Novecento. Un film à la distribution internationale (Robert de Niro, Dominique Sanda, Gérard Depardieu, Burt Lancaster, Alida Valli, Donald Sutherland, Stefania Sandrelli...)  très engagé politiquement mais incontournable par la force de sa mise en scène et sa capacité à englober toute une époque. A ne surtout pas rater.

Novecento (1900) de B. Bertolucci a déjà fait l'objet d'une évocation dans cette rubrique. Nous profitons donc de son nouveau passage à la télévision française pour saluer cette oeuvre hors du commun réunissant les plus grands interprètes des années 70, toute nationalité confondue, notamment la magnifique Dominique Sanda, déjà inoubliable de beauté quelques années plus tôt dans Le Jardin des Finzi Contini de V. de Sica.
Novecento débute, après un court passage anticipant la fin du film, par l'annonce dans un domaine rural d'Emilie-Romagne de la mort du grand musicien G. Verdi, qui avait évoqué dans ses oeuvres, quelques décennies plus tôt, la constitution de l'unité italienne. Nous sommes en janvier 1901, au tout début d'un XXe siècle naissant. Mais très vite, nous allons quitter la Grande histoire pour suivre le destin de deux hommes nés presque au même moment : Alfredo Berlinghieri (Robert de Niro) le fils du grand propriétaire terrien et Olmo Dalco (Gérard Depardieu), le fils d'un des métayers du domaine. Nous les suivrons, au fil des saisons et des années, dans les vicissitudes de leur vie : leurs destinées sentimentales, leurs engagements politiques. Des chemins qui se croisent, s'entrechoquent, s'opposent parfois violemment. A travers eux, c'est la lutte des classes que reconstitue Bertolucci, atemporelle comme en témoigne le dénouement du film, mais qui, pour ce proche des théories marxistes, constitue finalement une possible lecture de l'histoire de l'Italie de la première moitié du XXe siècle. Ainsi, les meilleures scènes du film sont celles où les deux hommes se font face et tombent leur masque : dans leur rivalité amoureuse pour conquérir Ada (Dominique Sanda) mais surtout face à l'inquiétant et ignoble Attila (Donald Sutherland), promu régisseur du domaine et surtout fasciste belliqueux au possible (ne pas louper la fin de cette première partie avec une scène à effaroucher les défenseurs de la cause animale).
Novecento était au coeur des années 70 une entreprise démesurée (plus de 5 heures 15 de durée au total), une véritable fresque qui se revendique comme telle dès son générique. Ce dernier permet de découvrir par un lent zoom arrière est des plus célèbres tableaux italiens du début du XX siècle, le Quatrième Etat de Giuseppe Pellizza (1901) et donne ainsi à voir clairement de quel côté se situera le réalisateur pour sa reconstitution historique... et il n'y aura pas tromperie sur la marchandise !

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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 15:47

SEMAINE DU 4 AU 10 AVRIL 

 
 Pour un scoop avec toi, je ferai n'importe quoi
           Serge Gainsbourg et Catherine Deneuve dans leur propre rôle, mais aussi Coluche, Alain Delon, Jacques Chirac, le fils du général de Gaulle... dans le documentaire Reporters réalisé par Raymond Depardon en 1981 et diffusé sur France 2, dans la nuit de mardi à mercredi 8 avril à 0 heure 25. Un film sur les coulisses du star system, de ceux que l'on nomme aujourd'hui des people... harcelés (apparemment) par les paparazzi.

Grand photographe lui-même avant de devenir grand cinéaste, Raymond Depardon au début des années 80 avait choisi de pointer son objectif de caméra vers ses anciens confrères : les photographes d'agence de presse (ici l'agence Gamma dont il avait été quelques années auparavant , en 1966, l'un des fondateurs). Ce n'est pas, en pleine jungle, à la recherche du plus beau cliché animalier que ces derniers oeuvraient mais dans la capitale parisienne en plein automne. Les cibles de ces photographes n'étaient pas le lion, le rhinocéros blanc ou la galinette cendrée mais ceux qui faisaient l'actualité de l'époque : Caroline de Monaco, Richard Gere, Serge Gainsbourg, Catherine Deneuve, ou encore Jacques Chirac en pleine campagne contre son ami président de la République... Ainsi, pendant un mois, Raymond Depardon a-t-il, jour après jour, saisi au plus près, enregistré, l'ambiguïté des relations de ceux qui font la une des journaux avec ceux qui leur tirent le portrait, parfois d'ailleurs, comme le montre très bien le film, à l'insu de leur plein gré.
Raymond Depardon semble vouer une grande affection et parfois une certaine tendresse pour des mondes en mutation : le monde paysan aujourd'hui, le monde de la justice et de l'univers hospitalier dans les années 90, le monde des médias de masse et de la politique dans les années 70/80. En effet, après un premier documentaire tourné en 1974 sur la campagne présidentielle de Valéry Giscard d'Estaing, auquel ce dernier, pourtant vainqueur, ne donna l'autorisation de distribution que 28 ans plus tard, Raymond Depardon réalisa en 1980 son deuxième long métrage,
Numéros zéro, une saisissante plongée dans la rédaction du Matin de Paris. Patience, discrétion, attention de tous les instants : telles sont les règles d’or du cinéaste, qui se fit donc la même année, au mois d'octobre, le témoin du quotidien des photographes de presse. Là encore l'effet miroir est garanti car entre celui qui prend le cliché et celui qui en est le sujet, la distance n'est pas toujours aussi grande qu'il y paraît. Salutaire mise au point apportée par Reporters !

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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 18:42

SEMAINE DU 28 MARS 2009 AU 3 AVRIL 

 
 Voici venu le temps des assassins
           A quoi peut bien servir une cafetière dans les mains d'un honnête commerçant américain, bien sous tes rapports ?  Réponse dimanche 29 mars soir sur France 2 avec A history of violence du grand réalisateur canadien David Cronenberg. Avec Viggo Mortensen et EdHarris. Âmes sensibles s'abstenir.

Que faut-il pour faire basculer un homme dans la violence ? Est-on violent par nature ou du fait des circonstances ? La violence exclut-elle toute forme de rédemption? Non, non, il ne s'agit pas d'une compilation des meilleurs sujets du baccalauréat de philosophie mais de quelques questions me venant à l'esprit à l'évocation de
A history of violence (2005). Mais Cronenberg, qui est sans doute l'un des réalisateurs les plus philosophiques qui soit (inoubliables Festin nu et Vidéodrome) ne sacrifie cependant rien à la dimension spectaculaire de ses oeuvres. Bien au contraire, avec un art de la mise en scène qui confine au génie, Cronenberg nous plonge dans un entrelacs psychologique où se mêlent suspense et art du contre-pied. Les héros chez Cronenberg ne sont jamais vraiment  propres sur eux et Tom Stall (Viggo Mortensen) ne déroge pas à la règle. On retrouvera dans ce film tout le savoir faire de ce cinéaste qui a beaucoup travaillé sur les thèmes de la métamorphose et de l'illusion. Ici, pas d'effets spéciaux, ni recours au fantastique, genre où Cronenberg a acquis ses lettres de noblesse. La violence est au coin de la rue, y compris celui des cafés les plus anonymes des petites villes américaines, là où habitent de paisibles citoyens. Mais, pour reprendre le titre de l'opus suivant de Cronenberg, tout aussi réussi que celui diffusé ce soir par France 2, avec chaque part de violence contient en elle les  "promesses de l'ombre".

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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 18:32

SEMAINE DU 21 AU 27 MARS 2009

 
 Spaghetti, tortellini... vitelloni
           Un chef d'oeuvre fellinien sur France 3 pour le Cinéma de Minuit, dimanche soir à minuit... vingt : I Vitelloni (1953). Une bouffonerie dramatique, un drame bouffon porté entre autres par Alberto Sordi (photographie ci-dessus) et magnifié par la musique de Nino Rota. A ne pas manquer ! 

Une des angoisses de Fellini était, qu'après sa mort, il soit statufié à Rimini, sa ville d'origine ou ailleurs, à proximité des studios romains de Cinecittà, par exemple. Le grand maître du cinéma italien avait, en effet, peur que les pigeons viennent ensuite déféquer sur son bronze ! Le cinéma de Minuit de France 3 nous offre l'opportunité de revoir l'un de ses tout premiers films ce dimanche 22 mars, très, trop tard.  Plus ancien et surtout moins connu que La Strada, La Dolce Vita ou encore Huit et demi, I Vitelloni est pourtant un film essentiel pour cerner et apprécier à sa juste valeur le cinéma de Federico Fellini. 
Âgés de trente ans ou presque, 5 adolescents attardés trainent dans une station balnéaire dont ils sont originaires et vivent chez papa-maman. Ce sont des "inutiles" (titre français du film) : ils ne font rien ou alors rien de bon, rêvent de départs improbables, fantasment sur leur hypothétique avenir. Leur occupation principale : déambuler dans la ville, profiter de ses quelques manifestations festives et s'adonner à quelques farces potaches.

Y-a-t-il une part de biographie dans I Vitelloni ? Oui, bien sûr du fait l'évocation de la propre jeunesse de Fellini à Rimini, entre rêve d'évasion, glande et fuite des responsabilités d'adulte mais ce n'est en rien l'essentiel. Le brio de Fellini est d'arriver en quelques plans à faire jaillir de ses personnages toute leur humanité et leur complexité. Tour à tour grotesques, pathétiques, émouvants, simples, ils se révèlent dans toute leur condition d'hommes ordinaires. "Humain, trop humain", aurait dit un philosophe allemand. 
Les plus beaux passages sont constitués par la scène du lendemain du carnaval et le départ à la fin du film, en train, d'un de ces Vitelloni ("gros veaux" au sens littéral du terme), un peu plus téméraire que les autres, et qui finit par quitter la bande. Vous trouverez sur
le site Télédoc du CNDP une analyse complète du film qui vous donnera quelques pistes. Dépourvu de véritable intrigue,  accolant, avec un art savant du rythme, des épisodes hétéroclites, I Vitelloni est pourtant un des plus beaux films narratifs qui soit : celui qui nous raconte par le menu une tranche de vie commune de 5 individus médiocres, mais qui sous certains traits, nous ressemblent chacun un peu,  à leur manière.

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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 15:42

SEMAINE DU 7 AU 13 MARS 2009

 
 Historiquement incorrect
          Après un film de Terry Gilliam la semaine dernière, un film  de 1975 avec Terry Gilliam et tous ses comparses (John Cleese, Graham Chapman, Eric Idle, Michael Palin et Terry Jones) des célèbres Monty Python : une épopée médiévale sans dessus dessous, à déconseiller à ceux qui voudraient découvrir les obscurs temps médiévaux mais à conseiller à ceux pour qui une paire de noix de coco vaut bien un cheval. 

Jeudi 12 mars, Arte en début de soirée (à partir de 20 heures 45) nous invite à nous lancer dans la conquête du fameux saint Graal pour obtenir l'éternelle jeunesse à nos zygomatiques. Nous n'accompagnerons pas Indiana Jones dans cette quête risquée mais bien les preux chevaliers de la Table ronde, incarnés par les mythiques Monty Python.  A partir de 1969 s'était formé en Angleterre un groupe de joyeux drilles qui s'illustrèrent dans une émission : Monty Python's Flying Circus. Ils sévirent  sur la BBC en créant des saynètes à l'humour absurde reliées entre elles par des transitions loufoques. 5 ans après leurs débuts et après une bonne cinquantaine d'épisodes télévisuels qui régalèrent le public anglais, ils se lancèrent dans une épopée cinématographique consacrée à la légende du roi Arthur : Monty Python, sacré Graal.
En 5 semaines, ils réalisèrent donc une reconstitution minutieuse du grand récit de Chrétien de Troyes... en convoquant dans leur périple des agitateurs syndicaux, des noix de coco, des lapins meurtriers, des princes gays ou encore des vaches mal traîtées. On comprendra avec cet inventaire à la Prévert que le film ne se pose pas en brillante adaptation littéraire mais plutôt en exercice de non-sense absolu, genre typiquement anglais assez savoureux...
Pour promouvoir le film,
les affiches françaises portèrent la mention : "le film à côté duquel Ben Hur ressemble à un documentaire". Comme son illustre aîné, mais dans un genre radicalement différent, Monty Python, sacré Graal s'est en tout cas imposé comme un véritable film culte qui peut nous en apprendre beaucoup sur la manière de reconnaître, au sortir d'une épique bataille, les hommes de pouvoir (de l'époque médiévale bien sûr) :  ce sont ceux qui sont le plus recouverts d'excréments.

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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 21:06

SEMAINE DU 28 FEVRIER AU 6 MARS 2009

 
 Avec ses lettres de noblesse
         John Neville est l'interprète du baron de Munchhausen, version Terry Gilliam (1989). Pour le voir, il faudra vous armer de courage... TF1 diffuse le film dans la nuit de mardi à mercredi à 2 heures 20 du matin. Que peut faire le baron devant Les Bronzés et Enquêtes et révélations ? Pas un exploit comme il en a le secret visiblement ! 
  
Connaissez-vous  Karl Friedrich Hiéronymus (1720-1797) ? Un officier allemand qui s'illustra au milieu du XVIIIe siècle dans ses combats contre les Ottomans. Connu pour sa faconde dans la narration de ses exploits, ses récits furent consignés à la fin de ce siècle par quelques écrivains germains et anglais. Cela donna naissance aux aventures du Baron de Munchhausen, car tel était le titre nobiliaire de ce cher Hiéronymus.
Tel Cyrano de Bergerac, Buffalo Bill, D'Artagnan, le personnage acquit davantage sa notoriété par l'art que par sa vie effective, fût-elle bien remplie et riche en péripéties. Après la littérature, le cinéma s'empara donc de ce fameux baron pour conforter son passage à la postérité.
En pleine seconde guerre mondiale, les gigantesques studios allemands de la UFA se signalèrent par le tournage en 1943, sous la direction de Josef Von Baky, des aventures fantastiques du baron de Munchhausen. Un film déjà à grand spectacle, diffusé dans l'Europe sous la tutelle nazie (notamment en France, alors qu'Autant en emporte le vent tourné en 1939 ne fut présenté qu'après la Libération). Lorsqu'il décida d'adapter à son tour cette oeuvre littéraire, plus de 50 ans plus tard, Terry Gilliam fit disparaître dans le titre mais pas vraiment dans sa réalisation l'adjectif "fantastiques". Cela ne l'empêcha pas également de réaliser une oeuvre spectaculaire riche en trouvailles visuelles et empreinte d'une indéniable poésie.
Notez que, dans la distribution réunie par Terry Gilliam, vous aurez la surprise de retrouver aux côtés des anciens Monthy Python, tels Eric Idle, Sting le chanteur de Police, qui avait déjà eu des velléités de comédien (voir Dune) mais aussi l'hégérie de Tarantino, Uma Thurman, sans oublier le facétieux John Neville, très à l'aise dans la peau d'un baron capable des plus incroyables exploits à l'aide de quelques acolytes : Berthold, le coureur le plus rapide qui soit, Adolphus, dont l'acuité visuelle permet des tirs d'une précision incroyable à des distances phénoménales, Gustavus, dont l'ouïe est tout aussi développée et qui, de surcroît, possède un souffle dévastateur, et Albrecht un colosse à la force titanesque. Avec de tels comparses, on comprend mieux qu'un des plus grands mérites de la noblesse fut de toujours bien savoir s'entourer !

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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 10:06

SEMAINE DU 21 AU 27 FEVRIER 2009

 
 Science sans fiction ? 
         Jacks Nicholson, président des Etats-Unis,  en fâcheuse compagnie et en fâcheuse posture dans un divertissement subversif de Tim Burton, Mars Attacks, tourné en 1996. Et si Burton avant tout le monde avait compris que la main mise des Etats-Unis sur le monde, après la disparition du communisme, n'était qu'un leurre ? 
  
Il faut voir les horribles martiens s'attaquer, jeudi 26 février à partir de 20 heures 45 sur Arte, au tout Hollywood pour mesurer combien Tim Burton s'est amusé dans cette farce d'anticipation à dynamiter les conventions du cinéma commercial, tout en s'assurant à lui-même un beau succès... commercial. Jack Nicholson (photographie ci dessus) Glenn Close, Pierce Brosnan (avant qu'il n'obtienne son permis de tuer), Danny Devito, Tom Jones, Annette Bening... tous sont aux prises avec les diaboliques envahisseurs verts que les Etats-Unis d'Amérique s'étaient fait pourtant une joie d'accueillir, au nom d'un melting pot intergalactique. 
En tournant en dérision les films de S-F patriotiques, tels qu'Independance Day, Tim Burton a voulu rendre aussi hommage au cinéma américain des années 50, où l'invasion martienne faisait partie des leitmotiv préférés des scénaristes hollywoodiens. Mais, sous prétexte de futur, le cinéma parle avant tout de ce qui lui est contemporain. Ainsi, nombre d'historiens ont clairement montré que la peur verte constituée par les Martiens des années 50 était davantage une peur rouge constituée par la crainte du communisme susceptible d'envahir la planète. A la fin du XXe siècle, c'est l'Amérique triomphante et assez sûre d'elle (voir l'accueil chaleureux des Yankees vis-à-vis de Martiens fort peu sympathiques au demeurant) que tourne en dérision Tim Burton. On ne peut pas dire que la suite des événements ne lui ait foncièrement donné tort. Comment se débarasser de pseudo-amis un brin envahissants ? Telle est la question que la nation américaine se pose dans ce film d'anticipation qui n'en est pas un, évidemment. 
Sans égaler le côté subservif du cinéma, pourtant beaucoup moins loti en dollars, de John Carpenter (évoquons notamment l'excellentissimeThey Live), Mars Attacks est un film plaisant et spectaculaire. Il a ses inconditionnels, qui y voient un film culte. On peut lui préférer toutefois, sur un thème assez voisin, Starship Troopers de Paul Verhoeven qui allait sans doute beaucoup plus dans le second degré et s'en prenait plus directement au bellicisme américain. Si vous êtes un admirateur de Burton, n'hésitez pas à vous rendre sur ce site francophone dédié à la filmographie du cinéaste, vous y trouverez moult renseignements, analyses et anecdotes. Histoire de vous armer contre une éventuelle agression de Martiens, toujours à craindre, en des temps où l'on aime nous faire miroiter la lune.

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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 17:49

SEMAINE DU 14 AU 20 FEVRIER 2009

 
 Bleus au corps et à l'âme
         Deux films intéressants deux soirs de suite sur Arte dans des genres très différents : Excalibur de John Boorman pour nous replonger dans l'épopée des chevaliers de la Table Ronde (dimanche 15 février à partir de 20 heures 45) et la très belle Chambre des officiers de François Dupeyron, le lendemain au même horaire pour découvrir une autre facette de la Première Guerre Mondiale. 

En 2001, le cinéaste François Dupeyron adapte à l'écran le roman de Marc Dugain, La Chambre des Officiers. Comme beaucoup d'oeuvres romanesques publiées à partir des années 80 (Un long dimanche de fiançailles de Sébastien Japrisot par exemple) , le livre et son adaptation cinématographique s'inscrivent dans le foisonnement historiographique qui entoure la Première Guerre mondiale, dans les pays anglo-saxons et en France. La disparition des derniers combattants a sans doute suscité un engouement fort tant chez les historiens, les artistes que de la part de la mémoire officielle, autour de ce conflit , qualifié a posteriori de "Grande Guerre" ou de "Der des ders". Bien avant la mort de Lazare Ponticelli, le dernier poilu "français", le cinéma a évoqué le parcours singulier des combattants des tranchées vers la violence (Capitaine Conan de Tavernier) mais aussi de ceux que l'on nommait les mutilés ou les Gueules Cassées. C'est précisément le sujet du film de François Dupeyron. L'action se déroule d'abord lors des premiers jours du conflit, en août 1914.  Les hommes partent au front en masse, l’envie d’en découdre avec l’ennemi allemand cimente le pays dans un élan belliqueux et lyrique (voir la scène de la gare au début du film et la photographie ci-dessus). Cette entrée en matière permet de cerner le patriotisme ambiant et l'effervescence qui caractérisa l'entrée en guerre. Mais selon les historiens, l'enthousiasme n'était pas le sentiment dominant pour partir en guerre, contrairement à ce qui a été longtemps affirmé. Le film de Dupeyron quitte cependant très vite les terrains de combat de cet été 1914 pour suivre le parcours d'Adrien (interprété par Eric Caravaca),  jeune lieutenant qui s’apprête à rejoindre son poste d’affectation. A la gare, il a juste le temps de rencontrer Clémence et de passer la nuit avec elle. Sur le terrain des combats, sa première équipée de reconnaissance à cheval à peine commencée, un obus éclate. Il se réveille une semaine plus tard dans une ambulance en route vers l’hôpital du Val-de-Grâce. Il ne peut plus parler, ne sent plus ses dents, un trou béant lui ouvre le visage, le palais a disparu… Ses traits, naguère harmonieux et séduisants, ont été transformés en un masque hideux… Commence alors le long chemin de la convalescence mais aussi de l'acceptation de soi, au sein de la "chambre des officiers" de cet hôpital parisien.
A la laideur du visage meurtri du personnage principal, s'oppose la beauté des prises de vue et de la photographie du film qui paraît  chercher constamment à "protéger" le héros du regard horrifié et compatissant d'un spectateur voyeur. Bien plus qu'une reconstitution d'époque soignée et un peu vaine, La Chambre des Officers est  une brillante réflexion sur le rapport qu'entretiennent nos sociétés actuelles avec les conflits, dont on cherche à masquer les effets pour mieux les oublier. En cela, il s'agit bien d'un film du XXIe siècle que l'on peut utiliser avec des élèves pour en analyser les procédés de mise en scène et montrer notre approche singulière d'un conflit presque centenaire. La chute du film est aussi un beau moment, à ne pas manquer, sur l'acceptation des différences de l'autre.

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