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UN BLOG PARMI D'AUTRES POUR FACILITER LES RELATIONS, LES ECHANGES AVEC LES HEUREUX JEUNES GENS QUI ONT LE PLAISIR DE SUPPORTER G. SABATIER QUELQUES HEURES PAR SEMAINE ! QUE LA FORCE SOIT AVEC CEUX QUI CONTRIBUERONT A CE BLOG ET A CELUI QUI TENTERA DE LE FAIRE VIVRE !  POUR QUE TOUS SUIVENT LA ROUTE DE L'HISTOIRE-GEOGRAPHIE

Un bout de chemin ensemble...  (photo personnelle - 2005)

PASSANTS DU BLOG

20 novembre 2007 2 20 /11 /novembre /2007 20:23

Peut-être avez-vous entendu parler "du fameux questionnaire de Proust", dont des versions plus modernes (et parfois beaucoup plus longues aussi) circulent dans certains blogs ? 
Je vous soumets aujourd'hui une partie des réponses apportées par un grand personnage historique. En espérant que vous saurez le retrouver grâce à ce questionnaire qui permet de cerner la personnalité  : 

 "Votre vertu préférée : La simplicité
Votre vertu préférée chez un homme : La force
Votre vertu préférée chez une femme : La faiblesse
Votre trait caractéristique principale : La ténacité
Votre idée du bonheur : Combattre
Votre idée du malheur : La soumission
Le défaut que vous pardonnez le plus : La crédulité
Le défaut que vous détestez le plus : La servilité
(...) Couleur favorite : Le rouge
Nom favori : Laura, Jenny 
Plat favori : Le poisson
Maxime favorite : Rien de ce qui est humain m’est étranger [Nihil humani a me alienum puto]
Devise favorite : Douter de toute chose [De omnibus dubitandum]"


De qui s'agit-il ? Quelle idéologie défendait-il ? Si vous avez besoin d'un rappel sur les différentes idéologies de l'âge industriel, allez voir le travail réalisé par Cindy P. (Première S1)

Pour vous aider, vous pouvez aller à l'écoute, en ces temps de manifestations et de grèves, d'un chant fort célèbre, dont les paroles furent écrites par Eugène Pottier et la partition réalisée par Pierre Degeyter...
Ce site vous permettra en plus d'en avoir différentes versions, en différentes langues (j'ai un penchant pour le danois, mais c'est très personnel !). Aux dernières rumeurs, il n'est pas encore prévu que les participants à la Star Ac en présentent une nouvelle version. Je ne pense pas qu'il faille le regretter...

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17 novembre 2007 6 17 /11 /novembre /2007 23:41

Le début de la fin des idéologies 

  SEMAINE DU 10 AU 16 NOVEMBRE 

Reds.jpg
  Encore une semaine très dense sur le petit écran. La faute à Arte qui persévère avec la diffusion des films du grand Kubrick (Orange Mécanique, 2001, l'Odyssée de l'espace...) et nous réserve le magnifique Reds de Warren Beatty avec Diane Keaton pour dimanche soir.

Suite de la diffusion des grands chefs d'oeuvre de Kubrick sur Arte. Vous avez envie de musique classique : cette semaine est faite pour vous. Du beau Danube bleu dans l'espace ou d'Ainsi parlait Zarathoustra pour les singes préhistoriques, à la 9ème symphonie de Beethoven et à la Pie voleuse de Rossini pour accompagner les frasques d'agités du bocal (les Droogs), 2001 l'Odyssée de l'espace (un film rattrapé par l'histoire !), Orange Mécanique vous montreront comment en 2 ans, quand on est un grand cinéaste, on peut faire semblant de réaliser un film de science-fiction et un drame social. Rendez-vous donc lundi 12 novembre à 20 heures 40 et mercredi 14 novembre à 23 heures 30 sur Arte. 
Mais la chaîne franco-allemande nous permet aussi de faire un détour par d'autres cinémas, en mettant à l'honneur la magnifique fresque de l'acteur-réalisateur Warren Beatty Reds dimanche 11 novembre au soir à partir de 20 heures 40. Reds retrace l'histoire d'un journaliste, John Reed, gagné aux idéaux marxistes dans l'Amérique du début du XXe siècle. John Reed tenta, après la première guerre mondiale, de créer un parti inspiré de principes communistes aux Etats-Unis, le Communist labour party of America. Le film retrace à la fois le tumultueux parcours politique et sentimental de cet homme, qui confronta ses idées à la fois aux réalités du capitalisme américain mais aussi de la révolution bolchévique en URSS. Une épopée individuelle transportée par le cinéma hollywoodien... Une belle tranche d'histoire reconstituée avec lyrisme mais qui permet de mieux connaître les idéologies et leur confrontation avec la raison des Etats. A ce sujet, on pourra aussi profiter d'un autre film de Kubrick, d'un genre complètement différent avec la diffusion de Docteur Folamour  interprété par un Peter Sellers tellement en forme qu'il joue aussi deux autres personnages, jeudi 15 novembre à partir de 20 heures 40, toujours sur Arte. Avec un humour grinçant et un art consommé de la dérision, le cinéaste britannique osculte les fondements de la guerre froide et renvoie dos à dos ou plutôt bombe à bombe les deux grands modèles idéologiques des années 60... Pour tourner en ridicule les dirigeants américains et soviétiques et leurs états majors, Kubrick avait envisagé terminer son film par une gigantesque bataille... de tartes à la crème. Finalement, ce ne fut pas cette scène qui fut choisie au moment du montage. Et, je vous laisse le soin de découvrir celle qui la remplaça. 
 

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14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 18:12

bousquet.jpg

 René Bousquet interprété par Daniel Prévost ou l'art de n'être pas celui que l'on a été.. 

Arte diffusera vendredi 16 novembre prochain un téléfilm intéressant autour de la personnalité complexe de René Bousquet, ancien secrétaire général à la police du régime de Vichy... Comment un homme rattrapé par l'histoire peut-il composer avec son passé ? Cette question sera au coeur de ce film de Laurent Heynemann, comme elle le fut en son temps, pour le film de Constantin Costa-Gavras, Music Box (1989). 
Mais ici, il ne sera pas question de la traque aux anciens criminels nazis mais bien de la volonté de rejuger (puisque Bousquet avait déjà pour son passé dans la collaboration d'Etat été jugé et acquitté par les tribunaux de l'épuration en 1949) un fonctionnare français (ancien préfet de la IIIe République, comme un certain Jean Moulin), qui aurait eu, notamment, la responsabilité de l'organisation de la rafle du vélodrome d'Hiver en juillet 1942. Mais le plus fascinant chez ce personnage reste son aura politique, économique, médiatique.., qui le conduisit à diriger un journal, une banque et à promouvoir en 1974 la campagne électorale d'un candidat à la présidence de la République française, un certain François Mitterrand.  

Le site de la chaîne franco-allemande précise : "Dans le rôle de Bousquet, Daniel Prévost campe, tout en retenue, un homme vieillissant pétri de certitudes, qui brandit comme un étendard sa conviction du devoir accompli. Un criminel ordinaire face auquel Ludmila Mikaël incarne la mémoire juive, qui revient par étapes. Inculpé en 1991 de crimes contre l’humanité, avant d’être assassiné deux ans plus tard par un déséquilibré, René Bousquet ne sera jamais jugé. De ce procès volé, instruit à charge comme à décharge, le film restitue justement les éléments. “Après les films de dénonciation puis ceux d’émotion, de mémoire et de pathos, il est temps de gratter, souligne le réalisateur, afin de raconter des histoires porteuses de leçons pour l’avenir.” "

Pour mieux connaître le" personnage" et ainsi en profiter pour compléter le cours sur les mémoires de la seconde guerre mondiale, je vous invite à vous pencher sur
cette page du CRDP de Champagne-Ardennes qui s'est fait une spécialité d'aborder les problèmes et les enjeux autour de la mémoire...  Vous verrez notamment comment la mémoire de ce personnage trouble a été mystérieusement effacée du département de la Marne dans lequel il a pourtant officié !

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10 novembre 2007 6 10 /11 /novembre /2007 20:29

Overbooké en ciné 

SEMAINE DU 3 AU 9 NOVEMBRE 

Barry-Lyndon.jpg
 Quand Arte décide de programmer une intégrale Kubrick, que TF1 programme le grand Kill Bill et que France 2 en même temps diffuse l'un des films les plus aboutis des frères Coen... Cela fait beaucoup et la liste n'est pas close ! Mais ne boudons pas notre plaisir et consacrons avant tout 3 heures magnifiques lundi soir à accompagner Barry Lyndon sur les routes de l'Europe du XVIIIe siècle en guerre.  

On ne va pas s'ennuyer à la télévision pour la semaine qui s'annonce. Dès dimanche 4 novembre, c'est un choc frontal entre France 2 et TF1, tard en soirée (après 23 heures) entre Kill Bill volume 1 de Quentin Tarantino avec un David Carradine encore un peu effacé... contre Miller's Crossing des frères Coen avec un Gabriel Byrne très en forme. Impossible de trancher tant les deux films à partir de situations archi visitées par le cinéma développent des trésors d'invention et présentent des scènes jubilatoires. Que vous vouliez venger la veuve et l'orphelin(e) ou profiter de la prohibition pour asseoir votre domination, il vous faudra pourtant bien procéder à un choix difficile. 
Vous aurez moins d'état d'âme le lendemain avec la diffusion de l'immense Barry Lyndon de Kubrick (Arte, 20 heures 40). Un grand choc visuel d'abord que votre écran 36 centimètres aura peut-être du mal à bien retranscrire. Hommage à la peinture (des paysagistes anglais et hollandais aux scènes d'intérieur à la française), réflexion sur les rapports entre les histoires individuelles et l'Histoire (inoubliable épilogue où tout est dit...), Barry Lyndon est peut-être le plus grand film sur l'art et l'histoire. A ne rater sous aucun prétexte ou vous aurez droit à la Sarabande d'Haendel jusqu'à la fin de vos jours sur vos MP3... Si vous n'êtes pas rassasié, sachez qu'Arte, après les 3 heures de ce grandiose spectacle, continue à nous plonger dans les arcanes de l'histoire et du destin singulier des hommes qui la vivent avec la diffusion d'un documentaire intitulé La courte vie du marine José Antonio Guitterez, documentaire allemand de 2006, qui n'est autre que le portrait du premier soldat américain mort en Irak : un guatémaltèque sans papiers... Là aussi, tout est dit !
Ensuite, vous aurez tout le reste de la semaine pour vos remettre de vos émotions et en vivre peut-être d'encore plus belles, en empruntant, toujours avec Kubrick, les sentiers de la gloire,  afin de toucher du bout des doigts  l'inhumanité du premier conflit mondial et pleurer avec les soldats des tranchées sur l'air d'une chanson allemande (jeudi 8 novembre, Arte, 20 heures 40)...  Si vous avez encore quelque force, alors accordez-vous Le Temps de la colère, vendredi 9 novembre sur France 3 à partir de 14 heures 50, oeuvre de Richard Fleisher proposant une vision très singulière du conflit dans le Pacifique lors de la Seconde Guerre Mondiale. Ensuite, laissez reposer et attendez quelques centaines d'années avant de revoir autant de bonnes choses en si peu de temps (qui passe) à la télévision.

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3 novembre 2007 6 03 /11 /novembre /2007 23:17
"C'est la guerre, petit. Déjà ?"
 
SEMAINE DU 27 OCTOBRE AU 2 NOVEMBRE 

FullMetalJacket.jpg
 Pour éviter de retenir d'un film seulement une réplique (Sire yes, sire), n'hésitez pas à revoir Full Metal Jacket,  de Stanley Kubrick (1987). Une réflexion sur la guerre dans ce qu'elle a de plus moderne : la négation de l'autre et de l'ennemi.   

Full Metal Jacket est un de ses films que l'on aime réduire à une réplique, celle que ne cessent de beugler les recrues à leur chef bien aimé, le sergent Hartman (Lee Ermey en photographie). Il y a donc urgence à revoir cette oeuvre majeure de Stanley Kubrick, jeudi 1er novembre à 20 heures 40 sur Arte. Le cinéaste avait déjà réalisé à sa manière des films de guerre mais en détournant les codes (Les sentiers de la gloire, Docteur Folamour, voire Barry Lindon), comme il l'avait fait pour la science fiction ou le film d'horreur. Pour Full Metal Jacket, la première impression qui se dégage est pourtant de retrouver les ingrédients essentiels du film de guerre. Le ciné club de Caen livre une précieuse et précise analyse du film, en insistant sur cette volonté de Kubrick de respecter cette contrainte tout en la transcendant par une réflexion sur la soumission et la violence. Ainsi la fin du film tournée dans les studios londoniens  (alors que l'action se déroule au Vietnam) nous montre-t-elle les nouvelles facettes de la guerre moderne : celle où l'on traque l'ennemi, sans même en apercevoir son visage. Magnifique anticipation de Kubrick ! On ne verra donc jamais le visage de l'adversaire viet-cong que combattent les jeunes soldats endoctrinés, mais on apercevra simplement un fusil qui pointe ou une caméra qui filme... La guerre est bien inhumaine, chez Kubrick comme aux 20 heures.

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21 octobre 2007 7 21 /10 /octobre /2007 11:50

Docs choc  

SEMAINE DU 13 AU 19 OCTOBRE 

Courber.jpgDe qui s'agit-i ? De Courbet par Courbet, sans aucun doute ! Rendez-vous vendredi 19 octobre, une grande soirée de documentaires, entre navire porte-conteneur, peintre réaliste et sinistre réalité. Faites vos choix !    

Pour la semaine prochaine, je mise personnellement toutes mes billes cathodiques sur le vendredi 19 octobre, où trois documentaires de qualité s'annoncent entre France 3 et Arte. D'abord, on pourra embarquer avec le porte-conteneurs de Thalassa, La Tour, qui réalise un tour du monde (excellente escale la semaine dernière à Panama). Ce vendredi, c'est l'Asie Pacifique que l'on traversera et qui s'ouvrira à nos yeux esbaudis. On pourra alors atteindre l'Océanie avec Sydney, sans avoir fait une halte par les territoires d'outre mer français Wallis et Futuna, deux îles administrées par la république française regroupant 15.000 habitants et gouvernées en plus de notre président par des rois ! On pourra d'ailleurs vérifier si Cécilia n'a pas quitté l'Elysée pour Wallis ou Futuna. 
A peine digérée cette magnifique escapade, on pourra revenir en France, en admirant le magnifique peintre qu'a été Gustave Courbet, dont beaucoup d'oeuvres sont exposées au musée d'Orsay. C'est Arte qui nous propose 2 documentaires à partir de 22 heures 10, jouant sur les mots du titre d'une célèbre oeuvre longtemps dissimulée du peintre : Les origines de son monde / L'origine du monde. A l’occasion de la rétrospective qui lui est consacrée au Grand Palais, la Thema d'Arte nous permettra de découvrir l’univers de Gustave Courbet, "peintre du vrai", homme de rupture et artiste engagé.
Enfin, on pourra retourner sur France 3 à partir de 23 heures 15 pour un poignant documentaire intitulé : Un corps sans vie de 19 ans, de Mosco Boucault (2007). Une mort trop ordinaire, celle d'une jeune fille bulgare prostituée de 19 ans retrouvée morte en 1999 dans un quartier périphérique de Paris. Une mort  loin de Wallis et Futuna, une mort sale mais aussi le portrait d'une souffrance, la reconstitution du parcours d'une jeune fille échouée en France et rattrapée par la cruauté du monde. Qu'en aurait fait Gustave Courbet s'il avait été encore parmi nous, un nouvel enterrement à Ornans ?

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15 octobre 2007 1 15 /10 /octobre /2007 22:03
Le Bulletin officiel de l'éducation nationale en date du 30 août 2007 demande que, le 22 octobre 2007, un texte retranscrivant la lettre rédigée en 1941  par un jeune communiste à l'attention de sa famille, quelques instants avant d'être passé par les armes par l'occupant allemand, soit lu aux lycéens de France. 
Cette demande, qui a germé dans l'esprit d'un candidat à l'élection présidentielle, devenu depuis président, a suscité et suscite encore de nombreux débats parmi les intellectuels, les médias et les professeurs (notamment mais pas exclusivement d'histoire-géographie). 
A quelques jours de la date de la lecture en classe, la problématique est la suivante : "faut-il lire ou non la lettre de Guy Môquet et appliquer ainsi une directive ministérielle ?"

Le site Histoire et Mémoire des deux guerres mondiales hébergé par le CRDP de Champagne-Ardenne et animé par Jean-Pïerre Husson est à ce jour celui qui offre le plus de ressources pour bien connaître le document historique, son auteur, le jeune Guy Môquet, mais aussi les différentes phases de la polémique qui a résulté de cette demande ministérielle.

On pourra aussi bien cerner les arguments de ceux qui réclament une grande prudence pour ne pas dire une défiance à l'égard de cette commande institutionnelle, en consultant le site du comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire (CVUH). 

Sarko-et-guy-m--quet.jpg
Comment un jeune militant communiste, mort il y a plus de 60 ans, se retrouve au centre d'une polémique brouillant une nouvelle fois de plus les frontières entre histoire, mémoire et repentance officielle. Ici, le nouveau président de la République, évoquant lors d'un hommage aux martyrs de la Résistance, la lettre de Guy Môquet
 

Comme professeur d'histoire-géographie et comme fonctionnaire d'Etat, j'ai reçu comme tous mes collègues cette commande. Faut-il ne pas y répondre et donc d'une certaine manière désobéir ? Pour avoir organisé avec des classes de troisième, des élèves de seconde, première et Terminale, à trois reprises un travail de réflexion sur la résistance et la déportation, dans le cadre du concours national (en 2001, 2004 et 2005), j'avoue que je suis gêné que l'Etat utilise la contrainte plutôt que l'incitation pour tout ce qui touche à des questions mémorielles. Mon premier réflexe (qui ne serait pas un modèle de vertu républicaine...) consisterait à dire : puisque c'est obligatoire, je ne le ferai pas. La contradiction qui reste à surmonter est que j'essaye de respecter le plus possible les instructions officielles pour mes cours et que tout enseignant sait très bien qu'il ne fait tout au long de l'année que répondre à des directives ministérielles, dès qu'il met en oeuvre des programmes scolaires... Pourquoi pas une fois de plus ? 


Il faut dire, en toute honnêteté, que le 22 octobre, je n'interviens pas devant mes classes de lycée mais je trouve toutefois un peu facile de m'en tirer à si bon compte, surtout lorsque un chapitre du programme des classes de Terminale L et ES se nomme : "bilan et mémoires de la seconde guerre mondiale en France". Or, voilà bien un acte commémoratif qui s'inscrit en plein dans les rapports houleux et difficiles entre l'histoire et la mémoire ou les mémoires qui n'ont pas manqué de surgir ces dernières années (aspect positif de la colonisation, loi Taubira sur la traîte négrière et l'esclavagisme...)

Ainsi, ai-je décidé de proposer à mes élèves de Terminale L, de travailler sur la lettre de Guy Môquet en m'appuyant sur le texte lui-même, mais aussi sur d'autres documents tirés des pages de Jean-Pierre Husson notamment. Peut-être que cette démarche sera une belle occasion de réfléchir avec les élèves à la manière dont on fait l'histoire en nous  posant quelques questions : 

- si j'étais historien(ne), que m'apprendrait la lettre de Guy Môquet ? 
- pourquoi ce document suscite-t-il autant d'affrontements et de prises de position politiques ? 
- est-ce que l'historien, le prof, les élèves doivent se plier aux injonctions d'une mémoire officielle ? 
- est-ce à partir de la mémoire officielle que l'on peut enseigner l'histoire ? Un Etat n'a-t-il pas malgré tout besoin d'une mémoire officielle ? 

Certes, je me doute bien que nous n'aurons que quelques ébauches de réponse à ces questions mais le jeu en vaut peut-être la chandelle (métaphore rugbystique...)  et si en plus, on pouvait profiter de l'occasion pour récolter l'avis de ceux à laquelle s'adresse la lecture de cette lettre, c'est à dire les lycéens... et bien je crois que cet exercice historico-mémoriel ne serait pas tout à fait vain !!!

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Published by SABATIER - dans DIVERS ET VARIES
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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 21:20

Prenons par anticipation des vacances (bien) méritées

SEMAINE DU 6 AU 12 OCTOBRE 

vacances-de-monsieur-hulot.jpgRetourner le temps d'un dimanche soir sur une plage avec ses cabines de bain, sur les traces laissées il y a près de 60 ans par  Monsieur Hulot, après avoir silloné au bord de son tacot les routes de notre vieille France... Respirez les embruns que vous envoie Arte !    

Si les journées raccourcissent, ces semaines automnales me paraissent pourtant particulièrement chargées... Heureusement qu'Arte pense à nous et nous offre un dimanche au bord de mer avec le lunaire Monsieur Hulot. Les vacances de Monsieur Hulot (1949)  sera, en effet, diffusé le 7 octobre à partir de 20 heures 45. Si Monsieur Hulot n'est guère doué de paroles, il reste pourtant l'un des monuments burlesques du cinéma français. Loin du bavardage parfois plombant des films prétendûment comiques français, ce personnage, interprété par le réalisateur-scénariste Jacques Tati, avait en lui la vis comica. Il faut voir cet étrange échalas confiné dans son tacot improbable que n'aurait pas renié un Gaston Lagaffe. Quant à ses frasques balnéaires, ils restent un monument du genre burlesque. Les films de Tati frappent aussi par leur humanité avec un humour débarrassé de tout cynisme, éloigné de tout mépris. Ils frappent aussi par leur construction narrative qui ne se contente pas d'une juxtaposition de gags. On peut trouver cela gentillet. On peut trouver cela ringard. On peut trouver cela naïf. On peut aussi partir en vacances pendant une heure et demie avec Monsieur Hulot en retouvant en lui une part de nous-mêmes que l'on cherche toujours un peu à refouler !

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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 10:46

Dans le cadre du bilan de la seconde guerre mondiale, une élève de la classe, Kalpita, a apporté ce matin une archive intéressante, datée du mois de novembre 1944, présentant des extraits du journal officiel du régime de Vichy, émanant du ministère de la Santé Publique. Il est impossible de dire si le document dactylographié est contemporain des faits qu'il présente apparemment. Retrouvé dans un livre, le document porte des perforations à droite, indiquant visiblement qu'il devait être  rangé dans un classeur... S'agit-il d'un exercice de dactylographie ? Emane-t-il de l'administration de Vichy ou bien de la résistance qui, par une forme de pastiche, voulait dénoncer la politique mise en place par ce régime ? Toujours est-il qu'il nous présenterait une partie de l'oeuvre législative du régime du maréchal Pétain, qui, en cet automne 1944, était à l'agonie (rappelons que la libération du territoire français avait débuté dès juin 1944 et que la région lyonnaise et stéphanoise étaient déjà libérées). 

regime-de-vichy.jpg

 

Le document est difficilement lisible mais certains articles ont un contenu édifiant et à bien des égards fortement suspect  :
Article I : Chaque famille française doit avoir au moins trois enfants. 
Article 4 : Au cas où seule la femme serait improductrice, le mari sera tenu d'accomplir avec toute autre femme de son choix et au moins une fois par mois le devoir national. Afin d'éviter toute débauche, l'opération se fera devant deux témoins assermentés qui s'assureront de l'exécution de l'acte. 
Article 9 : Tout sujet masculin requis par une femme en vue du Devoir National pendant les heures de travail est en droit de réclamer, soit des indemnités compensatrices, soit des dragées vitaminées.

Se pose alors pour l'historien le problème de la véracité de la source. Plusieurs indices, outre le caractère grotesque de certains articles, semblent mettre en doute l'exactitude du contenu de ce document : 
- la mention "extrait du journal officiel du 20 novembre 1944" pose problème. Sur le site du ministère de la justice consacré au journal officiel, on peut lire les informations suivantes :  "Sous le régime de Vichy, le Journal officiel s'intitule Journal officiel de l'Etat français. Il est publié successivement à Tours, Pau, puis, du 1er juillet 1940 au 21 Août 1944, à Vichy. (...) Le Journal officiel de la République française reparaît en une édition unique, sous la IVème République, à Paris le 8 septembre 1944 et il est rattaché à la Présidence du Gouvernement le 2 novembre 1944. Depuis, il n'a pas subi de changement majeur". Donc, il ne paraît plus de journal officiel pour le gouvernement de Vichy le 20 novembre 1944. 
- le terme de rénovation nationale fait bien référence à un versant de la politique de l'Etat de Vichy. Son objectif était, en effet, de construire une société nouvelle, de faire la "rénovation nationale". Le terme est emprunté au vocabulaire politique des mouvements d'extrême droite mais il est surtout utilisé au début du régime de Vichy, en 1940. 

Qu'avons-nous sous les yeux : une véritable archive de l'époque émanant du pouvoir politique ou au contraire de la Résistance sapant par l'ironie le contenu nataliste de Vichy ? un document postérieur et mystificateur ?  Les historiens spécialistes de l'époque pourront certainement apporter leur réponse pour dire à Kalpita si elle possède ou pas un document de la fin de la guerre mondiale...

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6 octobre 2007 6 06 /10 /octobre /2007 21:05
Deux chefs d'oeuvre ou l'état des lieux du cinéma au début des siècles
 
SEMAINE DU 30 SEPTEMBRE AU 5 OCTOBRE 

Intol--rance.jpg
Qu'est-ce qu'un chef d'oeuvre du cinéma ? Sans doute le film intemporel, qui comme le grand roman ou le beau poème, arrive à parler à tous, au-delà de l'usure du temps... En tout cas, c'est Arte qui donnera la réponse cette semaine avec la diffusion de Muhlolland Drive de David Lynch et d'Intolérance de David W. Griffith. 

Coup double cette semaine : deux films exceptionnels diffusés par la chaîne franco-allemande Arte. Ce sera d'abord le film de David Lynch, Mulholland Drive (2001) qui pourrait augurer ce que pourrait être le cinéma du début du XXIe siècle, un art à la croisée des chemins, des récits et des influences... Mulholland Drive c'est un hommage appuyé à tous les grands classiques hollywoodiens mais aussi une oeuvre foisonnante sur la passion (de l'art, de l'autre...). Un film qui a fait parler autant de lui (voir par exemple, son site non officiel dont l'ambition n'est ni plus ni moins que de percer les mystères du scénario) sans tomber dans le scandale à la petite semaine, mérite, à coup sûr, d'être, dès que l'occasion s'en présente, à nouveau redécouvert, ne serait-ce que pour tomber encore plus dans un abyme de perplexité. 
Mais si le cinéma du début du XXIe siècle mérite toute notre attention, que dire alors de celui du début du XXe siècle, à peine 20 ans après les premières projections Lumière ? Et là, Arte frappe un grand coup avec la diffusion intégrale (plus de 3 heures !) du chef d'oeuvre muet de D.W. Griffith, Intolérance (1916). Intolérance ou comment Griffith, après Naissance d'une nation, écrit, sous les yeux du spectateur américain, la grammaire de l'art cinématographique : sens du récit, héroïsation des personnages pour faciliter l'identification des spectateurs, capacité à mêler plusieurs intrigues au coeur d'une même oeuvre... Intolérance c'est ni plus ni moins que la chute de Babylone, la nuit de la saint Barthélémy, la passion du Christ et ... la vie misérable d'une ouvrière américaine. Comment tout cela est-il possible ? Pour avoir la réponse, il vous faudra veiller tard jeudi 4 octobre au soir (20 heures 40 - 23 heures 40) !

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