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UN BLOG PARMI D'AUTRES POUR FACILITER LES RELATIONS, LES ECHANGES AVEC LES HEUREUX JEUNES GENS QUI ONT LE PLAISIR DE SUPPORTER G. SABATIER QUELQUES HEURES PAR SEMAINE ! QUE LA FORCE SOIT AVEC CEUX QUI CONTRIBUERONT A CE BLOG ET A CELUI QUI TENTERA DE LE FAIRE VIVRE !  POUR QUE TOUS SUIVENT LA ROUTE DE L'HISTOIRE-GEOGRAPHIE

Un bout de chemin ensemble...  (photo personnelle - 2005)

PASSANTS DU BLOG

8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 20:27

Pour compléter la correction du devoir facultatif qui sert de cours sur l'étude de la Russie, je vous invite à consulter les liens suivants. 

D'abord pour réaliser le croquis avec sa légende, vous pouvez vous rendre sur ce site d'un collègue d'histoire-géographie. On peut également trouver des travaux réalisés par des élèves d'excellente qualité : en voici un exemple

Si vous souhaitez vous procurer des schémas intégrables à une composition : voici la ressource qu'il vous faut. La Russie et bien d'autres cartes au programme de terminale sont également disponibles à cette adresse. Idéal pour réviser. 

BONNES REVISIONS A TOUS !!!

 

Une carte issue d'un excellent article du blog de Richard Tribouilloy destiné à ses Terminales

russie1.jpg

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 20:42

 

CORRECTION DE L’ENSEMBLE DOCUMENTAIRE

SUJET 2 : L’EUROPE RHENANE : UN ESPACE CENTRAL EN EUROPE ?

 

Trois défauts principaux :

-        une mauvaise délimitation de l’Europe rhénane qui se limite aux espaces traversés par le Rhin et ses affluents. Très souvent cette partie de la mégalopole est confondue... avec la mégalopole entière. Paris, Londres, Milan et encore moins Nice ou Prague, voire Berlin ne font partie de l’Europe rhénane même si ces métropoles ont des relations avec elle.

-        L’absence de maîtrise de la méthode pour la réponse organisée : l’introduction doit être courte et s’achever par la problématique donnée par le sujet mais aucune copie n’a expliqué l’expression importante : «espace central ». Comment répondre à la question sans donner une définition ?

-        L’absence ou le peu de connaissances personnelles apportées dans la réponse organisée : les conurbations, la reconversion des activités plus ou moins réussie, les aménagements intégrant Rotterdam dans la mondialisation mais posant des problèmes de développement durable... Répéter les réponses aux questions du premier exercice est lourdement pénalisé à l’examen.

PARTIE I : Réponse aux questions

1. L’Europe rhénane est définie par rapport au bassin fluvial du Rhin qui prend sa source au Nord de la Suisse, s’écoule entre France (Alsace, Lorraine) et l’Allemagne, traverse du Sud au Nord l’Ouest de l’Allemagne  et trouve son embouchure à Rotterdam aux Pays-Bas. Les Flandres belges avec notamment l’affluent de la Meuse sont rattachées aussi à l’Europe rhénane. Le Rhin peut constituer une frontière naturelle entre certains Etats et il a structuré tout un ensemble de villes de part et d’autre du lit du fleuve qui fut longtemps difficilement franchissable.
2. Les réseaux de communication structurent l’espace rhénan :

- par leur diversité : transport fluvial, routier, ferroviaire et aéroportuaire

- par leur complémentarité : passage du trafic maritime au trafic fluvial avec des voies navigables supportant de grands gabarits, passage du fret maritime au fret ferroviaire avec la ligne Betuwe inaugurée en 2007.

- par l’ouverture de cet espace sur une façade maritime dynamique : la Mer du Nord.

3.  Le réseau urbain est très dense avec une concentration de villes importantes sur un espace restreint (plus fortes densités européennes). On note la présence de trois conurbations (Rhin/Ruhr, Rhin/Meuse, Randstad Holland). Ces villes sont souvent des métropoles qui exercent un rayonnement important notamment au sein de l’Union européenne (capitales institutionnelles) ou dans l’espace mondial (Genève qui accueille des services de l’ONU et le siège d’une grande ONG).

4. Les facteurs de la puissance de l’axe rhénan :

- un réseau de communication dense et diversifié

- des métropoles nombreuses spécialisées dans les activités industrielles lourdes mais aussi dans les activités de recherche et de hautes technologies, notamment en Allemagne de l’Ouest.

- des sièges sociaux d’entreprises à l’Ouest de l’Allemagne et tout un réseau de filiales liées à des FTN.

- une situation géographique exceptionnelle avec un carrefour naturel de communication (plaine et vallée fluviale) doublée par l’appartenance de nombreux pays traversés aux fondateurs de l’Union européenne (exception de la Suisse).

Conclusion : l’Europe rhénane est bien une partie de la mégalopole européenne.

5.  Les limites :

- un manque de rayonnement politique surtout dans le contexte de l’élargissement européen vers l’Est.

- des problèmes de saturation au niveau des transports (problèmes d’encombrement et de pollution).

- un manque de métropoles au rayonnement international comme Paris et Londres, peu de sièges sociaux par rapport à ces autres espaces de l’Europe.

- une reconversion industrielle et technologique inégale

 

PARTIE II : Réponse organisée

Introduction : l’Europe rhénane est un espace de jonction entre Europe du Nord et Europe du Sud. Son développement a des origines médiévales et son poids a été renforcé également à la fois par l’industrialisation du XIXe siècle et la construction européenne à partir des années 1950. Elle semble constituer un espace central en Europe, c’est à dire un espace de direction qui concentre les hommes, les activités et les richesses. Mais cette suprématie n’est-elle pas remise en cause ? Peut-on encore affirmer que l’Europe rhénane est un espace central en Europe ?

 

DEVELOPPEMENT

A. UN ESPACE CENTRAL EN EUROPE, ELEMENT DE LA MEGALOPOE EUROPEENNE

1. Une position centrale au cœur de l’Europe mise en valeur par un réseau urbain et un réseau de transports dense.

2. Un espace ouvert sur l’Europe et... sur le monde (façade maritime de la Mer du Nord)

3. Un espace industriel riche qui s’est développé avec l’industrie lourde et qui s’affirme aujourd’hui dans les industries de pointe et les services de haut niveau (exemple : la Ruhr).

4. Un espace faisant partie de la mégalopole européenne : un espace où se concentrent les affaires et où se prennent les décisions : cœur économique de l’Europe et de l’U.E (les pays les plus riches, sièges des organisations internationales, des organisations de l’U.E, places financières, sièges sociaux et filiales des FTN)...

 

B. UN ESPACE PLUS FRAGMENTE ET MOINS PUISSANT QU’IL N’Y PARAIT

1.  Une division politique héritée de l’histoire qui peut réduire l’influence (membres de l’U.E mais pas tous : cf Suisse). Un poids politique moindre par rapport à d’autres parties de certains Etats (exemple : Berlin capitale de l’Allemagne depuis 1990 a remplacé Bonn pour la RFA).

2. Une diversité de situations avec des espaces ayant des problèmes de reconversion industrielle : la Lorraine, la Wallonie (taux de chômage encore élevé). Toute l’Europe rhénane n’est pas un espace de richesses.

3. Un espace menacé de saturation : problème de la lourdeur du trafic concentré sur l’axe rhénan, pollution, problème de l’extension du port de Rotterdam pour renforcer sa place dans la mondialisation mais qui pose des problèmes environnementaux et sociaux. Tendance à développer les axes de transport en marge de l’axe rhénan menacé de saturation (ex : plateforme multimodale de Dourges dans le Nord Pas de Calais).

4. Une position centrale remise en cause avec l’élargissement de l’UE vers l’Est et le poids important des deux métropoles européennes de rang mondial (Paris et Londres) qui nuisent au rayonnement de l’Europe rhénane :  à peine 20% des sièges sociaux des entreprises européennes se trouvent dans cette partie de l’Europe.

 cologne.jpg

LE RHIN A COLOGNE (Allemagne)

 

CONCLUSION : un passé et une situation géographique qui ont fait de cette région européenne le poumon de l’Europe et notamment de l’U.E mais cette suprématie encore manifeste connaît de plus en plus de limites... de nouveaux aménagements sont nécessaires mais difficiles à réaliser sans compromettre le cadre de vie des populations qui sont densément concentrées dans cet espace. L’Europe rhénane est un centre de l’Europe à la croisée de tous les enjeux du développement durable. 

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 17:02

Le travail est  à réaliser à partir du document 1 page 248 (revendications des étudiants hongrois en 1956)


1. Présentez le document

2. Il est fait allusion au 2ème paragraphe à un parti politique : quel est-il ? quel est son rôle dans une démocratie populaire comme la Hongrie ? 

3. Quels changements réclament les étudiants dans les rapports entre la Hongrie et l'URSS ? 

4. Quel modèle idéologique les étudiants souhaitent-ils voir mis en place ? Justifiez. 

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 12:49

Voici la correction du devoir d'histoire du 26 avril centré sur l'épreuve mineure d'histoire (commentaire d'un document historique)...  Les passages en italique n'étaient pas attendus. 

 

POUR LE VENDREDI 7 MAI, CHAQUE ELEVE EN FONCTION DE LA CORRECTION QUI SUIT DEVRA EVALUER SON TRAVAIL ET INDIQUERA SON EVALUATION CHIFFREE AU PROFESSEUR. LE SUJET EST DISPONIBLE ICI

 

Exercice A : Questions de cours

1.      1. De la fin des années 70 au milieu des années 80, on assiste au retour des tensions entre l’URSS et les Etats-Unis. L’élection de Reagan avec son slogan : « America is back », redonne à l’opinion publique une vision de crainte par rapport à l’URSS. Les accords Salt 1 sont abandonnés et une course à l’armement recommence entre les deux blocs. Cette période se nomme « la guerre fraiche » : les Etats-Unis installent des missiles appelés « Pershings » en RFA et les Soviétiques mettent en place des SS-20 aux portes des pays d’Europe de l’Ouest. Cette période fut critiquée et dénoncée par des artistes comme Sting (pacifisme avec Russians) ou A. Souchon (Billy m’aime).  (Alexandre)

 

pershings.jpg

  Couverture du magazine Time, 31 janvier 1983 avec un missile Pershing et un titre éloquent sur les caractéristiques de la guerre froide à cette époque, en médaillon, Ronald Reagan. 


2.      2. On peut expliquer que 6 pays européens signent en 1957 des traités à Rome pour plusieurs raisons :

-        une volonté de paix (ex : couple franco-allemand)

-        un partage des idées et des valeurs démocratiques

-        une vision politique partagée par les partis socialistes et démocrates-chrétiens.

-        Un regroupement des pays d’Europe de l’Ouest par l’intermédiaire de l’aide américaine du plan Marshall et de l’OECE

-        Une perte d’influence des pays d’Europe de l’Ouest à cause de la décolonisation et de l’émergence du Tiers Monde.

-        Une peur du totalitarisme communiste

-        Une coopération économique fondée sur les matières premières depuis les années 50 avec la CECA.  (Elie)

 

Exercice B : Explication d’un document historique (discours de Jimmy Carter, 15 juillet 1979).

1.      1. Ce texte, qui est l’extrait d’un discours politique télévisé du président démocrate américain Jimmy Carter (1976-1980), datant du 15 juillet 1979, s’inscrit dans le contexte de la remise en cause du modèle américain durant les années 70, période marquant un véritable tournant pour ce modèle. Le président s’adresse à la population américaine afin de dénoncer l’esprit qui s’installe aux Etats-Unis marquant la perte de vitesse et de confiance de cette superpuissance. J. Carter veut ainsi justifier auprès de sa population les difficultés intérieures et extérieures que son pays traverse.  (Julie)

2.      2. Jimmy Carter explique la crise de confiance qui gagne son pays par 6 éléments :

-        les Etats-Unis connaissent une crise de productivité due à la crise de 1973, couplée au fait qu’ils ont une propension à consommer très élevée par rapport à leur propension à épargner. Il y a donc un essoufflement de leur modèle économique et une crise de production (essoufflement du fordisme).

-        Le peuple américain est encore choqué par l’assassinat de plusieurs hommes politiques : le sénateur Robert Kennedy et le pasteur Martin Luther-King, militant de la lutte pour la reconnaissance des droits civils de la minorité noire ont été assassinés en 1968. Il serait encore choqué par l’assassinat du président J.F. Kennedy à Dallas en 1963.

-        L’armée américaine se retire en 1973 de la guerre du Vietnam où elle était engagée depuis 1964. C’est une lourde défaire, qui montre au monde entier que les Etats-Unis n’ont pas pu enrayer l’expansion communiste en Asie du Sud-Est. Ils ont utilisé également des armes contre les populations civiles comme le napalm, ce qui remet en cause leur statut de puissance défendant les droits de l’homme.

-        La démocratie américaine est aussi victime du scandale du Watergate. Le parti républicain et le président Nixon sont impliqués dans des écoutes téléphoniques au siège du parti démocrate (immeuble du Watergate). Nixon doit démissionner en 1974 pour échapper au déshonneur de l’impeachment.

-        Depuis 1973, le premier choc pétrolier, six ans d’inflation se sont écoulées, diminuant significativement la valeur du dollar et perturbant ainsi l’économie mondiale. Cette fluctuation monétaire est le résultat de la disparition de la libre convertibilité du dollar en or, en 1971, mettant fin à une partie des accords de Bretton Woods (1944).

-        Les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979, orchestrés par l’OPEP, qui ont fait monter le prix du pétrole ont endetté les Etats-Unis et révélé leur dépendance énergétique.  (Elie)

3.      3. A la fin de la présidence de Jimmy Carter, plusieurs événements confirment l’image pessimiste que le président donne de son pays et du rôle qu’il occupe dans le monde. Il y a tout d’abord à la fin des années 70, en Iran, à Téhéran, une révolution islamisque menée par l’ayatollah Khomeiny qui prône une nouvelle idéologie qui s’oppose au modèle occidental. Des étudiants islamistes prennent en otage 52 diplomates. En 1980, une tentative de libération a été lancée mais l’armée américaine a échoué. L’image d’une armée affaiblie s’est alors diffusée dans le monde. Mais cela a été renforcé aussi par les conflits en Amérique latine au Nicaragua et au Salvador, ce qui a montré que même aux portes des Etats Unis, ils étaient incapables de résoudre les conflits (guérillas de type marxiste). Le rôle de Grande puissance mondiale dont disposaient les Etats-Unis est donc en déclin. (Michaël)

         Jimmy-Carter-and-Shah-1977.jpg

      Photographie de Jimmy Carter en 1977, président américain avec le Shah d'Iran, souverain pro-occidental renversé par la révolution islamiste de 1979.     

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 21:40

Dans le cadre de l'étude de la guerre froide, penchons nous sur ll'excellent film de S. Kubrick Docteur Folamour (titre original : Doctor Strangelove). Ce film est à découvrir pour plusieurs raisons : 


- d'abord pour l'ironie mordante dont fait preuve le grand cinéaste anglais, renvoyant dos à dos, les deux grands acteurs de la Guerre Froide, alors que le contexte de réalisation et de sortie du film (Crise de Cuba) faisait craindre aux contemporains le pire ! Les sous-titres : "How I learned stop worrying and love the bomb" et "the hot line suspense comedy" montrent à eux seuls cet esprit de dérision et rappelle aussi, comme l'affiche du film, la mise en place d'une ligne directe entre Moscou et Washington (le fameux téléphone rouge). Les dialogues sont de la même veine : ainsi apprend-on par exemple de la bouche du dirigeant soviétique que pour contacter la base militaire d'Omsk, il faut appeler les renseignements...

- ensuite pour l'art de la mise en scène de Kubrick, capable de nous transporter en quelques secondes dans les nuages au-dessus d'improbables îles soviétiques, puis dans l'ambiance tendue de la salle de guerre du Pentagone américain, pour finir par un vol au-dessus de la terre de la fameuse bombe inarrêtable !
 
- enfin, pour la composition extraordinaire du grand Peter Sellers, qui interprète pas moins de 3 rôles dans ce film : 

peter-sellers3.jpg

Peter Sellers, président des Etats-Unis, a une mauvaise nouvelle à annoncer à son ami Dimitri

peter-sellers2.jpg

Peter Sellers, officier britannique et non général américain, est plongé en plein doute

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Peter Sellers, docteur Folamour, conseiller du président américain, a la solution à tous les problèmes... 
Lors de l'étude en classe, Audrey D. trouve que le visage du Docteur Folamour ressemble à celui du tristement célèbre docteur Mengele qui a sévi à Auschwitz. Les dialogues sous-entendent clairement que c'est un ancien Nazi. Je vous laisse juge. Voici une photographie du docteur Mengele trouvée sur le site d'un collègue. Folamour, personnage de fiction, comme Mengele, personnage bien réel hélas, incarnent en tout cas le prototype du savant fou. 
mengele


Vous hésitez encore à découvrir Docteur Folamour ?  Le blog de cet amateur de cinéma vous convaincra peut-être !

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 16:56
Au cours de l'étude sur l'espace brésilien, nous avons abordé les éléments de ségrégation spatiale fractionnant les espaces, notamment urbains. 

J'ai évoqué la mise en place de quartiers clos, surveillés, destinés aux classes aisées mais aussi aux classes moyennes avides de sécurité dans les grandes agglomérations brésiliennes. Ces quartiers, appelées communautés fermées ou gated communities puisque leur origine provient de l'Amérique du Nord, connaissent une diffusion importante sur les continents africain et sud-américain, ainsi que le montre l'ouvrage collectif
Quand la ville se ferme. Quartiers résidentiels surveillés, paru en 2006. Au Brésil, on les appelle les condomínios fechados
On trouvera une définition précise de l'expression gated communities sur le site HypergeoSi vous voulez en savoir plus sur cette diffusion de ce modèle d'aménagement urbain, forme de privatisation de l'espace public, vous pourrez consulter à profit l'article d'un collègue d'histoire-géographie de Joué les Tours qui fait référence notamment à leur diffusion dans certaines agglomérations françaises. Sur ce point, l'excellent article du géographe François Madoré paru dans la revue Géoconfluences, vous permettra d'avoir un aperçu des projets immobiliers de ce type dans la région nantaise. 
communaut--ferm--e.jpg
Bienvenue chez eux ? - Photo d'une résidence à Nantes - F. Madoré

Si vous avez décidé d'investir dans l''immobilier au Brésil, vous pouvez vous diriger
vers le site d'une société brésilienne spécialisée dans la construction de ce type d'habitat... qu'une petite balade sur Google Earth vous permet aussi d'apprécier vue du ciel ! 

CampoGrandeCondominios2007-07-1701.jpg

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 22:49
Mercredi 16 décembre s'est déroulée au Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon, la finale régionale du concours lycéen des plaidoiries du mémorial de Caen. L'objet du concours consiste à soutenir oralement une plaidoirie relative aux droits de l'homme. L'ensemble de la classe de Terminale ES1 du lycée Claude Fauriel était engagé dans cette réflexion sur les droits de l'homme et les élèves ont donc, par la même occasion, participé au concours, avec l'appui de la section stéphanoise de l'organisation Amnesty InternationalP1020788.JPG
Deux équipes de l'établissement ont eu la chance de participer à la finale régionale, après avoir franchi le cap des sélections écrites. Lina Zattouta et Mickaël Mantione ont plaidé pour le droit à l'éducation des jeunes filles en Afghanistan avec "l'obscurantisme mis en lumière". Audrey Dubessay a quant à elle défendu la liberté d'expression en Russie avec une plaidoirie intitulée "Les maux russes : les mots censurés". 
P1020795.JPG

Ces trois élèves ont brillamment défendu leur cause avec talent et conviction et on ne peut qu'être admiratif devant leur engagement et le travail qu'ils ont fourni.
 
Le jury prestigieux et exigeant composé de journalistes, magistrats, professeurs, lauréate de l'an dernier... a décerné le troisième prix régional à Lina et Mickaël.   
Pour ceux qui douteraient encore de l'utilité de l'enseignement de l'histoire géographie et de l'ECJS en classe de Terminale, voici quelques extraits du texte de ces deux élèves récompensé à sa juste valeur : 


         Le philosophe américain John Dewey a dit : « L’éducation est un progrès social … L’éducation est non pas une préparation à la vie, l’éducation est la vie même ».

Alors que dire de la situation de certaines jeunes filles afghanes, pour qui, le droit et l’accès au savoir et à l’éducation sont strictement inaccessibles ?

Cet après midi,  cette impossibilité de recevoir un enseignement, donc de recevoir ce que doit apporter toute vie, sera le sujet de notre plaidoirie.

  Oui, Mesdames et Messieurs, cette situation existe bel et bien de nos jours, au XXIème siècle, dans un pays lointain mais qui nous est familier.  Le conflit qui se déroule en Afghanistan depuis 7  ans engage des troupes françaises. Certains de nos soldats y ont trouvé la mort et on en parle légitimement dans les journaux télévisés. En Afghanistan, le droit à l’éducation est aussi bafoué constamment pour les jeunes filles mais cela se déroule dans la plus totale indifférence.

 Ne trouvez-vous pas cela aberrant ? Agressions physiques, agressions morales, sont le triste résultat d’actes inhumains, barbares, d’une idéologie plus que dépassée. Cette idéologie, c’est l’obscurantisme : c’est à dire l’opposition à la diffusion de l’instruction, de la culture et de tout progrès.

Celle-ci est diffusée par des hommes : les Talibans, membres d’un mouvement islamiste militaire afghan, prétendant appliquer intégralement la loi coranique. Pour eux, l’accès des filles à l’éducation est impensable, inenvisageable et inadmissible.

Mesdames, Messieurs, avez-vous déjà entendu dire qu’il était stipulé dans le Coran, qu’une jeune fille devait être violentée parce que son seul désir était de se rendre à l’école ?

Ces agressions nous paraissent horribles mais pour les Talibans, elles sont nécessaires et légitimes puisque qu’ils se livrent à une interprétation erronée du Coran.

En 1996, un régime taliban s’était installé en Afghanistan excluant les filles des écoles et brisant par la même occasion, la loi de 1964, rendant l’école obligatoire et gratuite. Par la suite en 2001, le pouvoir des Talibans  a pris fin et ainsi l’Afghanistan connut une forte hausse des inscriptions scolaires. Entre 2002 et 2007, plus de six millions d’enfants ont été inscrits à l’école, les filles représentant 35.7% d’entre eux.

Nous aurions pu croire au début d’un véritable progrès mais ce ne fut pas le cas, du moins pas complètement. Car, dans certaines régions, depuis quelques mois, la pression des Talibans se fait de plus en plus ressentir. (...)
P1020802-copie-1.JPG

  Toute fille afghane devrait donc pouvoir se rendre à l’école sans craintes, ni peurs des représailles mais en ayant foi en un avenir meilleur. Leur volonté d’apprendre étant plus forte que tout, il serait donc indispensable de nous soucier avant toute chose que tout enfant ait un accès à l’éducation partout dans le monde avant d’oser en privilégier certains en les rémunérant afin qu’ils se rendent à l’école.

 Nous faisons référence ici, Mesdames, Messieurs, à des établissements de l’Académie de Créteil qui avaient décidé de rémunérer des lycéens en échange de leur présence en cours et d’un travail assidu.

Ne trouvez-vous pas cela choquant, révoltant, de voir que, dans nos sociétés modernes et développées, des élèves puissent être rémunérés pour un droit qui leur est acquis, garanti, alors que dans certaines régions du monde des enfants n’ont même pas la chance de pouvoir se rendre à l’école ?

Alors vous mesdemoiselles qui tenez, envers l’école, des propos tels que «  ça me saoule, ça me gave, ça me fait chier », prenez conscience que des milliers de jeunes filles, dans le monde et plus particulièrement en Afghanistan, ne rêvent que d’une chose : apprendre et apprendre sans contraintes.

   En reprenant donc la citation de John Dewey, pour qui l’éducation est un progrès social, il paraît essentiel de dire que les femmes afghanes doivent pouvoir contribuer pleinement au développement de leur pays et cela commence tout naturellement par leur accès à l’éducation. Une éducation qui loin de les aveugler, leur ouvrira au contraire les yeux… et mettra en lumière l’obscurantisme où l’on veut hélas les plonger.

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Les lauréats recevant leur prix et les félicitations des membres du jury 
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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 19:14
CORRECTION DU DEVOIR SUR LA SOCIETE DES TRENTE GLORIEUSES
 
1. Le document 1 montre d’importants changements concernant les sociétés des pays développés entre le début des années 50 et la fin des années 60 : 
- Dans les trois pays développés, la richesse produite par habitant a considérablement augmenté pendant cette période, allant presque jusqu’à doubler en France et en Italie.
- Les principales dépenses permettent de montrer que la part consacrée à l’alimentation et à l’habillement (besoins primaires), si elle reste la plus importante, diminue dans les trois pays, permettant des dépenses dans d’autres domaines. Ainsi, les ménages peuvent-ils s’équiper en biens durables, autres biens et services. On voit donc apparaître une société de consommation. 
- On remarque aussi la progression du crédit en France (sa part fait plus que doubler) mais aussi en Italie et en Grande-Bretagne (part supérieure en 1965-1968 aux dépenses consacrées à l’habillement). La société de consommation est aussi soutenue par l’essor du crédit qu’autorise cette période de croissance économique et de plein emploi. 

equipement-trente-Glorieuses.jpg

 
2. La publicité de la machine à laver Fiat met en scène un stéréotype social : celui de la femme au foyer s’occupant des tâches ménagères (ici le nettoyage des vêtements). On remarque même que la publicité montre que ce rôle se transmet d’une génération à l’autre, avec la présence de l’autre côté de la machine à laver de la jeune fille. De plus, la mère, comme la fille portent des tabliers ! 
 
3. Les supports et les procédés qui favorisent le développement de la société de consommation sont multiples :
-  La publicité pour les biens d’équipement (doc 2), pour les banques (doc 3) mais aussi les réclames ou promotions des grands magasins (doc 4).
- La multiplication des grandes surfaces qui présentent un grand choix de produits (doc 4)
- Des innovations comme le caddie qui permet de stocker et de déplacer les marchandises (doc 4)
- La croissance économique qui entraîne une hausse des revenus qui permet de consommer (doc 5) ou d’épargner pour construire sa maison (doc 3).
- La productivité dans l’industrie qui permet de rendre accessible au plus grand nombre les biens d’équipement comme les véhicules ou les téléviseurs (allusion au fordisme) : « des automobiles (…) étaient fabriquées à des cadences accelérées » « les enfants (…) admirablement pourvus de téléviseurs ».
 
4. Les critiques suscitées parmi les contemporains (attention les textes se limitent cependant à des remarques de journaliste ou d'économiste - Galbraith était un économiste très proche des démocrates et critique dans son texte la politique du président Eisenhower) :
- Une société d’abondance, impersonnelle, qui conditionne les individus et les soumet à sa logique (document 4 : on est docile désormais)
- Une société entièrement soumise à des intérêts privés mais qui n’apporte aucun progrès collectif en matière d’éducation, de santé et d’environnement. (document 5)
- Un cadre de vie détérioré par l’abondance des publicités, la pollution (surabondance de déchêts, paysage abîmé par les panneaux publicitaires, l’urbanisation).  (doc. 5)
   

QUELQUES PISTES POUR LA REPONSE ORGANISEE
Bien penser qu’il s’agit d’un devoir d’histoire et qu’il faut systématiquement contextualiser (notamment par des dates, des exemples précis) ses arguments. Il ne s’agit pas de juger la société des Trente Glorieuses avec notre regard du XXIe siècle mais d’en dégager les fondements et d’indiquer les contestations qu’elle a pu soulever à son époque.
 
Le sujet pouvait présenter deux parties qui reprenaient l’esprit des questions : l’une insistant sur les changements sociaux importants et leurs fondements et l’autre sur les critiques qu’avaient fait naître ces changements.
 
INTRODUCTION : indispensable mais très courte. Rappeler l’origine et la définition du terme Trente Glorieuses, situer la période chronologiquement (après la phase de reconstruction jusqu’au choc pétrolier de 1973). Indiquer la problématique (c’est à dire la question posée par le sujet : "comment était perçue la société pendant la période des Trente Glorieuses ?")
 
UNE NOUVELLE SOCIETE NEE DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE DES PAYS DEVELOPPES 
- Mise en place de la société de consommation qui repose sur une hausse du niveau de vie, sur le développement du crédit et sur la diffusion des biens d’équipement et des biens durables grâce au fordisme
- Des bouleversements dans les habitudes de consommation : se nourrir et se vêtir ne sont plus, autant que par le passé, les priorités des habitants des pays développés. Une société d’abondance apparaît qui signale un changement radical après les rationnements de la guerre et de la reconstruction pour les pays européens comme la France, l’Italie ou la RFA. 
- De nouvelles structures et des innovations au service de cette société : les supermarchés, le développement de la voiture individuelle, la publicité  : une société plus individualiste commence à se mettre en place. 
- Une amélioration du confort matériel mais aussi des conditions de vie : politique d’assurances sociales (contre la maladie, la vieillesse) des Etats Providence.   

UNE SOCIETE QUI SOULEVE TOUTEFOIS DES CRITIQUES
- Une société d’abondance mais aussi d’individualisme reposant sur le besoin de consommer (cf sculpture de D. Hanson, Supermarket Shopper mais aussi Georges Pérec : Les Choses). 
supermarketshoper.jpg
la sculpture de D. Hanson pouvait être évoquée dans la réponse organisée, à condition de maîtriser au moins ses références (auteur et titre)
 
- Un cadre de vie qui change mais qui ne s’embellit pas forcément (multiplication des grandes surfaces et des grands ensembles en périphérie des villes, urbanisation parfois sauvage).
- Une société qui n’accorderait pas la priorité aux biens collectifs qui sont pourtant nombreux du fait du baby-boom (besoins dans l’éducation par exemple). Critique à nuancer avec la mise en place de l’Etat providence dans les pays développés.
- Une société contestée par des artistes (exemple : cinéastes comme B. Blier avec Les Valseuses), mais aussi par la jeunesse (mouvement hippie aux Etats-Unis, mai 68 en France)
- Une croissance économique qui cache des évolutions sociales très lentes : statut de la femme inférieur, cantonné à des activités ménagères (stéréotype présent dans la publicité italienne). A la fin des années 60 : lutte pour la reconnaissance du droit à avorter, à utiliser les moyens de contraception, notamment dans les pays marqués par le catholicisme (Italie, France).

CONCLUSION 
: Une société de paradoxes avec de profonds bouleversements (société d’abondance, urbanisation, culte de la consommation) mais des évolutions sociales encore très lentes : manque de considération pour la jeunesse et surtout un statut de la femme encore inférieur. Cela explique en partie la vigueur de la contestation sociale, notamment à la fin des années 60 dans des pays comme la France ou les Etats-Unis. Peut-être que l’adjectif Glorieuses s’applique davantage aux conditions économiques qu'aux réalités sociales ?
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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 09:02

CORRECTION DU DEVOIR D’HISTOIRE SUR LE TEXTE D’OLIVIER GUICHARD AU PROCES PAPON

1.       Le document est un document de nature judiciaire plus qu’il s’agit d’un extrait d’une déposition d’un ancien homme politique résistant et gaulliste, Olivier Guichard, au procès Papon en octobre 1997. Le procès étant public, le journal Sud Ouest en a fait un compte rendu destiné à ses lecteurs. L’intention d’Olivier Guichard était de faire comprendre aux juges et à l’opinion publique l’état d’esprit qui régnait en France  à la Libération, pour mieux cerner des faits datant de plus de 50 ans. Au cours des années 90, en France, des procès sont organisés visant des personnes compromises dans la Collaboration (Paul Touvier par exemple).

2.       De hauts fonctionnaires comme M. Papon ont pu être conservés après le régime de Vichy pour deux raisons :

-          Le gouvernement provisoire de la République souhaitait oublier la période précédente et ne voulait pas d’une épuration trop sévère qui aurait avivé les tensions entre les Français (« un désir infini de protéger l’unité nationale »)

-          La France avait besoin de tout le monde pour se reconstruire rapidement, y compris au niveau administratif et politique.

3.       A la Libération, se met en place une mémoire officielle fondée sur un double mythe (les cérémonies du 11 novembre 1945 au Mont Valérien illustrent bien cela) :

-          Mythe gaulliste : la France a remporté la guerre grâce au général de Gaulle qui a organisé la Résistance et l’a conduite à la victoire.

-          Mythe résistancialiste :  la France n’a pas collaboré car le régime de Vichy ne représentait pas les Français ; la majorité de la population s’est opposée à l’Occupation allemande.

Les raisons sont les suivantes :

o   Il fallait préserver « l’unité nationale »

o   La volonté de jouer un rôle sur la scène internationale notamment vis-à-vis des Alliés.

4.       Le 16 juillet 1995, Jacques Chirac prononce un discours célèbre lors des cérémonies de commémoration de la Rafle du Vel d’Hiv pour présenter les excuses officielles de la France face à son attitude pendant l’Occupation et le fait qu’elle ait livré des Juifs apatrides aux Nazis. Il s’agit d’une rupture dans la mémoire officielle car jusqu’à cette date, les différents présidents de la République, à la suite du général de Gaulle, avait toujours refusé de formuler des excuses, considérant que le régime de Vichy n’était pas représentatif de la France. On entre par ce discours auquel O. Guichard fait allusion dans sa déposition dans une période de repentance.

Olivier Guichard au procès Papon (photographie Sud Ouest) -  Sept fois ministre, ancien député RPR de la Loire-Atlantique, ancien maire de la Baule, ancien président de la région Pays-de-la-Loire (1974-1998), Olivier Guichard avait placé toute sa carrière politique sous le signe de la fidélité au gaullisme, dont il était l'un des derniers "barons". Il est mort à l'âge de 83 ans en 2004.

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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 14:35

      Voici le résultat du travail de groupes de ce matin réalisé par les élèves de Terminale ES1 sur les mémoires de la seconde guerre mondiale en France depuis 1945. 


 

LES MEMOIRES DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE EN FRANCE

LA MEMOIRE OFFICIELLE DE 1945 AUX ANNEES 1960

  
    Au lendemain de la seconde guerre mondiale, dès 1945, s’imposée en France une mémoire officielle issue de la Résistance. Comment l’Etat français a-t-il mis en place cette mémoire officielle et de quelles façons a-t-elle été présentée à la population ?
 
   
   La mémoire officielle s’est rapidement mise en place grâce à différents moyens. En effet, le gouvernement provisoire de la République a fait inscrire dans toute la France sur les monuments aux morts l’inscription « morts pour la France ». On a aussi déposé quinze corps de combattants dont les dépouilles représentaient les symboles de la guerre (la France libre, la résistance et la déportation) d’abord sous l’Arc de Triomphe puis dans une crypte du Mont Valérien, dans la banlieue parisienne, qui va devenir, par la volonté de Charles de Gaulle, un lieu important de la mémoire collective. Pour perpétuer la mémoire de la Guerre et des Résistants, André Malraux en 1964 rend un hommage national à Jean Moulin, symbole de la Résistance, lors du transfert de ses cendres au Panthéon. Enfin, on veut également sensibiliser les enfants à l’histoire de la seconde guerre mondiale en insérant dans les manuels scolaires des exercices pédagogiques insistant sur la Résistance (manuel Nathan en 1959). Néanmoins, cette mémoire officielle dissimule certains faits pour éviter de ternir l’image de la France.

 
   Il existe en effet, dès 1945, des rivalités au sein des mémoires de la Résistance. Par exemple, le parti communiste se présentait comme le parti le plus victime du conflit, avec l’appellation « parti des 75 000 fusillés ». La mémoire gaulliste a voulu mettre en avant le rôle de la France libre alors que la mémoire communiste préférait insister sur la résistance intérieure contre Vichy. Cette opposition tanche avec l’image d’une France libre, solidaire et indivisible qu’a donnée l’Etat français en 1945. La mémoire officielle a voulu, dès 1945, transmettre des messages plus optimistes, en dissimulant la Collaboration et en mettant en avant les nombreux Français morts pour leur Patrie.

   On a donc voulu laisser une image héroïque des soldats, en transmettant aux nouvelles générations les valeurs de la République française qui sont la liberté, l’unité, le caractère indivisible de la nation et la solidarité.

       

Photographie de la cérémonie du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon 1964. Discours du ministre André Malraux, lui même, ancien Résistant. 


LE TOURNANT DES ANNEES 70

 
    La mort du général de Gaulle marque un tournant capital dans l’évolution de la mémoire des années de guerre. La mémoire officielle présentant la France comme résistante vole en éclats, tandis que se dévoile la réalité du régime de Vichy. Nous allons voir comment lors des années 70 la mémoire des années noires de l’Occupation et de la Collaboration a subi un changement profond.

 
   La mémoire a été d’abord revisitée par les journalistes et les cinéastes. Ils ont voulu reconstituer la vérité et changer l’opinion publique. Néanmoins, le film de marcel Ophüls, Le Chagrin et la Pitié, qui s’oppose à la vision d’une France unanimement résistante a été interdit. La collaboration est donc toujours mise entre parenthèses : la diffusion du film aurait, en effet, été un véritable choc et aurait dévoilé un passé embarrassant. 

  Mais les historiens ont aussi fait évoluer les mémoires, notamment les historiens anglosaxons et américains comme Robert Paxton qui réfute en 1973 la thèse selon laquelle le régime de Vichy, sous l’Occupation , aurait protégé les Français. Avec le mythe du « bouclier », Pétain a voulu faire croire aux Français que la Collaboration avec les Allemands était en fait une protection pour l’Etat. Or, les historiens ont démontré que c’était un mensonge. Pétain espérait en fait que la France devienne une grande puissance de l’Europe dominée par les Allemands.

  Les années 70 ont donc été un tournant pour les mémoires de la Seconde Guerre mondiale qui ont été revisitées par différents moyens et qui ont abouti à une dénonciation de la Collaboration.

    

Couverture du livre de Robert Paxton La France de Vichy, un ouvrage qui déclencha une vague d'études sur la seconde guerre mondiale en France et qui fut régulièrement réédité


LE TEMPS DES PROCES – Années 80 et 90


   Des procès pour crimes contre l’humanité (Barbie en 1987, Paul Touvier en 1994, Papon en 1997-1998) réveillent des blessures dans les mémoires des Français et montrent l’ampleur du traumatisme engendrée par la période de l’Occupation. Quel rôle ont joué ces différents procès pour la mémoire collective et la mémoire juive du second conflit mondiale, en France, plus de 40 ans voire 50 ans après cette période ?

 
    Les différents procès de Paul Touvier, Klaus Barbie, et Maurice Papon ont, en effet, eu lieu de nombreuses années après les faits. Papon et Touvier étaient des personnes assez importantes et, par des pressions politiques, religieuses et aussi par leur fuite (Touvier), ils ont réussi longtemps à échapper à des procès. Ces procès ont permis de s’interroger sur l’implication des Français dans l’atrocité de la guerre, notamment celui de Maurice Papon, qui fut haut placé dans l’Etat (ministre du budget en 1978) mais qui aurait été responsable des déportations juives. Ces procès ont aussi servi pour les nouvelles générations car il ne faut pas que s’oublient ces faits et qu’ils se répètent. Ils ont donc servi aussi de leçon.


     La mémoire juive a été reconnue notamment grâce à ces procès qui ont permis de rendre justice aux familles de nombreuses victimes juives, comme l’exemple de Maurice-David Matisson représenté par Me Gérard Boulanger pour déposer plainte contre Maurice Papon. De nombreux membres de sa famille avaient été victimes des camps de la mort. Ils ont donc aussi servi au devoir de mémoire par la mise en place de musées, d’un mémorial du martyr juif (devenu en 2005 mémorial de la Shoah) pour conserver la trace des milliers de Juifs de France morts durant cette guerre.


    Ces procès ont donc été déterminants et ont servi d’exemples pour la générations futures.

      Couverture d'un ouvrage de Riss qui représenta par 400 dessins le procès de cet ancien haut fonctionnaire qui réalisa une belle carrière politique mais fut traduit devant les tribunaux à la fin des années 90

 

 

LES EVOLUTIONS RECENTES D’UNE MEMOIRE OFFICIELLE PARFOIS CONTESTEE (années 90 à aujourd’hui)


     Depuis une dizaine d’années, on remarque une évolution dans la mémoire officielle qui est parfois contestée. On montrera comment cette dernière a évolué depuis les années 90.

 
    C’est notamment sous la pression de la mémoire juive du second conflit mondial que la mémoire officielle évolue. On remarque cette évolution à travers la différence de discours entre le président Mitterrand (mandats de 1981 à 1995) et le président Chirac (mandats de 1995 à 2007). Mitterrand (comme ses prédécesseurs) considère en effet qu’il y a eu « un Etat français différent de la République française » et que donc le régime de Vichy était le seul responsable des actes antisémites et racistes et non pas l’Etat français en général. Jacques Chirac, quant à lui,  crée une rupture car il pense que la responsabilité doit être désormais assumée par l’Etat français. Ainsi, à l’occasion du discours commémoratif de la rafle du Vel d’Hiv le 16 juillet 1995, il  s’excuse auprès des victimes pour la participation de la France au génocide et aux crimes contre l’humanité commis sur les Juifs.

   
    On peut aussi voir qu’encore aujourd’hui les rivalités entre partis politiques continuent à s’exprimer sur des faits concernant cette période, notamment à travers la lecture en 2007 de la lettre de Guy Môquet, voulue par le président Nicolas Sarkozy, à qui on a reproché d’avoir voulu à nouveau entretenir l’image d’un pays résistant durant la guerre. Certains historiens comme Jean-Pierre Azéma ont reproché au président Sarkozy la décision d’avoir fait lire cette lettre de manière autoritaire, dans une véritable mise en scène, sans un travail de réflexion et de compréhension que ne permet pas la mémoire mais que doit permettre l’histoire.


   On peut donc voir que la mémoire officielle a été influencée par certains groupes et qu’elle se retrouve encore aujourd’hui parfois critiquée.

        Le président Jacques Chirac lors des cérémonies de commémoration de la rafle du Vel d'hiv, quelques semaines après son intronisation comme 5ème président de la Vème République, en juillet 1995. 


Un travail de Marine, Charles, Saymé, Sarah Bo., Noémie, Maëlys, Randy, Rémi, Lina, Lamia, Geneviève, Elie, Julie, Schéhérazade et Farah.
 

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