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UN BLOG PARMI D'AUTRES POUR FACILITER LES RELATIONS, LES ECHANGES AVEC LES HEUREUX JEUNES GENS QUI ONT LE PLAISIR DE SUPPORTER G. SABATIER QUELQUES HEURES PAR SEMAINE ! QUE LA FORCE SOIT AVEC CEUX QUI CONTRIBUERONT A CE BLOG ET A CELUI QUI TENTERA DE LE FAIRE VIVRE !  POUR QUE TOUS SUIVENT LA ROUTE DE L'HISTOIRE-GEOGRAPHIE

Un bout de chemin ensemble...  (photo personnelle - 2005)

PASSANTS DU BLOG

14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 07:26

Première publication : mai 2007

Alternative aux cours, aux Anna-bac, aux manuels, le web permet aussi de réviser pour la préparation au baccalauréat. On trouve un nombre incalculable de sites qu'il faudra sélectionner pour trouver celui ou ceux qui correspondent le mieux à vos besoins : connaissances, approfondissements, méthodologie, fiches, exercices interactifs...

Voici une liste non exhaustive de sites Internet utiles pour les révisions :

- La priorité : les cours complets du CNED sur le très bon site Académie en ligne, dans toutes les matières. Pour l'histoire-géographie, les séries scientifiques en Première et Terminale, il faut consulter en fait la rubrique Littéraire et Economie et Société. Les programmes sont identiques pour les Premières, mais attention pour les Terminales S, le programme en L et ES est beaucoup plus copieux : ne consultez que les fiches sur les chapitres au programme de S (voir cahier ou manuel) 

- pour s'entraîner à l'épreuve de cartographie et obtenir des fonds de cartes téléchargeables sur les espaces au programme : rendez vous sur le site académique Histoire géographie d'Aix Marseille

- pour obtenir des plans détaillés, des fiches sur le programme d'histoire Site Hisgéo : partie payante mais accès gratuit à des fiches et des plans de cours.

- Quelques conseils pratiques pour bien affronter l'épreuve : c'est ici !

- Vous avez encore envie de voir un prof vous expliquer la méthode de la composition. Et bien, cliquez là !

- Daniel Letouzey dans son incontournable site Clioweb propose toute une page de liens pour faire le tour de l'épreuve de cartographie.

-  Même les blogs des chaînes de télévision s'y mettent, comme par exemple France 3, abordant la façade atlantique de l'Amérique du Nord.

- Mon collègue et ami Louis Brun du prestigieux lycée Jacob Holtzer de Firminy a sélectionné des révisions par vidéo. Consultez son article

La liste ne demande qu'à être complétée avec la collaboration de chacun !

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 20:07

Si la société américaine Wal-Mart réalise un chiffre d'affaires proche du PIB norvégien, la célèbre société Coca-Cola basée à Atlanta doit se contenter d'un résultat beaucoup moins flatteur avec ses 23 milliards de dollars (2008) qui la mettent au niveau du PIB... bulgare. Voilà qui répond à une question qui m'a été posée ce midi !

Cela dit, évoquer la firme géorgienne est plutôt un exemple bien choisi pour le programme de Terminale S, tant en histoire qu'en géographie.
On fait très souvent de Coca-Cola un symbole de la mondialisation. C'est en partie juste, tant la boisson gazéifiée a déferlé sur une grande partie du monde. Coca-Cola ne se vante-t-il pas, d'ailleurs, d'être distribué dans 200 pays dans le monde ? Gilles Fumey et Laurent Carroué remettent toutefois en cause cette omniprésence, en soulignant que c'est davantage une boisson occidentale que mondiale. Ainsi, l'Asie apparaît-elle comme un espace réfractaire au soda de la société d'Atlanta, comme en témoigne cet article sur la résistance des femmes du Kerala (Inde) en 2005 face à la firme américaine. 

Pour ce qui concerne l'histoire, Didier Nourrisson a récemment (juin 2008) publié une étude sur cette boisson née en 1886 (La Saga Coca-Cola).

Décrivant les accointances de la société avec le pouvoir (notamment pendant l'ère Eisenhower, c'est à dire lors de l'apogée du modèle idéologique américain pendant la guerre froide), mais aussi sa capacité à s'emparer des événements planétaires comme les J.O, Didier Nourrisson évoque la dimension symbolique de la boisson pour la nation américaine et l'évolution de son image au fil du XXe siècle. Voici quelques passages de sa conclusion : "Coca-Cola n'est  plus seulement le représentant d'une Amérique orgueilleuse et triomphante. il est l'objet, et plus encore le symbole, de la modernité. Ses pères d'Atlanta ont réussi, au-delà de leurs espérances. Le produit sudiste s'est, dans un premier temps, américanisé. Il est même devenu la marque d'une identité nationale : l'Américain boit du Coke. Puis il a représenté le monde libre, face à l'austérité et la servitude soviétiques.(...) Faute d'autre modèle crédible, Coca-Cola représente la mondialisation, c'est à dire l'acculturation planétaire de la modernité. Et finalement, Coca-Cola retourne à ses origines, Mama Coca, déesse des Incas. Elle crée le monde, elle est le monde."

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 14:15

Notre étude de l'Asie orientale nous oblige à concentrer notre attention sur l'importance des ports dans l'organisation des flux et des réseaux mondiaux.

L'Asie orientale - vue depuis Google Earth


C'est en effet dans cette région, selon l'ISEM (institut supérieur d'économie maritime), que se trouvent les ports en pleine croissance, les mieux intégrés au système mondialisé qui repose à la fois sur un accroissement des échanges régionaux (à l'échelle de cette partie de l'Asie) et surtout internationaux. L'Asie du Sud-Est et notamment le détroit de Malacca où se trouve Singapour est en effet le centre de routes maritimes internationales !

Allez consulter la note 71 de janvier 2005 sur le classement des grands ports mondiaux sur le site de l'ISEMAR !

Vue de Singapour : quartier d'affaires, grues pour le chargement/déchargement des conteneurs (photographie disponible à partir du site Google Earth)


Cette note permet de voir que l'Asie est "la zone de concentration des ports géants". En se basant sur le trafic de marchandises manutentionnées dans les grands ports mondiaux pour l'année 2003, l'ISEMAR relève que 4 des 5 plus grands ports mondiaux se trouvent en Asie : Singapour (1er), Shanghai (3ème mais qui a depuis dépassé le 2ème, Rotterdam et le premier, Singapour), Hong-Kong (4ème) et Ningbo en Chine (5ème, mais dépassé aujourd'hui par Pusan en Corée du Sud). La note précise que ce sont essentiellement les ports chinois qui ont connu ces 15 dernières années une croissance exceptionnelle. Par exemple, seulement en 4 ans, entre 2000 et 2003, le port de Shanghai a connu une croissance de son trafic de 54,7%  et le port de Ningbo de 60,56% ! Dans le même temps, le port de Hong Kong voyait son trafic progresser de 16,49% "seulement", ce qui montre une redistribution du trafic entre les ports asiatiques du fait de la saturation de certaines zones.

Pour évaluer l'importance du trafic portuaire, il faut avant tout prendre en compte l'activité de transports des conteneurs qui permettent d'acheminer des produits finis ou semi-finis : électronique, textile, informatique... Les ports voués à l'exploitation des conteneurs sont aisément reconnaissables dans les études de paysage. Ils présentent de gigantesques grues installées sur des quais en eau profonde et chargées du transbordement des "boîtes". Ils  sont caractérisés aussi par leur aspect géométrique et monotone, alignant sur plusieurs kilomètres les conteneurs, comme le montre cette vue de Singapour :

vue d'une partie du port de Singapour - les espaces de stockage des conteneurs- Google Earth

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 19:47

SUJET : LES TRANSFORMATIONS SOCIALES EN FRANCE DEPUIS LES ANNEES 50

 

Première partie : réponse aux questions

1. Les documents 1 et 4 permettent de dégager différentes tendances dans l’évolution de l’emploi des Françaises et des Français :

- ils renvoient à la période du plein emploi (début des années 70) où la population active connaissait un taux de chômage très faible.

- ils mettent l’accent sur la mise en place d’une société industrielle avec une concentration des emplois dans de grandes unités de production (ligne 3 document 1 et Usine Moulinex du document 4). Cette activité industrielle répond aux principes du fordisme : travail à la chaine et standardisation du produit (document 4) et emploie une forte main d’œuvre féminine.

- le document 1 peut également montrer la tertiairisation de l’économie avec le développement spectaculaire des grandes enseignes de distribution (lignes 4 et 5).

- le document 1 évoque enfin la réduction de la main d’œuvre dans le secteur agricole : « réduit inéluctablement l’importance relative de notre agriculture ».

2. Les documents 1 et 2 font apparaître la mise en place d’une véritable société de consommation :

- dans le document 1, le général de Gaulle insiste sur la diffusion des grandes chaines de distribution qui multiplient le nombre d’enseignes commerciales en libre service.

- dans le document 2, on constate un essor spectaculaire des biens d’équipement à partir des années 60 (le taux d’équipement des ménages en réfrigérateur passe de 40 à 80% entre 1962 et 1970, en télévision de 25 à 90% entre 1962 et 1978) et à partir des années 70, on constate l’équipement en nouveaux biens : magnétoscope, four à micro-ondes, micro-ordinateur...

3. Les évolutions de la place et du rôle des femmes dans la société mis en valeur par les documents 3 et 4 sont :

- l’importance du travail féminin qui progresse beaucoup lors des Trente Glorieuses, notamment dans les usines (document 4)

- un nouveau statut pour la femme libérée des contraintes ménagères par les progrès techniques (d’après la publicité du document 3) et qui disposerait donc d’un temps libre plus important.

4. Les transformations du cadre de vie évoquées par le document 1 sont :

- une transformation des paysages avec une urbanisation importante qui touche l’espace rural avoisinant : « Paris... dresse d’innombrables immeubles neufs dans ses murs et ses environs ».

- un désenclavement des espaces français grâce aux transports, en particulier les boulevards périphériques et les autoroutes (époque du tout automobile).

- une disparition du mode de vie campagnard avec le recul de pratiques culturelles anciennes (patois, costumes...).

5. Le phénomène économique et social évoqué dans le document 5 est la progression du chômage qui est analysée comme une conséquence d’un processus lié à la mondialisation (« une multinationale s’est offert notre société »). D’après la chanson, les rachats d’entreprises par des sociétés étrangères entraineraient la disparition d’emplois en privilégiant une main d’œuvre plus qualifiée (« Vous êtes dépassé... »). 

 image009Célèbre publicité pour la marque Moulinex parue en 1956

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 14:13

En cette année électorale, le cours sur la Vème République en France et notamment sur les pouvoirs attribués par la Constitution au président de la République tombent plutôt bien.  On peut rappeler que rien n'indique dans le texte constitutionnel une quelconque limitation du nombre de mandats présidentiels en France. 

Ce sujet, qui concerne la vie démocratique de l'Etat, a pourtant été abordé. Très souvent, d'ailleurs, au moment des campagnes présidentielles, où il est de bon ton de passer pour un parfait démocrate et donc de ne pas souhaiter exercer la fonction suprême trop longtemps. Pour l'instant, seuls trois présidents de la Vème République ont exercé deux mandats et ont donc été réélus une fois chef de l'Etat : le général de Gaulle de 1958 à 1969, qui ne termina pas son 2ème mandat, après sa démission suite à un référendum dont le résultat fut contraire à ses voeux, François Mitterrand qui fut le plus longtemps président : 2 mandats de 7 ans de 1981 à 1995 et Jacques Chirac de 1995 à 2007, avec un deuxième mandat de 5 ans dans le cadre de la réforme du quinquennat. 

Première page du quotidien L'Aurore, annonçant l'échec du referendum d'avril 1969. On précise, situation qui se reproduira en 1974 avec la mort prématurée de Georges Pompidou que c'est bien le président du Sénat, qui assure l'intérim à la tête de l'Etat, jusqu'aux nouvelles élections. 

19690428-DemissionDeGaulle.jpg 

Si cette question de la limitation du nombre de mandats présidentiels en France a été posée, c'est certainement que les élèves ont en tête l'expérience politique américaine, où effectivement un tel texte existe depuis 1951 et la création du XXIIème amendement à la Constitution américaine. Ce dernier proposé en 1947 et ratifié en 1951, sous la deuxième présidence d'Harry Truman (1948-1952), stipule "nul ne pourra être élu à la présidence plus de deux fois". Pourquoi une telle décision ? Plusieurs explications peuvent être données. La première concerne les usages de la fonction présidentielle à l'origine de la démocratie américaine : les tout premiers présidents, George Washington (le premier de 1789 à 1797) et Thomas Jefferson (le 3ème de 1801 à 1809) n'ont pas souhaité se représenter à la tête de l'Etat, alors que rien ne les y empêchait (Washington ne voulait même pas faire un deuxième mandat en 1793 !). Dès lors, l'usage s'est imposé pour les autres présidents de ne pas faire plus de 2 mandats. Une première entorse à cette règle tacite fut entreprise par Ulysses S. Grant, républicain, qui après deux mandats (1869-1877) décida de se représenter pour une troisième fois, mais sans le soutien de son parti. Il ne fut pas réélu une deuxième fois. Cependant l'explication qui vient immédiatement à l'esprit pour comprendre le vote du XXIIe amendement est celle des 4 mandats exercés par le démocrate F. D. Roosevelt, président de 1933 à 1945 (élu en 1932, 1936, 1940 et 1944). Les circonstances particulières de la guerre expliquent sa nouvelle élection en 1944, mandat qu'il ne terminera pas puisqu'il décède en avril 1945, quelques jours avant la fin des hostilités en Europe. Mais, c'est bien sa troisième élection, en 1940, qui constitue un événement exceptionnel. En 1940, les Etats-Unis ne sont pas en guerre (ils y entrent en décembre 1941) mais le contexte international (guerre en Europe, en Asie) fait qu'il souhaite briguer un troisième mandat, opposé à un Républicain, W. Willkie, qui était un de ses anciens soutiens... au parti démocrate ! 

pres32.gif

 

Aux lendemains de la guerre, son vice président devenu président, H. S. Truman accepta l'idée de faire entrer dans la constitution américaine la limitation officielle du nombre de mandats présidentiels à 2. Lui-même fut concerné par cette mesure : nommé président en 1945, il ne put que se représenter en 1948 pour faire un 2ème mandat. En effet, si un vice-président exerce pendant plus de 2 ans le pouvoir, on considère qu'il a exercé un premier mandat.

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 17:29

Voici quelques exemples de cartes réalisées par les élèves de la classe à partir du sujet : "l'organisation du territoire des Etats-Unis : les dynamiques régionales". 

De manière générale, il convient de rappeler quelques règles que peu d'élèves respectent encore. La carte consiste à traiter un sujet donné. Beaucoup de copies oublient ce qui paraît le plus évident : découper le territoire des Etats-Unis en fonction de ses grands ensembles géographiques. Ensuite, il convient de ne pas oublier les Etats frontaliers, surtout lorsqu'ils se limitent à 2 et que des zones de contacts et d'échanges avec les Etats-Unis mais aussi les océans, le golfe du Mexique... Attention aussi à bien organiser sous formes de thèmes la légende en utilisant un langage géographique simple mais clair. 

marionccarte001.jpg

Voici par exemple la carte de Marion C. 

On y trouve des points forts : 

- Le lisibilité et le soin porté à la réalisation, y compris dans la légende

- Une légende structurée (attention à l'orthographe toutefois)

mais aussi quelques points à améliorer : 

- Une maladresse d'exécution avec les zones blanches alors que le figuré choisi est un figuré ponctuel (zonage en pointillés bleus) : il fallait utiliser les couleurs également pour ces parties du territoire des Etats-UNis

- des localisations pas assez suffisantes : il manque beaucoup de villes, dont certaines très importantes comme Chicago. Il n'y a pas de hiérarchie entre les villes. Dommage également de ne pas avoir indiqué le nom de quelques régions dynamiques (ex : Métrolina). 

- Quelques maladresses dans la rédaction de la légende (ex : le centre présenté comme une zone de transit). 

luciedcarte001.jpg Cette deuxième carte de Lucie D. présente, elle  aussi, des qualités : 

- une réalisation soignée également

- une légende structurée avec des entrées correspondant bien au sujet donné

- des localisations nombreuses, même si le nom de certaines régions fait également défaut

mais on y retrouve aussi des points à améliorer : 

- des maladresses d'expression "dynamique spatiales", "axes fluviales"... 

- le point de départ et la destination des flux internes ne sont pas assez précis

- La deuxième partie de la légende est très riche et mêle des aspects différents. Il aurait été judicieux de réorganiser les informations avec notamment la 3ème partie qui, à l'inverse, est beaucoup trop sommaire et un peu en marge du sujet. 

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 17:32

Voici un corrigé du devoir du vendredi 30 mars à partir d'un texte d'Harold Macmillan, premier ministre anglais, en 1960, au sujet du mouvement de décolonisation. 

 

EXERCICE A

Tiers-Monde : Expression inventée en 1952 par le sociologue français Albert Sauvy, à partir de l’expression historique Tiers-Etat, désignant la possible émergence d’un troisième monde, composé notamment de pays nouvellement indépendants, dans le contexte de l’opposition Est/Ouest.

Non-alignement : Politique initiée à la fin des années 50 et au début des années 60 (conférence de Belgrade) par certains leaders de pays du Tiers-Monde consistant à refuser de suivre le modèle idéologique américain et soviétique.

 

EXERCICE B

1. A la date du discours, Harold Mac Millan est le premier ministre du Royaume-Uni qui était la première puissance coloniale du monde. Le processus de décolonisation en est à un tournant. En effet, les décolonisations ont commencé en Asie dès la fin de la seconde Guerre mondiale (Inde, 1947, Indonésie 1949, Indochine 1954). Le mouvement touche ensuite l’Afrique avec l’indépendance de la Tunisie et du Maroc en 1956 (protectorat français), du Ghana en 1957 (ex-colonie britannique), de la Guinée en 1958 (ex-colonie française). 1960 marque l’indépendance des pays d’Afrique noire colonisés par la France (Mali, Sénégal, Côte d’Ivoire). Ce discours a été prononcé dans un contexte de décolonisation accélérée du continent africain mais le processus demeure inachevé (colonies portugaises, Afrique orientale anglophone et sans oublier l’Algérie en plein conflit).

Mwanawina_III_Macmillan_January_1960.jpgMacmillan, à droite, en janvier 1960, en compagnie de Mwanawina III, prince zambien.  

 

2. « De nombreux pays de races et de civilisations différentes exprimèrent leur désir d’une existence nationale indépendante. Aujourd’hui se produit la même chose en Afrique. » L’auteur fait allusion au mouvement d’émancipation des peuples colonisés au lendemain de la seconde guerre mondiale. Ce mouvement qui s’est affermi dans l’entre-deux-guerres a débouché sur la proclamation d’indépendance dès la fin de la seconde guerre mondiale, comme en Indochine, avec les Vietminhs d’Ho Chi Minh. Ainsi, plusieurs peuples ont revendiqué rapidement l’application du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, inscrit dans la charte des Nations Unies. On peut citer l’exemple de l’Inde en 1947, où la Ligue musulmane d’Ali Jinnah et le Parti du Congrès de Nehru et de Gandhi ont œuvré pour l’indépendance, effective en août 1947. On peut aussi citer les guerres d’Indonésie et de l’Indochine, qui ont abouti à l’indépendance de ces deux Etats. Pour l’Afrique, quelques exemples sont également possibles : l’indépendance de la Côte de l’Or britannique qui devient le Ghana sous l’impulsion de Patrice N’Krumah en 1957. On peut aussi citer l’indépendance des deux protectorats français d’Afrique du Nord, cédés en 1956, après une répression marquée contre les partisans de l’indépendance (ex : Bourguiba et le  parti du Néo-Destour en Tunisie). Autre cas de décolonisation pacifique, celui de l’Afrique noire française où les peuples accèdent à l’indépendance en 1960, après avoir obtenu l’autonomie en 1958 dans le cadre de la Communauté française. Ce combat pour l’«existence nationale indépendante » continue par contre en Algérie avec une guerre initiée depuis le 1er novembre 1954 par l’Armée de Libération nationale. 1960 marque d’ailleurs une inflexion dans la politique des autorités françaises qui, sous l’influence de De Gaulle, finissent par se rendre compte du caractère inéluctable de l’indépendance algérienne.

3. Les trois groupes qui composent le monde, selon Macmillan, sont :

- les démocraties libérales de l’Ouest et leurs alliés (comme l’Afrique du Sud). Le premier ministre britannique les nomme « le monde libre », ce qui est conforme à la façon dont voulait se présenter ce monde occidental dont l’idéologie dominante était le libéralisme, notamment en politique.

- les pays communistes, que Macmillan résume à l’URSS, aux démocraties populaires d’Europe de l’Est et à la Chine, omettant d’autres Etats (Corée du Nord, Cuba, mais aussi le Vietnam).

- un troisième monde non engagé, qui, d’après le texte, regroupe les pays venant d’accéder à l’indépendance en Asie et en Afrique. Il n’utilise pas l’expression Tiers-Monde et ne fait pas référence à leur tentative d’unité (aucune référence à Bandung par exemple). Au contraire, il insiste beaucoup sur leur diversité (premier paragraphe).

4. « A mon avis, la grande question de cette seconde moitié du XXème siècle est de savoir si les peuples émancipés d’Asie et d’Afrique se tourneront vers l’Est ou vers l’Ouest ». L’opposition politique, idéologique, économique entre l’URSS et les EUA (Etats-Unis d’Amérique) structure le monde après 1945. Il existe un bloc de l’Est dominé par l’URSS (communiste, démocratie populaire) et un bloc de l’Ouest dominé par les EUA (libéral et capitaliste). La décolonisation est donc un enjeu de la guerre froide, susceptible de remettre en cause l’équilibre des forces né de la fin de la seconde guerre mondiale. Les 2 Grands veulent intégrer à leur bloc les nouveaux Etats indépendants (70 nouveaux Etats se constituent en Asie et en Afrique entre la fin de la guerre et le milieu des années 70). Pour Mac Millan, cette question est d’autant plus cruciale que la Grande-Bretagne est l’un des acteurs importants du bloc de l’Ouest, l’un des principaux alliés des Américains. Il pense qu’elle a joué un rôle capital en préparant les peuples à l’indépendance (rôle du self-government), ce qui permettrait, selon lui, au bloc de l’Ouest de maintenir son influence sur ces derniers. L’argument n’est pas très convaincant, car certaines anciennes colonies britanniques veulent prendre leur distance avec les deux Blocs, comme l’Inde de Nehru, qui se tourne vers le non-alignement.

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 11:18

Quelques destins, quelques documents un peu particuliers, que l'on ne rencontre pas dans les manuels scolaires pour aborder les indépendances des anciennes colonies !

Par exemple, comment suivre le destin de la très exotique Rhodésie du Sud, ancienne colonie britannique, devenue indépendante au milieu des années 60 ? En suivant par exemple, le parcours de Bruce Grobbelaar, le gardien emblématique de Liverpool.

           Né en 1957 en Afrique du Sud,  Bruce Grobbelaar passa son enfance en Rhodésie du Sud, où régnait un régime d'apartheid. A la fin des années 70, il accomplit son service militaire pour la Rhodésie du Sud dans la Rhodesian National Guard qui exerçait sur les populations noires une intense répression. Il démarra ensuite une brillante carrière professionnelle au début des années 80 sous le maillot des Reds de Liverpool. Il devint aussi le gardien de la sélection nationale du Zimbabwe, nouveau nom pris par la Rhodésie après l'abolition de l'apartheid en 1980. A signaler qu'il fut le premier joueur africain  à emporter une coupe d'Europe sous le maillot de Liverpool. Pour le détail de sa carrière sportive, vous pouvez vous reporter à l'encyclopédie en ligne Wikipédia, dont voici un court extrait.

De 1981 à 1994, il jouera 627 matches pour Liverpool, et devint célèbre pour son style excentrique et flamboyant. En 1984, il remporte la Coupe d'Europe des Clubs Champions face à l'AS Rome aux tirs aux buts, Lors de cette séance, deux scènes sorties de l'imagination de Grobbelaar sont restés célèbres. Lors du tir de Bruno Conti, il s'avance vers le but en souriant aux photographes et en faisant mine de manger les filets tels des spaghettis. Le tir passa au dessus de la barre. Puis face à Francesco Graziani, il fait vaciller ses jambes tel un homme ivre, ce qui a certainement déstabilisé le tireur romain qui n'a pas marqué. Ce soir-là, il devint le premier joueur africain à remporter un tel trophée.
 
 
Autre source documentaire, les timbres... Voici, un vieux timbre célébrant le dixième anniversaire de la République démocratique du Congo en 1970. Références nationales : le drapeau, les limites de l'Etat de cette ancienne colonie belge qui allait devenir l'année suivante le Zaïre. Mais, sauriez-vous reconnaître le personnage en haut à gauche ?
   L'histoire ne s'écrit pas seulement qu'à partir d'archives politiques, de textes de dirigeants ou d'articles de journaux. Par quelques exemples évocateurs, on peut facilement sortir des sentiers battus et valoriser son travail. Quel plus beau résumé de la guerre froide que la victoire aux J.O de 1972 en basket de l'équipe masculine soviétique sur sa rivale américaine ? En finale à Munich, face à l'URSS, les Américains mènent 50-49 au coup de sifflet final. Mais un temps mort a été demandé, il faut de nouveau jouer trois secondes, qui suffisent à l'URSS pour marquer : 51-50, elle est championne olympique ! Les juges passeront une nuit entière sur la réclamation aussitôt posée par les Américains, d'autant que la remise en jeu ne se serait pas faite au bon endroit... mais rien n'y fait. Les Américains ne vinrent pas chercher leur médaille d'argent.
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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 10:01

Voici deux exemples de croquis assez réussis concernant les deux sujets que les élèves de la classe pouvaient traiter.

Premier croquis, celui de Kevin sur les inégalités de développement à l'échelle planétaire

cartekevin001.jpg

Les qualités :

- une carte riche en informations 

- des localisations suffisantes

- une légende cohérente malgré quelques maladresses ("pays laissés à l'abandon" en vert alors que PMA aurait été préférable). 

 

Les défauts : 

- Légende pas assez soignée

- Une erreur de figuré : il faut conserver un figuré de surface pour les pays d'Europe de l'Est et non un symbole

- Quelques approximations : la limite Nord/Sud en Asie-Pacifique, des pays d'Afrique de l'Ouest abusivement présentés comme "à l'abandon"... 

- Quelques manques comme les causes du retard de développement dans certains pays (famine, guerres civiles, stress hydrique...)

 

Voici à présent le croquis de Marion C. sur le bassin méditerranéen

cartemarionc001.jpg

 

Les qualités : 

- Un travail soigné et clair

- Des localisations suffisantes pour les pays (les Etats de l'ex-Yougoslavie sont bien indiqué)

 

Les points à améliorer : 

- Les parties I et III trop semblables au niveau du contenu - Il fallait changer le titre de la troisième partie de la légende. 

- Quelques approximations : il manque l'Ouest de la Truqie, le Liban, la limite Nord-Sud oublie l'Ouest de la Turquie

- Quelques manques au niveau des flux : flux de marchandises (Nord/Sud)

- Un manque de localisations pour les villes, les ports, les stations balnéaires... 

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 09:28

Voici la correction de l'ensemble documentaire du bac blanc du 10 février, proposé par mon collègue, M. Chomel. 

1989 – 1991 : La fin d’un monde

1ère partie :

 D’après les documents, il fallait mettre en avant :

 

1)   La situation politico-économique du bloc soviétique avant 1989

-       L’état de pénurie chronique du bloc soviétique (doc 2) : en raison de la course aux armements et de la faible compétitivité de l’économie soviétique, les populations manquent de biens de consommation courant et ont un niveau de vie très inférieur aux population de l’ouest. Le document parle de « système bureaucratique » mis en place : Il s’agit d’un système où l’ensemble de la production est étatisé.

 

-       L’omnipotence des régimes autoritaires dans les pays du bloc de l’Est. Le doc 1 montre le contrôle tout puissant des partis communistes (« les décisions … ne sont soumis à aucun contrôle social »). On ne peut plus parler de totalitarisme mais d’autoritarisme avec la surveillance des opposants (« censure »). On peut de plus parler de gérontocratie (absence de renouvellement des personnes qui occupent des positions dirigeantes) : l’élite sociale, celle qui compose la nervure du PC s’est constituée (on parle de nomenklatura ou d’apparatchik) et gouverne « selon leurs intérêts propres »).

 

-       Les document 1, 5,6 montre l’impérialisme de Moscou par rapport aux « pays frères » : par un système d’alliance politique, économique (CAEM/ COMECON) ou militaires (pacte de Varsovie), L’URSS refuse une politique autonome aux démocraties populaires et intervient lorsque des velléités indépendantistes se font sentir (Budapest, 1956 ; Prague, 1968)

 

2)   La position de Moscou dans les changements peut être résumée par 2 mots :

-       Perestroïka (c'est-à-dire réforme interne du système soviétique : démocratisation du système) et surtout Glasnost : le document 4 montre que Gorbatchev refuse d’intervenir désormais dans les pays frères (« Toute ingérence dans les affaires intérieures, toute tentative de limiter la souveraineté des états (…) sont inadmissibles). C’est cette politique qui engendre l’ouverture du rideau de fer par les autorités hongroises en juin 1989.

 

3)   Le rôle des différentes composantes de l’empire soviétique est double

-       Dans les démocraties populaires, les populations se révoltent contre la domination de Moscou et celle du PC. C’est ce qu’illustre le document 1 : en Pologne, Solidarnosc, un syndicat non communiste, dont la principale figure est Lech Walesa, fortement soutenu par l’église catholique, dénonce le système et entame une série de grèves. Ce mouvement de résistance, d’abord reprimé conduit pour la première fois les autorités communistes à négocier (janvier 1989 : élections en Pologne où les représentants de Solidarnosc sont admis à se présenter). On retrouve ce mouvement de résistance civile dans la quasi-totalité des démocraties populaires (exemple : Vaclav Havel en Tchécoslovaquie).

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Document 3 : L'ouverture du rideau de fer entre Hongrie et Autriche durant l'été 1989

-      

Au sein même de l’URSS, 2 ans plus tard, les nationalités non russophones, à l’exemple des Baltes se déclarent indépendantes en 1991 : on assiste dans l’empire soviétique à un renouveau des nationalismes.

 

4)   Les transformations de l’année 1991 sont doubles :

-       Passage général des « pays de l’Est » à la démocratie et à l’économie de marché comme le montre le document 5 : L’Allemagne est réunifiée en octobre 1990 après la chute du mur

-       L’éclatement de l’URSS en 1991 (décembre 1991 : démission de Gorbatchev). Celle-ci se produit après les déclarations d’indépendances des pays baltes et surtout après le putsch d’août 1991 au cours des participants de l’armée et du KGB ont essayé de stopper la Perestroïka. Au cours de celui-ci, le président Russe, B Eltsine est devenu l’autorité la plus légitime. KGB et PCUS ont été dissous et M Gorbatchev régnant sur « une coquille vide » a été contraint à la démission : 15 nouvelles républiques sont donc apparues en remplacement de l’ex-URSS.

 

2ème partie : Réponse organisée/ synthèse

 

·       La problématique suivante pouvait être adoptée : Pourquoi et comment, le bloc soviétique éclate t-il brutalement entre 1989 et 1991.

 

·       Le plan suivant pouvait être adopté :

 

I-             Un bloc soviétique usé et contesté

 

-       Un système autoritaire usé

-       Un système économique peu performant usé par la course aux armements

-       Un système contesté en son sein : résistance des populations civiles à l’image de Solidarnosc en Pologne.

 

II-           Une étape décisive : la Glasnost entraîne la sécession des démocraties populaires

 

-       Changement de politique radicale en 1985 avec l’arrivée d’un réformiste au pouvoir en URSS : M Gorbatchev

-       Eté 1989 : ouverture du rideau de fer, chute du mur de Berlin (09 / 11 / 1989), fuite massive des populations vers l’ouest

-       1990 : Elections pluripartites et démocratiques dans tous les pays de l’est. Partout, les communistes sont défaits. CAEM et pacte de Varsovie sont dissous. Ces pays adhèrent à l’OTAN et préparent leur adhésion à l’UE …

 

III-        1991 : affirmation des nationalismes et éclatement de l’URSS

 

-       1991 : manifestation des Baltes pour l’indépendance.

-       Août 1991 : crise politique à Moscou et victoire du libéral Eltsine sur le communiste réformateur Gorbatchev

-       Eclatement définitif de l’URSS le 25/12/1991.

 

·       En conclusion

 

-       Le système soviétique s’avère impossible à réformer de l’intérieur et éclate en 2 temps.

-       Aujourd’hui, une nouvelle géopolitique s’est installée en Europe : l’UE comprend la quasi-totalité des anciennes démocraties populaires et s’étend jusqu’aux Pays Baltes … Mais la Russie, après une décennie de crise a réaffirmé sa puissance récemment face à ses anciennes républiques (Géorgie, Ukraine). La Russie n’a pas accompli sa révolution démocratique mais les récentes manifestations en Russie laissent entendre qu’une telle évolution reste possible …

 

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