De TF1 à Arte, la programmation de
cette semaine aura un penchant fort pour l'histoire et notamment pour celle dont l'héritage est le plus controversé : le printemps 68. De James Bond à Chris Marker, rapide
panorama d'une programmation haletante.
Il est de bon ton, par les temps qui courent, de stigmatiser l'héritage de mai 1968. Arte, en avance de quelques semaines,
sur la commémoration, nous présente une Thema, mardi 15 avril, à partir de 21 heures, intitulée Faut-il interdire d'interdire ? Au cours de cette soirée, seront présentées les
deux parties du film documentaire de Chris Marker, Le fond de l'air est rouge, retraçant avec images d'archives à l'appui, interviews des principaux protagonistes, une décennie de
mouvements révolutionnaires de par le monde (1967-1977). L'oeuvre remontée dans les années 90 a été raccourcie à 3 heures. Elle nous emmène sur les traces des communistes latino-américains ou
asiatiques, des jeunesses européennes (du bloc de l'Ouest comme de l'Est avec notamment un passage relatif à la répression du printemps de Prague en août 1968). A propos de ce documentaire, le
réalisateur Chris Marker déclare : "Au cours des dix dernières années, un certain nombre d'hommes et de forces
(quelques fois plus instinctives qu'organisées) ont tenté de jouer pour leur compte fût ce en renversant les pièces. Tous ont échoué sur les terrains qu'ils avaient choisis. C'est quand même leur
passage qui a le plus profondément transformé les données politiques de notre temps. Ce film ne prétend qu'à mettre en évidence quelques étapes de cette transformation." 1968 ne se réduit en
effet pas au printemps agité français. Les historiens depuis quelques années ont mis en lumière l'existence d'"années 68", dont les conséquences ont pesé sur les politiques et sociétés pendant
les années 70 et bien au-delà. Voilà encore une pierre dans le jardin de ceux qui voudraient relire l'histoire à l'aune de leurs convictions partisanes.
Signalons que TF1 ne sera pas en reste pour nous questionner sur notre rapport à l'histoire, d'une manière toutefois radicalement différente et beaucoup plus divertissante. En diffusant Meurs
un autre jour, excellent opus de la saga James Bond (2002), nous aurons la réponse à cette question qui hante nos esprits : mais que fabriquait le meilleur agent des services secrets
occidentaux le 11 septembre 2001, pour éviter l'irrémédiable ? Dimanche 13 avril, vers 20 heures 55, le pré-générique de Meurs un autre jour nous donnera enfin un élément
de réponse !