SEMAINE DU 30 JUIN AU 6 JUILLET
Un des plus grands films français, une oeuvre magistrale et inégalée,
qui a bientôt trente ans mais pas une ride : A nos amours de Maurice Pialat (1983). A voir, revoir, encore et encore ! Rendez vous mercredi 4 juillet sur Arte, à partir de 20
heures 50.
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Peut-être faudrait-il pour commencer par la fin, c'est à dire regarder mercredi prochain
Il était une fois... A nos amours, le documentaire suivant la projection du film de
Pialat pour en connaître mieux sur cette oeuvre qui a l'éclat d'un diamant brut, réhaussée par une pépite découverte par le réalisateur, une certaine Sandrine Bonnaire, âgée d'une quinzaine
d'années. On y rappellera certainement comment Pialat surprit tous ses comédiens dans la scène d'anthologie de
la dispute du repas de famille en surgissant à l'improviste sur le plateau. Mais réduire le film à ce moment unique serait lui faire injure, tant il recèle de scènes
époustouflantes où Pialat touche la vérité humaine, réussissant à faire disparaître le jeu des comédiens et la rigidité d'un scénario pour filmer, tâche pourtant insurmontable, y compris dans les
documentaires, la vie.
Du tout début du film (la répétition dans une colonie de vacances de la pièce de Musset On ne badine pas avec l'amour), jusqu'à la scène finale, la discussion dans un bus conduisant
à l'aéroport entre le père et la fille), Pialat nous embarque là où les cinéastes ne vont jamais : dans les émotions familiales, dans le coeur d'une jeune adolescente qui s'offre à tout le monde,
sauf à celui qu'elle aime, dans les contradictions des êtres humains qui l'entourent pour la provoquer ou la protéger (le père, la mère, le frère...).
Sifflé par le public cannois quelques années plus tard, au moment de recevoir la Palme d'Or pour Sous le soleil de Satan (1987), Pialat eut à la tribune cette réplique cinglante :
"Si vous ne m'aimez pas, sachez que moi non plus, je ne vous aime pas", rappelant qu'avec lui, la différence entre le mépris et l'amour était beaucoup plus ténue qu'on le pense
généralement. Regardez A nos amours suffira à chacun pour savoir s'il aime ou non ce génie du cinéma.