SEMAINE DU 1er AU 7 MAI
Toi l'Auvergnat, pardon,
toi l'Algérien qui sans
façon...

Une semaine d'une densité exceptionnelle
avec beaucoup de très bons films sur la chaîne franco-allemande : Le Juge et l'Assassin de Tavernier lundi 3 mai,Madame de... de Max Ophüls sur la
même chaîne le mercredi 5, Paranoïd Park de Gus Van Sant le jeudi 6 mai. Et si on choisissait quand même France 2
?
Il y a
quelques mois, l'actuel ministre de l'intérieur avait osé une plaisanterie douteuse sur les "Auvergnats", qui lorsqu'ils étaient trop nombreux, pouvaient engendrer quelques problèmes en semant le
désordre. Les républicains sincères, comme moi, qui ont un amour démesuré depuis le XIXe siècle, pour Vercingétorix, ont pu être choqués par tant de suspicion à l'égard de nos
indécrottables Auvergnats. Pourquoi jeter l'opprobe sur ce peuple fier et courageux et pourquoi un ministre de l'intérieur s'ingénie-t-il à semer le trouble... à l'intérieur de son pays
?
En
diffusant, dans la nuit du 4 au 5 mai, à partir de 0 heure 50, un film aussi rare que précieux, intitulé Elise ou la vraie vie de Michel Drach (1969), France 2 m'a remis en
tête ce peu glorieux dérapage de M. Hortefeux.
L'oeuvre de
Michel Drach est un film sur le racisme ordinaire visant injustement les Auvergnats, pardon, lapsus involontaire, les Algériens. Elise ou la vraie vie est un
film particulièrement courageux, adapté d'un roman de 1967 de Claire Etcherelli, alors que la guerre d'Algérie faisait encore figure de tabou. L'essentiel du film nous présente une
histoire d'amour entre une jeune ouvrière, Elise (Marie Josée Nat) et Arezki (Mohamed Chouik, qui devint également un grand metteur en scène de cinéma, véritable gentleman que j'ai eu la chance
de rencontrer un jour au festival du Premier Film d'Annonay).
Tout est
dit du climat délétère qui entoure la main d'oeuvre immigrée venue travailler en France, d'autant que le personnage d'Arezki est aussi un partisan du FLN. Les dialogues de Claude Lanzmann (plus
connu pour son film phare, Shoah) résonnent des insupportables : "ratons", "bicots"... stigmatisant les Auvergnats, pardon, décidément..., les Algériens. Entre brimades,
scène d'humiliation, Michel Drach nous montre ce que pouvait être la vraie vie pour certains à l'époque des Trente Glorieuses françaises. Une salle vie d'Auvergnats...