SEMAINE DU 27 AOUT AU 2 SEPTEMBRE
Capitale de cinéma
Petit bijou de film mêlant science fiction et surréalisme, ne ratez pas les quelques 30 minutes du
film de René Clair, Paris qui dort réalisé en 1923 et qui fit définitivement de la Tour Eiffel le symbole cinématographique de Paris et de la France.
Comme à son habitude, le cinéma de Minuit de France 3, le dimanche soir, très tard, nous
permet de redécouvrir quelques précieux joyaux de la couronne cinématographique. Dans un cycle estival portant bien son nom (Raretés, Curiosités), nous pourrons découvrir dans la nuit du
dimanche 28 août au lundi 29 août, Paris qui dort de René Clair, moyen métrage, évidemment muet, digne du plus grand intérêt.
En 1923, dans une capitale marquée par l'esprit surréaliste et dadaïste, René Clair, qui devint ensuite un cinéaste plus porté sur le réalisme, réalisa un petit bijou d'inventivité avec des
moyens dérisoires mais une imagination débridée. A partir d'un scénario intitulé Rayon diabolique, René Clair nous présente, en effet, un Paris complètement inédit : une ville
endormie où tout s'est mystérieusement arrêté à 9 heures 25 à cause d'un rayon paralysant. Seul un homme a échappé à ce mystérieux rayon : un des gardiens de la Tour Eiffel, un certain Albert,
ainsi que 5 autres personnes qui se trouvaient dans un avion et qui vont dès leur atterrissage profiter des joies de la vie parisienne en toute quiétude, puisque tous les autres habitants sont
plongés dans une profonde somnolence.
Film sur une ville et sur son monument emblématique, Paris qui dort n'est sans doute pas pour rien dans notre perception et dans l'imaginaire collectif de la capitale française
très souvent identifiée voire réduite à la Tour Eiffel. Ainsi, il est de coutume, à l'instar de Manhattan et de la statue de la Liberté pour New York, d'identifier Paris par son monument de fer
dans le cinéma et ceci dès les années 1910/1920 ! Et le fait est que la Tour Eiffel est presque le personnage central du film de René Clair qui rend aussi hommage à l'espace urbain parisien
en nous promenant dans des artères vides ou sur des ponts déserts enjambant la Seine.
Peu importe au final le scénario, ce qui compte et fascine encore près de 90 ans plus tard, c'est cette magnifique vision d'une ville vide, abandonnée, où la poésie et l'humour peuvent jaillir à
tout moment... avec un minimum d'effets et beaucoup d'imagination. Les historiens du cinéma précisent que René Clair put filmer un Paris vide parce qu'il tourna en fait très tôt le matin les
jours d'été. D'ailleurs, dans certains plans, selon eux, en faisant attention, on peut remarquer au fond de l'image un peu d'agitation. Il s'agirait de balayeurs accomplissant leur oeuvre
réparatrice au petit matin, avant 5 heures quand Paris s'éveille. Comme quoi la plus triviale des réalités s'invite toujours même dans la science fiction !