Voici la correction de l'ensemble documentaire du bac blanc du 10 février, proposé par mon collègue, M. Chomel.
1989 – 1991 : La fin d’un
monde
1ère partie :
D’après les documents, il fallait mettre en avant :
1) La situation
politico-économique du bloc soviétique avant 1989
- L’état de pénurie chronique du bloc soviétique (doc 2) : en raison de la
course aux armements et de la faible compétitivité de l’économie soviétique, les populations manquent de biens de consommation courant et ont un niveau de vie très inférieur aux population de
l’ouest. Le document parle de « système bureaucratique » mis en place : Il s’agit d’un système où l’ensemble de la production
est étatisé.
- L’omnipotence des régimes autoritaires dans les pays du bloc de l’Est. Le doc 1
montre le contrôle tout puissant des partis communistes (« les décisions … ne sont soumis à aucun contrôle social »). On ne peut
plus parler de totalitarisme mais d’autoritarisme avec la surveillance des opposants (« censure »). On peut de plus parler de
gérontocratie (absence de renouvellement des personnes qui occupent des positions dirigeantes) : l’élite sociale, celle qui compose la nervure du PC s’est constituée (on parle de nomenklatura ou d’apparatchik) et gouverne « selon leurs intérêts propres »).
- Les document 1, 5,6 montre
l’impérialisme de Moscou par rapport aux « pays frères » : par un système d’alliance politique, économique (CAEM/ COMECON) ou militaires (pacte de Varsovie), L’URSS refuse une politique autonome aux démocraties populaires et intervient lorsque des velléités indépendantistes se font sentir (Budapest, 1956 ;
Prague, 1968)
2) La position de
Moscou dans les changements peut être résumée par 2 mots :
- Perestroïka (c'est-à-dire réforme interne du système soviétique :
démocratisation du système) et surtout Glasnost : le document 4 montre que Gorbatchev refuse d’intervenir désormais dans les pays frères (« Toute ingérence dans les affaires intérieures, toute tentative de limiter la souveraineté des états
(…) sont inadmissibles). C’est cette politique qui engendre l’ouverture du rideau de fer par les autorités hongroises en juin 1989.
3) Le rôle des
différentes composantes de l’empire soviétique est double
- Dans les démocraties populaires, les populations se révoltent contre la domination de Moscou et celle du PC. C’est ce qu’illustre le document 1 : en Pologne,
Solidarnosc, un syndicat non communiste, dont la principale figure est Lech Walesa, fortement soutenu par l’église catholique, dénonce le
système et entame une série de grèves. Ce mouvement de résistance, d’abord reprimé conduit pour la première fois les autorités communistes à
négocier (janvier 1989 : élections en Pologne où les représentants de Solidarnosc sont admis à se présenter). On retrouve ce mouvement
de résistance civile dans la quasi-totalité des démocraties populaires (exemple : Vaclav Havel en Tchécoslovaquie).
Document 3 : L'ouverture du rideau de fer entre Hongrie et Autriche durant l'été 1989
-
Au sein même de l’URSS, 2 ans plus tard, les nationalités non russophones, à
l’exemple des Baltes se déclarent indépendantes en 1991 : on assiste dans l’empire soviétique à un renouveau des nationalismes.
4) Les transformations
de l’année 1991 sont doubles :
- Passage général des « pays de l’Est » à la démocratie et à l’économie de marché comme le montre le document 5 : L’Allemagne est réunifiée en octobre 1990 après
la chute du mur
- L’éclatement de l’URSS en 1991 (décembre 1991 : démission de Gorbatchev). Celle-ci se produit après les déclarations d’indépendances des pays baltes et surtout après le putsch
d’août 1991 au cours des participants de l’armée et du KGB ont essayé de stopper la Perestroïka. Au cours de celui-ci, le président Russe, B
Eltsine est devenu l’autorité la plus légitime. KGB et PCUS ont été dissous et M Gorbatchev régnant sur « une coquille vide » a été contraint à la démission : 15 nouvelles
républiques sont donc apparues en remplacement de l’ex-URSS.
2ème partie : Réponse organisée/
synthèse
· La problématique suivante pouvait être adoptée : Pourquoi et comment, le bloc soviétique éclate t-il
brutalement entre 1989 et 1991.
· Le plan suivant pouvait être adopté :
I- Un bloc soviétique usé et contesté
- Un système autoritaire usé
- Un système économique peu performant
usé par la course aux armements
- Un système contesté en son sein :
résistance des populations civiles à l’image de Solidarnosc en Pologne.
II- Une étape décisive : la Glasnost entraîne la sécession des démocraties populaires
- Changement de
politique radicale en 1985 avec l’arrivée d’un réformiste au pouvoir en URSS : M Gorbatchev
- Eté 1989 :
ouverture du rideau de fer, chute du mur de Berlin (09 / 11 / 1989), fuite massive des populations vers l’ouest
- 1990 :
Elections pluripartites et démocratiques dans tous les pays de l’est. Partout, les communistes sont défaits. CAEM et pacte de Varsovie sont dissous. Ces pays adhèrent à l’OTAN et préparent leur
adhésion à l’UE …
III- 1991 : affirmation des nationalismes et éclatement de l’URSS
- 1991 : manifestation des Baltes
pour l’indépendance.
- Août 1991 : crise politique à
Moscou et victoire du libéral Eltsine sur le communiste réformateur Gorbatchev
- Eclatement définitif de l’URSS le
25/12/1991.
· En conclusion
- Le système soviétique s’avère
impossible à réformer de l’intérieur et éclate en 2 temps.
- Aujourd’hui, une nouvelle géopolitique
s’est installée en Europe : l’UE comprend la quasi-totalité des anciennes démocraties populaires et s’étend jusqu’aux Pays Baltes … Mais la Russie, après une décennie de crise a réaffirmé sa
puissance récemment face à ses anciennes républiques (Géorgie, Ukraine). La Russie n’a pas accompli sa révolution démocratique mais les récentes manifestations en Russie laissent entendre qu’une
telle évolution reste possible …