Dimanche 29 janvier 2012
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SEMAINE DU 21 AU 27 JANVIER
Cessons le feu
Valse avec Bachir d'Ari Folman sur Arte, mercredi 25 janvier à partir de 22 heures 10, quand le film
d'animation évoque puissamment l'horreur de la guerre. Un chef d'oeuvre.
Arte consacre sa soirée du 25 janvier à la diffusion de deux grands films d'animation, sortis en 2007 et 2008 : Persepolis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud
et Valse avec Bachir d'Ari Forlman, une oeuvre coproduite par la France, l'Allemagne et Israël. Ce dernier film évoque un épisode dramatique de la guerre du Liban en 1982 : les
massacres de Sabra et Chatila.
Passant du présent au passé, avec pour toile de fond, le traumatisme de la guerre, le réalisateur fait part de sa propre expérience et surtout de ses propres obsessions. En septembre 1982, des
miliciens chrétiens se rendent coupables de massacres dans les camps de civils palestiniens à Sabra et Chatila, territoires sous contrôle israélien. L'état hébreu fut alors accusé a minima
d'indifférence voire, pour certains historiens, de complicité dans cette tragédie. Ainsi, Ari Forlman, cinéaste israélien, questionne la responsabilité de son propre pays mais aussi la sienne, en
tentant de renouer les fils d'un passé qui ne revient que par bribes.
Valse avec Bachir, présenté au festival de Cannes en 2008, sans obtenir de prix, fut loué pour ses qualités esthétiques et l'originalité de son scénario, faisant sans cesse le grand
écart entre aujourd'hui et hier. Le découvrir à la télévision en réduira peut-être le charme mais vous permettra de comprendre comment le cinéma d'animation peut parfois viser au plus profond des
âmes, surtout lorsqu'il a, ce que n'a pas toujours le cinéma de fiction, la sagesse de s'effacer lorsque l'horreur est trop brutale. En témoigne la fin de Valse avec Bachir où
le cinéaste prend le parti pris de laisser place, lorsque sa mémoire a fini par retrouver son passé, aux images d'archives évoquant les massacres. Un magnifique leçon de vie et de cinéma.
Par Gilles SABATIER
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Publié dans : ARCHIVES FILMS A VOIR
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Jeudi 26 janvier 2012
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Le programme de Première ES/L/S sur la colonisation, comme celui de Terminale S pour la dernière année, n'invite pas assez à focaliser l'étude sur les
répercussions de la colonisation dans les métropoles et notamment dans l'imaginaire des habitants des puissances coloniales. Bien dommage car ce pan de l'histoire fait partie des axes de
recherches privilégiés de l'historiographie actuelle, à l'opposé de ceux qui voulaient il y a quelques années faire apparaître dans l'enseignement scolaire "le rôle positif de la
colonisation"...
On peut néanmoins, en guise de complément du cours, et pour répondre à la curiosité de certains élèves, évoquer ce que furent les zoos humains, véritables
manifestations refoulées de la mémoire collective et qui pourtant existèrent jusqu'au début des années 30 dans les grandes villes européennes.
Photographie extraite du site d'Arte présentant l'excellent documentaire de Pascal Blanchard et Eric Deroo, Zoos humains, 2002.
Les zoos humains étaient des spectacles anthropo-zoologiques (alternant présentation d'animaux... et d'hommes). Ils se déroulaient dans des espaces
jusqu'alors réservés aux animaux (jouant ainsi sur la frontière entre animalité et humanité des populations extra-européennes au XIXe siècle), on les trouve en particulier au Jardin
d'acclimatation, à Paris, jusqu'en 1931 date à laquelle le maréchal Lyautey les interdit dans l'enceinte de l'exposition coloniale. Entre 1877 et 1932, 60 millions de visiteurs
assistèrent à ces spectacles utilisant un alibi anthropologique : il s'agissait prétendûment de découvrir les moeurs, les caractéristiques des peuplades lointaines. A partir de 1878 la société
d'anthropologie de Paris certifie d'ailleurs aux visiteurs la "pureté raciale des visités" présentés souvent dans une demi-nudité, accomplissant des danses rituelles dans un accoutrement
qui ne ressemblait en rien aux coutumes de ces personnes ! Ces spectacles deviennent plus rares dans les années 20 puis disparaissent dans les années 30 en France, car la contradiction
entre le devoir civilisateur de la métropole et la présentation de tels spectacles était moins bien assumée qu'au XIXe siècle. De telles manifestations s'inscrivaient tout à fait dans la
représentation mentale de l'Autre, notamment de l'Africain, qui était pour l'habitant des métropoles soit un grand enfant à éduquer (voir les publicités Banania et leur célèbre slogan),
soit un sauvage à dompter. Notons que le Parc de la Tête d'Or à Lyon a récemment rappelé (de manière involontaire ?) en 2008 ces pages sinistres de l'histoire de France en enfermant dans une cage
des hommes, renvoyant ainsi aux visiteurs leurs propres regards sur l'autre et posant aussi la question philosophique de la frontière entre la part d'humain et de bestialité qui sommeille en
chacun d'entre nous !
Pour en savoir plus, allez consulter le lien suivant sur le site
Africultures.com qui renvoie aussi à un article du Monde diplomatique paru en 2001.
Par G. SABATIER
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Publié dans : TERMINALE S4 2011-2012
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