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UN BLOG PARMI D'AUTRES POUR FACILITER LES RELATIONS, LES ECHANGES AVEC LES HEUREUX JEUNES GENS QUI ONT LE PLAISIR DE SUPPORTER G. SABATIER QUELQUES HEURES PAR SEMAINE ! QUE LA FORCE SOIT AVEC CEUX QUI CONTRIBUERONT A CE BLOG ET A CELUI QUI TENTERA DE LE FAIRE VIVRE !  POUR QUE TOUS SUIVENT LA ROUTE DE L'HISTOIRE-GEOGRAPHIE

Un bout de chemin ensemble...  (photo personnelle - 2005)

PASSANTS DU BLOG

22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 09:47

Le lundi 21 mars, se déroulait au lycée Claude-Fauriel, l'enregistrement de l'émission "Levons le voile sur les réseaux sociaux !" préparée par la classe de Première ES2 depuis le mois de janvier en collaboration avec la radio locale, Radio Dio et un de ses salariés, Lionel. 

 

Ce projet s'inscrit dans le cadre des cours d'enseignement moral et civique (EMC), consacrés à la société de la communication, en classe de Première. Le thème choisi était centré sur l'utilisation des réseaux sociaux. L'objectif était double : il s'agissait de traiter un sujet lié au programme à la fois par son contenu mais aussi par le support de présentation retenu, une émission de radio. 

 

Les élèves de la classe étaient, lors des cours d'EMC animés conjointement ou en alternance par Lionel et leur professeur, invités à travailler sur un point précis, en choisissant librement ce qu'ils voulaient évoquer et la forme qu'ils souhaitaient lui donner au niveau radiophonique (interview, chronique, revue de presse, micro-trottoir...). Ils devaient à la fois travailler le contenu de leur intervention mais aussi, dans la mesure du possible, nouer des contacts pour enrichir leur travail et permettre à d'autres personnes de s'exprimer lors de l'émission. Ce travail s'effectuait seul ou par petits groupes (de 2 à 3 élèves). De plus, une séance de présentation du média radio, une séance d'exercices pour faciliter la prise de parole, ont été organisées les lundis en fin d'après-midi. Un moment de réflexion commune a permis également de faire émerger deux grandes orientations pour cette émission : 

- les réseaux sociaux et la réussite avec une approche sociologique et économique. 

- les réseaux sociaux et leurs rapports au(x) pouvoir(s) dans une approche davantage politique.

 

Puis, une dernière séance, une semaine avant l'enregistrement, a été l'occasion de mettre en place le conducteur de l'émission en définissant l'ordre de passage des élèves, en prévoyant présentation et transitions assurées par deux élèves présentatrices. 16 interventions successives étaient ainsi élaborées, pour fabriquer l'émission, la rythmer et la rendre la attrayante possible. 

 

Tous les élèves de la classe ont participé activement par leur préparation, mais aussi par la voix (puisque 18 d'entre eux s'expriment à l'antenne, d'une manière ou d'une autre) à l'élaboration de l'émission et à sa concrétisation.  Cette dernière, d'une durée de 50 minutes,  fera l'objet, dès cette semaine, d'une triple diffusion sur l'antenne de Radio Dio (89.5 MHz) : le jeudi 24 mars à partir de 12 heures et de 19 heures le soir et le vendredi 25 mars à partir de 8 heures. Elle est désormais disponible en podcast pour une écoute... sans modération, prouvant que l'EMC ne se réduit pas à un vulgaire enseignement de morale et peut, lorsqu'il s'accompagne de moyens suffisants, donner lieu à de belles réussites. 

Quand une salle de classe se transforme, pendant 2 heures avec la complicité de Lionel de Radio Dio, en studio d'enregistrement... avec la présence des élèves attendant fébrilement leur tour et aussi premiers auditeurs de leur propre travail.
Quand une salle de classe se transforme, pendant 2 heures avec la complicité de Lionel de Radio Dio, en studio d'enregistrement... avec la présence des élèves attendant fébrilement leur tour et aussi premiers auditeurs de leur propre travail.
Quand une salle de classe se transforme, pendant 2 heures avec la complicité de Lionel de Radio Dio, en studio d'enregistrement... avec la présence des élèves attendant fébrilement leur tour et aussi premiers auditeurs de leur propre travail.

Quand une salle de classe se transforme, pendant 2 heures avec la complicité de Lionel de Radio Dio, en studio d'enregistrement... avec la présence des élèves attendant fébrilement leur tour et aussi premiers auditeurs de leur propre travail.

Quand l'EMC rencontre la voix des ondes au lycée Fauriel...
Quand l'EMC rencontre la voix des ondes au lycée Fauriel...
Published by Gilles SABATIER - dans Première ES2 2015-2016
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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 17:57

Dans le cadre d'une leçon sur le Proche et le Moyen-Orient, les élèves de Terminales S étaient invités, à partir de documents, à créer un organigramme pour essayer de dégager les causes à l'origine des conflits et des tensions dans cette région du monde. Par petits groupes, ils devaient ainsi approfondir un facteur susceptible d'expliquer pourquoi cet espace était traversé par ces conflictualités. 

Lors de l'épreuve de composition, les élèves ont la possibilité de réaliser un organigramme, aussi bien en histoire qu'en géographie, se substituant à un paragraphe. Ce type de réalisation est intéressant surtout lorsque l'on aborde des éléments interagissants et permettant de travailler sur des relations entre des phénomènes. 

 

A titre d'exemple, voici le travail réalisé par 3 élèves de Terminale S5 (Shérine, Pierre-Antoine et Rayan) qui se sont penchés sur les conséquences de la croissance démographique forte que connaissent beaucoup d'Etats du Proche et du Moyen-Orient. 

Un organigramme complet avec quelques imperfections (répétition d'une case sur la forte croissance démographique), réalisé à partir de documents en une quarantaine de minutes par trois élèves.

Un organigramme complet avec quelques imperfections (répétition d'une case sur la forte croissance démographique), réalisé à partir de documents en une quarantaine de minutes par trois élèves.

Published by Gilles SABATIER - dans Terminale S4-S5 (2015-2016)
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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 21:34

Voici deux introductions réalisées par des élèves de Terminales S5 lors du baccalauréat blanc. 

Elles présentent des qualités rédactionnelles et d'organisation qui, malgré quelques imperfections, peuvent constituer une source d'inspiration pour beaucoup. 

La première a été réalisée par Shérine sur le sujet : "l'historien et les mémoires d'un conflit" (à partir de l'étude de cas menée en classe). 

La deuxième a été réalisé par Nicolas pour le sujet : "La puissance des Etats-Unis dans le monde de 1945 à 1991". 

 

Réussir une introduction dans une composition
Réussir une introduction dans une composition
Réussir une introduction dans une composition
Published by Gilles SABATIER - dans Terminale S4-S5 (2015-2016)
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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 14:38

Monsieur Badol propose un nouveau corrigé pour le deuxième sujet proposé au baccalauréat blanc en histoire : la puissance des Etats dans le monde depuis 1945. 

 

PROPOSITION D'INTRODUCTION 

En 1945 le monde sort de la guerre la plus meurtrière de l’Histoire. Les vainqueurs sont les pays de la Grande Alliance, Etats-Unis et URSS en tête. Les 1ers ont vaincus les Japonais grâce à l’utilisation d’une arme nouvelle et effrayante, la bombe atomique, larguée sur Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août. Avec les Soviétiques, ils ont aussi contribué à libérer l’Europe du joug nazi. Mais rapidement, leurs relations, empreintes de méfiance, se tendent. La planète entre dans une période de guerre froide, affrontement entre les E.U et leurs alliés et l’URSS et ses alliés. Américains et Soviétiques représentent deux puissances mondiales (appelées même superpuissances), porteuses d’un modèle politique, économique, culturel capable de s’imposer à tous les continents. Leur rivalité ne débouche pas  sur un conflit direct mais empoisonne les relations internationales jusqu’en 1991.

C’est pourquoi nous pouvons nous demander comment les E.U ont su imposer leur autorité et leur modèle sur tous les continents pendant la guerre froide. 

La première partie montrera qu’en 1945, ils sont sortis renforcés de la guerre et ont été les architectes d’un nouvel ordre économique, financier et diplomatique mondial. Puis, de 1947 à 1991, ils se sont placés à tête du « monde libre » pour faire barrages aux communistes, utilisant avec succès divers moyens relevant du hard power et du soft power. Ce sera l’objet de la seconde partie.

 

PROPOSITION DE CONCLUSION

                  Au final, à partir de  1945, les E.U ont dû partager le statut de superpuissance avec l’Union soviétique. Leur modèle fut contesté à l’intérieur de leur bloc, comme dans les pays du bloc de l’est et du Tiers-monde. Mais  la rivalité américano-soviétique multiforme (militaire, économique, scientifique, diplomatique), qui  s’est étalée sur plus de quarante ans,  a fini par asphyxier un système soviétique plus fragile.

En 1991, et pour plus d’une décennie, les E.U sont alors apparus comme une hyperpuissance (selon le mot d’Hubert Védrine) pouvant jouer le rôle de « gendarme du monde » au gré de ses intérêts.

Le mode de vie et le modèle idéologique américain mis en images par un tableau d'André Fougeron, Civilisation atlantique, en 1953.

Le mode de vie et le modèle idéologique américain mis en images par un tableau d'André Fougeron, Civilisation atlantique, en 1953.

Published by Gilles SABATIER - dans Terminale S4-S5 (2015-2016)
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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 14:25

Monsieur Badol propose l'introduction et la conclusion suivante pour le sujet sur l'historien et les mémoires d'un conflit (à partir de l'étude de cas vue en cours). La correction ne s'applique évidemment qu'au cas de la Seconde Guerre mondiale et pas celui de la guerre d'Algérie. 

 

PROPOSITION D'INTRODUCTION

Un historien est une personne qui se consacre à l’analyse du passé, par la critique des sources, et qui cherche à le reconstruire de manière objective (mais nécessairement incomplète).  Pour nourrir son récit, il peut se baser les témoignages d’individus ayant connu, vécu une période particulière. Mais il se heurte alors aux inconvénients de la mémoire qui nécessairement subjective et partielle. Car c’est une représentation affective que l’on se fait du passé, et qui occulte certains faits ou qui les magnifie.

La période de la Seconde mondiale, de l’Occupation surtout (1940-1944) prête à discorde car les Français furent divisés, honteux de la défaite face aux Allemands. De fait, à partir de la Libération, à l’été 1944, pendant plus de cinquante ans, plusieurs mémoires ont été  présentées, mises à l’honneur, ou se sont affrontés pour raconter ce que furent ces « années sombres ».

On se demandera alors comment certaines ont-elles émergé, été refoulées ou ont pu disparaître de la mémoire nationale de 1944 jusqu’à nos jours ? Pourquoi l’historien Henry Rousso a-t-il pu écrire qu’il existait en France un « syndrome de Vichy », un traumatisme suscité par le souvenir du régime de Vichy et, d’une manière générale, par la période de l’Occupation ?

                  Dans un premier temps, nous montrerons qu’en 1944 et le début des années 1970, une mémoire officielle et mythique a été construite, le résistancialisme, opérant au détriment de plusieurs groupes de Français. Puis, la deuxième partie portera sur la période suivante, qui a vu le réveil de mémoires particulières (la mémoire juive par exemple), la fin de ce mythe, permettant aux historiens de faire apparaître un passé complexe, reconnaissant plusieurs mémoires.

 

PROPOSITION DE CONCLUSION

Les  historiens ont permis à partir des années 1970-1980 l’émergence, puis la reconnaissance, de plusieurs mémoires de la 2nde Guerre mondiale (celle des résistants gaullistes, non-gaullistes, des juifs, des malgré-nous, etc…), après une longue période où une mémoire officielle mais en grande partie mensongère avait été imposée par le général De Gaulle.

Il n’y a désormais plus de tabou sur l’histoire de l’Occupation et, le fait qu’il n’y ait pratiquement plus de survivants, aide à cet état. Mais les historiens restent prudents face aux tentatives politiques d’instrumentaliser leur discipline.

Entrée des cendres de Jean Moulin au Panthéon, honorée par André Malraux, dans les années 1960

Entrée des cendres de Jean Moulin au Panthéon, honorée par André Malraux, dans les années 1960

Couverture de l'ouvrage de l'historien anglosaxon Robert D. Paxton sur la France de Vichy, donnant une autre vision dans les années 1970 de la période de l'Occupation et de la Collaboration en France

Couverture de l'ouvrage de l'historien anglosaxon Robert D. Paxton sur la France de Vichy, donnant une autre vision dans les années 1970 de la période de l'Occupation et de la Collaboration en France

La commémoration de la rafle du Vel d'Hiv par le nouveau président de la République, Jacques Chirac, le 16 juillet 1995, avec un discours célèbre reconnaissant les responsabilités de la France dans la déportation de Juifs.

La commémoration de la rafle du Vel d'Hiv par le nouveau président de la République, Jacques Chirac, le 16 juillet 1995, avec un discours célèbre reconnaissant les responsabilités de la France dans la déportation de Juifs.

Published by Gilles SABATIER - dans Terminale S4-S5 (2015-2016)
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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 12:00

PISTES DE CORRECTION POUR L’ETUDE DE DOCUMENTS EN GEOGRAPHIE

 

CONSIGNES : En confrontant les deux documents suivants, vous montrerez que les cartes peuvent nous donner des informations sur la façon dont le monde s’organise sur le plan du développement et sur le plan économique mais qu’elles présentent aussi des limites pour bien comprendre ce type d’organisation.

 

Les deux documents présentés sont deux cartes européocentrées, réalisées par projection polaire. Elles permettent de montrer les inégalités de développement pour la première et la physionomie du commerce mondial pour la deuxième. A partir de celles-ci, nous verrons comment le monde s’organise au niveau du développement et au niveau économique puis nous dégagerons leurs limites pour comprendre ce type d’organisation.

 

Les deux cartes mettent en valeur, tout d’abord, les profondes inégalités socio-économiques qui affectent le monde. Cette mise en valeur est, d’ailleurs, renforcée par le type de projection choisie qui souligne l’opposition entre le Nord qui rassemble les Etats les plus développés (dont l’indice de développement humain est supérieur à 0,7) et qui concentrent les flux d’échanges de marchandises et le Sud où le développement est moindre et où les échanges sont beaucoup plus limités. Le document 1 matérialise cette distinction par une ligne imaginaire, la limite Nord/Sud qui couperait le monde en deux parties bien distinctes. La deuxième carte permet d’identifier le poids de quelques pôles moteurs de l’économie mondiale : l’Europe occidentale, l’Asie de l’Est et l’Amérique du Nord. Ces ensembles, communément appelés la Triade, ont une double caractéristique : ils échangent beaucoup entre eux (exemple : plus de 900 milliards de dollars annuels entre l’Asie de l’Est et l’Europe occidentale et entre l’Asie de l’Est et l’Amérique du Nord) et le commerce intrazone, c’est à dire, entre les pays les composant, y est particulièrement élevé, notamment pour la zone européenne. Cette situation s’explique par leur économie développée, ouverte aux échanges (dans le cadre du développement du libre-échange) renforcés par les réseaux de transports (aérien et surtout portuaire), et aussi par les accords économiques et parfois monétaires conclus par leurs membres (Union européenne, Accord de libre échange nord-américain, Association des Nations du Sud-Est asiatique).  A l’inverse, les pays du Sud ont un développement humain plus limité (calculé par l’ONU depuis le début des années 1990 à partir des richesses produites, de l’espérance de vie et de la scolarisation des populations), leur poids dans les échanges mondiaux est très faible avec peu d’échanges entre eux (faible commerce intrazone en Amérique latine, Afrique) et avec le reste du monde, notamment les espaces plus développés, hormis le Moyen-Orient.

Cette organisation binaire doit toutefois être nuancée, comme les deux documents permettent de le voir. Des pays développés peuvent se retrouver au Sud, comme on le voit nettement pour l’Amérique latine mais aussi le Proche et Moyen-Orient. Il n’existe donc pas un Sud mais plutôt des Sud. De la même façon, les situations sont très contrastées au niveau du commerce mondial avec des espaces au Nord, ayant un poids très relatif dans les échanges mondiaux, comme la zone océanique ou l’Europe de l’Est. A l’inverse, des Etats présentés comme appartenant au Sud s’intègrent de plus en plus dans le commerce mondial (échanges entre Amérique du Nord et du Sud et surtout entre le Moyen-Orient et les pôles de la Triade, en particulier l’Asie de l’Est), ce qui s’oppose à la vision hégémonique de la Triade comme zone réceptrice et émettrice des flux du commerce mondial.

 

Les deux cartes présentent malgré tout des limites pour bien saisir l’organisation socio-économique du monde, même si elles s’appuient sur des données fiables et assez récentes, publiées par l’ONU pour la première à partir de son Programme pour le développement lancé au début des années 1990, et par l’Organisation mondiale du Commerce pour la deuxième. La première carte en ne retenant qu’une valeur distinctive (0,7 c’est à dire proche de la moyenne mondiale de l’IDH) ne permet pas de dégager les nuances importantes qui existent dans le développement tant au Nord qu’au Sud. Le fait d’avoir cartographié la limite Nord/Sud en montrant qu’elle ne sépare plus de manière aussi schématique les pays développés des autres permet de remettre en cause sa validité,  qui est d’ailleurs de plus en plus contestée. Le document 2 nous présente la vision d’un commerce mondialisé (mais où dominent toutefois les échanges intrazone), très précisément quantifié (précision des valeurs indiquées). Or, cette vision, qui est celle de l’OMC, ne tient pas compte de d’autres types flux, comme ceux du commerce illégal, dont la valeur peut être importante pour certaines régions du monde ou Etats et qui constituent  une autre facette de la mondialisation économique.

Le document 2 : le commerce mondial en 2013 d'après les données de l'Organisation mondiale du commerce

Le document 2 : le commerce mondial en 2013 d'après les données de l'Organisation mondiale du commerce

Published by Gilles SABATIER - dans Terminale S4-S5 (2015-2016)
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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 19:42

A peine les festivités de fin d'année achevées, les élèves de Terminale S5 ont été également confrontés à l'exercice périlleux de l'étude croisée de deux documents, dans le cadre d'une des épreuves du baccalauréat. Il s'agissait de s'interroger, comme les élèves l'avaient déjà fait, lors d'un travail à la maison reprenant le baccalauréat blanc de l'an dernier, sur les problèmes d'intégration du continent américain. 

Les deux documents, accompagnés d'une consigne, étaient de nature différente : une carte sur le fonctionnement du Mercosur en 2010 (où ne figurait donc pas le Venezuela qui a intégré cet ensemble en 2012) et un texte d'un géographe, Alain Rouquié, issu de l'ouvrage de la Documentation photographique, consacré à l'Amérique latine. 

 

Voici une proposition de correction pour cet exercice. 

Les deux documents présentés nous montrent la façon dont les pays du continent américain (qui comporte une quarantaine d’Etats et environ 1 milliard d’habitants) se situent à la fois dans une logique de rapprochement mais aussi d’éloignement voire d’opposition empêchant une intégration complète du continent, notamment au Sud. Il s’agit d’un texte de géographe publié en 2011 et d’une carte, réalisée à partir de valeurs communiquées par l'Organisation mondiale du commerce, montrant en 2010 un des accords conclus entre pays latino-américains, le Mercosur.

Les deux documents montrent d’abord une tentative de rapprochement à l’échelle continentale, c’est à dire qui concernerait la totalité ou la quasi-totalité des pays américains. Ce début d’intégration serait, d’après le document 1, impulsé par l’Amérique du Nord, qui est l’espace du continent qui se rapproche le plus depuis le début des années 1990. En effet, en 1992, les Etats-Unis, le Mexique et le Canada ont signé l’accord de libre échange nord-américain (ALENA) qui vise à stimuler les échanges entre pays signataires, en supprimant notamment les droits de douanes et en encourageant les investissements entre eux. Le document 1 précise que cette logique d’intégration privilégiant le libre échange s’étend à l’Amérique centrale, notamment la zone des Caraïbes avec la mise en place en 2005 de la CAFTA, qui cherche aussi à stimuler les échanges économiques. Ces accords sont dominés par le géant économique que sont les Etats-Unis, première puissance mondiale, qui a tout intérêt à s’ouvrir des marchés, sur son propre continent. D’ailleurs, le document 2 montre que certains pays du Sud font du commerce avec les Etats-Unis, notamment le Brésil (4ème partenaire commercial) et l’Argentine (5ème partenaire commercial). Une logique de rapprochement se dessine également dans le continent sud-américain avec la mise en place d’alliances comme la CAN, communauté andine des Nations mais aussi, depuis 2000, surtout le Mercosur (Marché commun du Sud) qui regroupait en 2010 4 Etats (rejoints en 2012 par le Venezuela). Là encore, cet accord vise à ouvrir les frontières entre Brésil, Argentine (pourtant anciens rivaux politiques jusqu’aux années 1980), Paraguay et Uruguay. On peut constater les effets positifs de ces accords avec le volume du commerce au sein du Mercosur qui a plus que doublé en moins d’une dizaine d’années (175 milliards de dollars en 2000 à 403 milliards en 2009). On remarque aussi sur la carte que les autres pays d’Amérique du Sud comme le Pérou, le Chili, la Colombie... sont associés avec le Mercosur, ce qui montre bien la volonté d’élargir cet ensemble et donc d’intégrer le plus de pays possibles. A ce titre, le document 1 rappelle que cette unité de l’Amérique du Sud passe également par un rapprochement entre les différentes alliances, comme en témoignent les tentatives de fusion entre Mercosur et CAN.

Cependant, les deux documents nous montrent que l’intégration est encore loin d’être acquise, tant à l’échelle du continent qu’à celle, plus modeste de l’Amérique du Sud. En effet, la deuxième partie du document 1 rappelle qu’un projet d’extension de l’ALENA à l’ensemble des documents est violemment rejeté par les Etats sud-américains. Le texte fait allusion en fait au projet de ZLEA (zone de libre échange des Amériques) lancé au début du XXIe siècle par l’administration Bush pour faire de l’Amérique le continent du libre échange, dominée par les Etats-Unis, Les deux grandes pays sud-américains (Brésil et Argentine) ont rejeté ce projet (abandonné par B. Obama), pour des raisons de puissance. D’autres l’ont également fait par idéologie, comme le Venezuela, la Bolivie,  condamnant le libéralisme américain (création de l’ALBA : alliance bolivarienne pour les Amériques). De plus, même au sein du Mercosur, le rapprochement entre les pays reste encore bien difficile, c’est ce que montre notamment la carte 2. En effet, si l’Argentine et l’Uruguay échangent beaucoup (malgré un commerce de faible ampleur) avec leurs partenaires, il n’en va pas de même pour le Brésil qui a des partenaires commerciaux bien éloignés du continent américain : l’Union européenne et la Chine ! 

Ainsi, l’intégration du continent américain est encore loin d’être achevée et apparaît bien plus modeste que celle qui affecte le continent européen depuis près d’une soixantaine d’années.

Published by Gilles SABATIER - dans Terminale S4-S5 (2015-2016)
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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 19:16

A peine les festivités de fin d'année achevées, les élèves de Terminale S4 ont été confrontés à l'exercice périlleux de l'étude croisée de deux documents, dans le cadre d'une des épreuves du baccalauréat. Il s'agissait de s'interroger, comme nous l'avions fait dans le cours avec un travail de groupes, sur la puissance des Etats-Unis et du Brésil, en géographie. 

Les deux documents, accompagnés d'une consigne, étaient de nature différente : une carte sur la présence militaire des Etats-Unis en 2007,  et la couverture, un peu datée également, d'un Hors Série du journal Le Monde, consacré à l'émergence du Brésil, visible sur de nombreux sites comme par exemple ici.  

 

Voici une proposition de correction pour cet exercice. 

Correction du DS étude croisée de deux documents en Terminale S4
Published by Gilles SABATIER - dans Terminale S4-S5 (2015-2016)
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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 18:12

Le programme de Terminale invite, sur le chapitre consacré à la géographie du continent américain, à se pencher sur la puissance des Etats-Unis et du Brésil, dans une approche comparative. 

La notion de "puissance" est une notion très utilisée en géographie, dont l'acception a varié, s'est enrichi au fil des années. La puissance d'un Etat était, d'abord, souvent appréciée en fonction du poids démographique et de la superficie du territoire. Dans les années 1990, le géographe Gérard Dorel,  s'appuyant sur cette approche, offrait une définition bien plus précise de cette notion : 
« Une puissance mondiale, c'est un État qui dans le monde se distingue non seulement par son poids territorial, démographique et économique, mais aussi par les moyens dont il dispose pour s'assurer d'une influence durable sur toute la planète en termes économiques, culturels et diplomatiques".  

Dans les 100 mots de la géographie, Jérôme Dunlop en 2009, propose quant à lui, une autre définition : "La puissance est la capacité d'un acteur à infléchir l'action d'un autre. On n'est donc jamais puissant seul ! (...) Les champs et les formes de la puissance sont variés et, très souvent, liés. Les Etats les plus puissants le sont à la fois militairement et diplomatiquement, politiquement, économiquement et culturellement. La puissance culturelle n'est pas directement contraignante. Elle est la composante essentielle du soft power, qui permet de séduire et de convaincre au-delà de ses frontières. Ainsi, les musiques, les films et séries télévisées, et l'"art de vivre" (way of life) des Etats-Unis leur assurent une aura planétaire."

 

Si on fait le tour de l'ensemble de ces définitions, on peut essayer de dégager, tout en rapportant la notion à l'esprit du programme de Terminale, des éléments qui permettraient de comparer la puissance entre Brésil et Etats-Unis. 

C'est précisément l'exercice qui était proposé aux élèves de Terminales S4 et S5. Ils devaient, après avoir cherché des informations sur les documents de leur manuel, comparer la puissance des deux Etats américains dans cinq domaines : "les attributs traditionnels de la puissance", "la place dans la mondialisation", le "hard power", le "soft power" et "l'image de ces Etats vue de la France, autrement dit, la représentation que l'on en a". 

 

Voici le travail de 4 élèves (Kenza, Clara, Anna et Lyse), réalisé en classe, sur cette tentative de comparaison.  

Une approche comparative de la puissance entre deux Etats réalisée en 30 minutes en classe à partir d'une préparation à la maison sur l'une des 2 puissances (2 élèves ayant préparé sur les Etats-Unis, 2 autres sur le Brésil).
Une approche comparative de la puissance entre deux Etats réalisée en 30 minutes en classe à partir d'une préparation à la maison sur l'une des 2 puissances (2 élèves ayant préparé sur les Etats-Unis, 2 autres sur le Brésil).

Une approche comparative de la puissance entre deux Etats réalisée en 30 minutes en classe à partir d'une préparation à la maison sur l'une des 2 puissances (2 élèves ayant préparé sur les Etats-Unis, 2 autres sur le Brésil).

Published by Gilles SABATIER - dans Terminale S4-S5 (2015-2016)
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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 21:17

Voici quelques pistes pour la correction du devoir de lundi dernier des Premières ES2,  sur le chapitre 2 d'histoire, Colonisation et Décolonisation. 

 

Consignes : Après avoir replacé ce document dans son contexte historique, montrez quelle image ils donnent de la présence française en Algérie. Mettez enfin en évidence les limites de ce document pour appréhender objectivement la réalité de la colonisation.

 

Dans les années 1930, l’Empire colonial français est à son apogée : 12 millions de km2 et 60 millions d’hommes. Parmi toutes les colonies, l’Algérie a une place particulière et le document proposé célèbre, à sa façon, en 1930, le centenaire de sa colonisation. Ce dernier est une affiche du parti communiste français qui est une force politique anticolonialiste, qui s’oppose également, par exemple, à la même époque, à l’exposition coloniale de Vincennes qui se déroule en 1931. Dans les colonies, durant l’entre-deux-guerres, ont éclaté déjà des révoltes (Maroc, Indochine...) contre le colonisateur mais l’idée d’accorder l’indépendance à cette époque paraît inconcevable, notamment pour les autorités françaises.

 

Le document renvoie une image très négative de la présence française en Algérie, à la fois par le texte, notamment le slogan « 100 ans de domination française » que par l’image. En effet, l’affiche dénonce l’exploitation du peuple algérien par les Français. Au centre, coupant l’image en 2 parties distinctes, sur un poteau, on trouve un Algérien enchaîné, qui évoque la violence faite aux indigènes par les Français. Aux pieds de cet homme prisonnier, se trouvent toutes les richesses et ressources du territoire algérien : matières premières comme le pétrole, minerais comme le zinc, le cuivre, le fer mais aussi ressources agricoles (vin, fruits, bétail). C’est une manière de rappeler que l’Algérie dispose de richesses importantes mais qui sont confisquées par le colonisateur, prêtes à être expédiées vers la métropole. Cette exploitation se fait également au mépris des droits de l’homme (homme enchaîné) et sans doute peut-on y voir une dénonciation du travail forcé, signe d’une véritable exploitation économique de la part des colons, qui était une réalité dans de nombreuses parties de l’Empire français (voir par exemple le témoignage d’Albert Londres dans Terre d’ébène sur l’Afrique noire). La partie centrale du document, par l’opposition entre deux paysages algériens, renforce la dénonciation du colonialisme. D’un côté on voit un village écrasé par le soleil, devant lequel travaille un Algérien courbé, tout occupé à sa tâche, creusant des sillons dans la terre avec un araire tracté par un animal. Ce manque de moyens est appuyé par le texte au dessus : « aux uns, la misère... ». A l’inverse, à droite de l’affiche, apparaît un luxueux bâtiment surmonté d’un drapeau français devant lequel des personnes conversent, confortablement installées sur des chaises longues. Au dessus, la suite du texte : « ...aux autres la richesse ! ». Le document par ce jeu d’opposition met en scène la théorie communiste de la lutte des classes opposant des exploités (ici le peuple algérien) à des exploiteurs (les colons français) qui ne font rien (riches oisifs) mais profitent du travail des autres. Dès lors, le texte en bas de l’affiche s’impose comme une logique conclusion : c’est un appel à lutter pour l’indépendance des colonies et donc de l’Algérie, au nom des principes communistes, soutenus par le parti communiste et le syndicat de la CGTU (Confédération générale du travail unifiée).

 

Ce document offre toutefois plusieurs limites pour connaître la réalité de la colonisation. Il propose une vision très politique de celle-ci en veillant à n’en montrer que les aspects les plus négatifs et les plus condamnables, pour servir évidemment son message. Il ne montre pas les  éventuels « aspects positifs » de la présence française en Algérie. C’est aussi un point de vue européen sur ce phénomène (d’ailleurs minoritaire à l’époque) et si le peuple algérien est bien représenté dans ce document, il ne l’est que par l’image, sans que l’on puisse connaître réellement sa position par rapport au fait colonial. 

Correction du devoir surveillé étude d'un document historique Première ES2
Published by Gilles SABATIER - dans PREMIERES S4 ES2
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